Au cœur du communisme thorézien, par Stéphane Courtois

Maurice Thorez, Journal (1952-1964), Fayard éd. 788 p., 34 euros

Bonne nouvelle pour les historiens du Parti communiste français. A l’occasion du centenaire du parti, des historiens de la mouvance communiste viennent d’éditer un fort ouvrage de 780 pages intitulé Journal 1952-1964 (Fayard) qui publie, grâce à l’autorisation de la famille, les carnets personnels de Maurice Thorez conservés aux Archives nationales. Ces notes, prises au jour le jour par l’inamovible secrétaire général du PCF de 1930 à sa mort en 1964, ne sont pas à proprement parler un Journal mais plutôt un agenda bien fourni qui éclaire remarquablement le fonctionnement du cœur de la direction communiste, en particulier grâce à un index onomastique. L’ouvrage peut se lire à différents niveaux – personnel, familial, intellectuel et artistique – du fonctionnement interne, de la politique nationale, des relations internationales.

Sur le plan personnel, on comprend que Thorez est resté affaibli de l’AVC qui en octobre 1950 l’a laissé hémiplégique et l’a contraint, sur ordre de Staline, à aller se faire soigner en URSS d’où il est rentré peu après la mort du maitre du Kremlin. Néanmoins, avec une grande volonté, il se rééduque progressivement tant à la marche qu’à l’écriture. Parallèlement il a repris une intense vie de famille, suivant de près les études de ses enfants et partant avec plaisir en camping ou en excursion avec eux.

Le rôle de sa femme Jeannette Vermeersch apparaît fortement souligné, tant pour les relations familiales que pour l’aide pratique qu’elle lui apporte pour l’organisation de la vie quotidienne d’un homme très occupé, et pour le relais politique qu’elle lui fournit à travers la préparation de rapports, de discours, de meetings etc.

On y a confirmation que Thorez se cultivait systématiquement, par exemple à travers son apprentissage du latin avec l’aide de l’agrégé communiste Georges Cogniot. Il était aussi un grand lecteur mais se contentait pour l’essentiel des publications des éditions communistes, loin des principaux écrivains de son temps. Ainsi Albert Camus n’est jamais cité. Et son horizon théorique était strictement limité à Marx, Engels, Lénine et Staline.

Thorez partageait sa vie entre la grande propriété que le PCF avait mise à sa disposition à Bazainville près de Dreux, où il vivait presque seul, servi par un couple de militants, son fief politique d’Ivry-sur-Seine où vivait Jeannette, et les Escarasses, une petite propriété mise à sa disposition au Cannet, au dessus de Cannes, entre Mougins et Vallauris. Il vivait donc une partie de l’année sur la Côte d’Azur où il rencontrait fréquemment Picasso et Pignon qui travaillaient alors sur les céramiques de l’atelier Madoura. L’y rejoignaient souvent le couple Aragon et nombre d’intellectuels et de militants de passage.

L’aspect le plus intéressant de l’ouvrage concerne ce qu’Annie Kriegel avait nommé « la contre-société communiste », une sorte de bulle hermétique, n’offrant aucune ouverture sur le monde extérieur, où se mouvait dans les années 1950-1960 l’appareil communiste français. Durant ces douze années, Thorez ne fréquenta quasiment que des communistes. D’une part les autres membres de la direction — Duclos, Frachon, Cogniot, Billoux, Fajon, Garaudy, Waldeck Rochet et Servin et Casanova (du moins avant qu’ils ne soient purgés), puis Plissonnier et Marchais — qui lui font remonter tous les rapports. Mais cette contre société était aussi internationale ; non seulement Thorez rencontrait très souvent l’ambassadeur d’URSS en France, Serge Vinogradov, mais chaque année il partait en famille profiter de vacances en URSS, la plupart du temps en Crimée, à proximité immédiate des datchas des dirigeants soviétiques — Khrouchtchev, Mikoïan, Molotov, Gromyko et autres — qu’il fréquentait assidument ; mais aussi à Moscou où il croisait en toute discrétion les dirigeants du mouvement communiste international — Togliatti, Ponomarev, Ibarruri, Enver Hodja, des dirigeants nord-vietnamiens et des « démocraties populaires » —, sans oublier son fidèle garde du corps Vladimir Jaronov.

Le plus étonnant dans cette immense galerie de portraits du monde communiste français et international est le couple Nadia Léger-Georges Bauquier. D’origine ukrainienne, arrivée en France en 1925 et élève de Fernand Léger, Nadia Kodossievitch était communiste et avait épousé le peintre en 1952, trois ans avant sa mort. Devenue soudain richissime, remariée avec le communiste Georges Bauquier et grande amie de Fourtseva, la ministre de la Culture soviétique, elle s’introduisit par l’intermédiaire d’Aragon et Elsa, dans l’intimité des Thorez — parents et enfants — dont elle devint une sorte de mentor lors de leurs séjours au Cannet. Au point de leur donner un terrain à Callian, magnifique village au dessus de Cannes, où Thorez prévoyait de faire construire une maison. C’est d’ailleurs de Callian qu’il partit s’embarquer le 6 juillet 1964 à Marseille sur le « Litva » pour l’URSS. Son dernier voyage.

Cette chronique est trop courte pour rendre compte de la richesse de ce document, sans doute le plus important pour l’histoire du PCF depuis l’ouverture des archives de Moscou, même si, bien entendu, il est plein de non-dits et de dénis. On n’en est que plus désireux de connaître ce « Journal » des années 1930 et 1940 … toujours fermées.

Stéphane Courtois

11 Mar 2021


Brèves de blog 4

A voir au cinéma

Le Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev, grand réalisateur et grande figure du cinéma russe. Le film illustre de façon extrêmement suggestive les relations entre les pouvoirs, politique ou judiciaire, et l’Eglise orthodoxe russe

Faute d’amour, du même réalisateur, sur le sort des « gastarbeiters », les travailleurs émigrés des territoires et républiques du Sud et d’Asie centrale. Racisme, travail au noir, envois d’argent à leurs familles, situation sociale et juridique précaire…

Connexion conseillée

www.levada.ru

Un des meilleurs instituts sociologiques russes qui parvient malgré tout à garder son indépendance

https://meduza.io/en

Sergey Smirnov, son fondateur, est en prison, condamné à 3 mois. On l’a d’abord accusé d’avoir participé à une manifestation qu’il couvrait en tant que journaliste. Ayant écrit un post sur Facebook le 23 janvier alors que débutait la manifestation, il a été accusé d’avoir appelé à manifester !

La justice russe actuelle rappelle furieusement les attendus tragi-comiques de la justice soviétique.

http://www.ovdinfo.ru , site d’une ONG qui effectue le monitoring des violences policières en Russie

L’appel de la tribu

Cet ouvrage, signé de Mario Vargas Llosa, est présenté comme le deuxième tome de ses mémoires. Il brosse le tableau de sept grandes figures de la pensée libérale : Adam Smith, Friedrich von Hayek, José Ortega y Gasset, Karl Popper, Isaiah Berlin, Raymond Aron, Jean-François Revel.

Gallimard 336p., 22 €; traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan et Daniel Lefort.

Tempête rouge, de Tsering Dondrup ( Editions Picquier 2019)

Un « roman » étonnant de qualité littéraire et de révélations historiques sur le sort de l’ Amdo, au nord-est du Tibet. L’horreur depuis 1958, date fatidique du soulèvement réprimé (et non 1959 comme pour le reste du Tibet) jusqu’à 1976.

Archives inaccessibles, historiographie occultée, rares témoins survivants muets; aucun ne semble être parvenu en exil.

Dans le roman, pas de manichéisme. Certains officiers chinois font preuve d’humanité et le héros est un antihéros farci de défauts et de faiblesses. L’humour pince-sans-rire de l’auteur, Tsering Dondrup, tranche avec l’enfer qu’il évoque, enfer minimisé dans l’espoir de pouvoir être édité. En vain : le livre reste interdit en Chine.

Tsering Dondrup est depuis longtemps écrivain à succès en Chine. Ex directeur du service des archives de l’Amdo, il se base sur des histoires familiales et des récits confidentiels. A la suite de cette publication à compte d’auteur, il a perdu son poste et son passeport pour pouvoir se rendre à l’étranger et a démissionné du PCC.

Pauvre Corée du Nord…

Un rapport de la CIA estime à un peu plus d’un quart de la population, soit un peu moins de 7 millions, les Nord-Coréens qui avaient accès à l’électricité en 2019.

Nouvelle-Calédonie

Les indépendantistes multiplient les manifestations contre la vente de l’usine de nickel du brésilien Vale. Les affrontements sont fréquents avec les gendarmes mobiles et les dégâts se monteraient à plus de 10 millions d’euros, notamment du fait d’intrusions dans l’usine.

Les 3 000 salariés sont au chômage partiel et 6 000 autres emplois sont menacés chez les sous-traitants.

Pourquoi ce déchaînement ?

Le dossier n’est pas seulement d’ordre économique et financier : les indépendantistes, soutenus discrètement par la Chine, veulent bâtir leur Nouvelle Calédonie sur les revenus du nickel et font tout pour s’opposer à la remise du groupe à un consortium helvèto-néo-calédonien : Prony Resources.

Le dossier est donc aussi celui des politiques locaux et du gouvernement français.

Ce dernier ne souhaite pas devenir actionnaire comme le demandent paradoxalement certains indépendantistes, mais pourrait apporter son soutien financier et des garanties au projet de reprise.

La mémoire du communisme

Dans Phébé-Le Point, en date du 22 février 2021, dossier signé Pierre Grosser, collaborateur du Monde diplomatique et l’un des derniers Mohicans de la lutte contre les détracteurs du communisme. S’appuyant notamment sur un numéro récent de la Revue d’études comparatives Est Ouest, il dénonce sans avoir l’air d’y toucher, Le Livre Noir du communisme publié en 1997 qui avait osé « criminaliser » le communisme – comme si l’objectivité appelait nécessairement le refus de catégories telles « crimes de masse » ou « monstruosité » – et  avait placé le Goulag au même niveau qu’Auschwitz (une accusation largement erronée).

Sur cette base, l’ouvrage publié sous la direction de notre ami Stéphane Courtois aurait contribué à alimenter un intense travail de lobbying en vue de l’institutionnalisation de la mémoire anti communiste dans différentes instances internationales et européennes.

Et Grosser d’opposer à cette lecture, celle d’une nouvelle génération d’historiens et de sociologues critiques qui affirment que 1989, date de la chute du Mur, fut non pas un saut vers la liberté, mais un pas vers « l’abîme du néolibéralisme ».

8 Mar 2021


[Compte-Rendu] Mes Années Chinoises, Anette Wieviorka – par Pierre Rigoulot (Stock 2021, 260 p., 20 €)

Malgré le titre de la collection où vient s’insérer ce volume, « Puissance des femmes », le portrait qui ressort d’Annette Wieviorka frappe d’abord par sa fragilité, par ses nuances, ses réserves, et même – plusieurs fois elle les mentionne – par ses aveux d’impuissance. Une explication ou un souvenir peuvent manquer, et elle le dit avec simplicité, ce qui nous mène à l’un des fils qui permettent de lire ces Mémoires chinoises : le doute, les inquiétudes, les demandes, mais aussi l’originalité, la richesse des expériences, la forte dimension affective d’un individu comme l’auteur, s’opposent à un régime politique qui se veut tout puissant et omniscient, qui non seulement contrôle les êtres mais décide pour eux de ce qui compte et ce qui ne compte pas et même de ce qui est et qui n’est pas.

« Pro-chinoise » , comme on disait alors, Annette Wieviorka part avec son mari et son fils enseigner dans la région de Canton. Quiconque s’intéresse à la Chine et à la « révolution culturelle » suivra avec un grand intérêt le rappel de cette vie quotidienne. Quelques uns des lecteurs qui ont partagé ses illusions politiques pourront constater très précisément, très concrètement, combien ils s’étaient alors aveuglés.

Mais ces « années chinoises » sont d’abord les siennes et elle ne les rapporte pas seulement à l’aune de ses idées politiques d’hier et d’aujourd’hui. Annette Wieviorka cherche à relier ses réactions et ses choix à d’autres dimensions, plus personnelles. Et nous voilà poussés à nous interroger : le bonheur qu’elle éprouve au travail de la terre et tout simplement à se fondre au sein d’un peuple est-il lié comme elle le suggère à un inachèvement personnel et à l’immigration d’une famille juive de Pologne quelques dizaines d’années auparavant?

Ces années chinoises sont-elles celles du passage d’une fusion révolutionnaire fantasmée à la conscience d’une identité (notamment) française? La question mérite d’être posée au moins pour comprendre l’épaisseur des motivations de nos actes, la multiplicité des facteurs qui président à nos décisions – bien loin du gommage de l’individualité à laquelle se livre, sans y parvenir heureusement, le totalitarisme, qu’il soit chinois ou non.Il convient de ne pas aller plus loin. Un des charmes de ces mémoires est justement de ne pas nous entraîner dans le détail d’une personnalité aussi attachante soit-elle, mais de s’en tenir à une démarche ouverte et modeste à la fois. Le tout politique est pour elle une arme de propagande et une marque d’illusion. Il mène à une impasse. Annette Wieviorka, en historienne qu’elle est, ne délaisse pas pour autant cette dimension. Elle rejette la « gauche » communiste, qu’elle apparente explicitement à quelque chose comme le fascisme. Là encore, elle n’insiste pas mais le lecteur se demandera éventuellement si cet apparentement relevé n’est pas valable aussi, pour la « droite » communiste, pour Liu Shao Shi comme pour Mao. Il peut aussi se demander quel jugement politique elle porte sur cette Chine enrichie qu’elle revoit une quarantaine d’années après son premier séjour. Ces deux Chines n’ont-elles vraiment rien à voir politiquement l’une avec l’autre?

Annette Wieviorka, en une prose apaisée, ne fait pas seulement, on le voit, retour sur son passé. Elle nous incite à penser à notre avenir collectif. Un petit livre? De grands horizons.

Pierre Rigoulot

8 Mar 2021


[Point de Vue] A propos de l’islamo-gauchisme : le concept de lutte des classes est le virus souche qui prolifère et qui mute – par André Senik

S’il est vrai que l’expression islamo-gauchisme mérite d’être analysée et discutée sur le plan sémantique, comme tout néologisme articulant deux termes issus de champs lexicaux différents, elle n’en désigne pas moins très clairement sa cible : ceux qui sont qualifiés de gauchistes non pas au sens péjoratif que Lénine donnait à ce qualificatif mais au sens d’ennemis de de la démocratie libérale se situant sur la gauche de la gauche et qui s’opposent à toute critique de l’Islam auquel ils veulent s’associer dans leur combat global.

Pour ceux qui connaissent l’histoire du mouvement communiste, la réalité historique et politique de cette alliance paradoxale ne tolère pas le moindre doute. Dans les années 20 du siècle dernier, à l’occasion du congrès de Bakou, Lénine en fut le premier défenseur.

Pour répondre à ceux qui récusent l’expression comme n’étant pas un concept scientifique, le mieux est de convoquer à la barre des témoins des partisans assumés de cette ligne politique marxiste-léniniste.

J’en ai repéré un dans la livraison de novembre 2020 des Nouveaux Cahiers du Socialisme. Il s’agit de Matthieu Renault, qui vient de publier L’empire de la révolution – Lénine et les musulmans de Russie. À la question  » Y a-t-il eu, chez Lénine, des différences dans la façon d’aborder les préjugés religieux orthodoxes et musulmans ? », il répond. « Oui clairement. La différence fondamentale à ses yeux peut être résumée simplement : l’islam, en tant que religion d’une « nationalité » opprimée, devait elle-même être considérée comme une religion opprimée – une thèse qu’allait bientôt retrouver et approfondir le militant bolchevique tatar Mirsaid Sultan Galiev. »

Dans la même interview, on peut lire plus bas :  « Peu de temps après la publication de mon petit livre sur Lénine, Alain Gresh en a fait une recension dans la revue Politis, sous le titre « Lénine, précurseur de l’islamo-gauchisme ». Pour ne rien cacher, j’ai pensé qu’il avait dit tout haut ce que j’avais pensé tout bas, ou presque, puisqu’il y a bien une référence à l’« islamo-gauchisme » dès la première page du livre (…). »

Si le concept ainsi assumé n’apparaît toujours pas assez clairement à certains intellects, l’illustration ci-dessous pourra peut-être ouvrir quelques yeux.

André Senik

Quand les communistes d’Iran se rallièrent à Khomeiny par hostilité aux États Unis, ils firent preuve d’un islamo-gauchisme caractérisé.

Quand Michel Foucault fit comme eux, il confirma la validité de l’expression.

Quand Edwy Plenel, Emmanuel Todd et Jean-Luc Mélenchon défendent les Musulmans qui seraient les damnés de la terre d’Occident, ils sont des islamo-gauchistes, c’est-à-dire les idiots utiles de l’islamisme qui est anti-occidental comme eux, bien que tout le reste les oppose.

La véritable difficulté de l’expression forgée par Pierre-André Taguieff ne réside d’ailleurs pas dans la compréhension du concept – dans la définition que ses utilisateurs lui donnent – mais dans son extension, dans son application à des courants qui ne se revendiquent ni du gauchisme ni de l’Islam, mais qui font néanmoins partie d’une même mouvance victimaire agressive et anti-système. Cette mouvance disparate tente de s’unifier en invoquant l’image de l’intersectionnalité.

On ne peut pas apposer l’étiquette d’islamo-gauchistes aux néo-féministes qui mènent la lutte contre tous les hommes, ni à tous ceux qui mènent la guerre contre l’homme blanc hétérosexuel, ni aux islamistes eux-mêmes.

Ce qui permet de les ranger sous une même catégorie c’est leur commun rejet de la société démocratique, républicaine et libérale qu’ils appellent le système.

Tous mènent la guerre sociétale, culturelle et politique contre notre société, contre ce système qu’ils accusent de les dominer. Cette guerre civile, qui est culturelle et politique, est menée sur divers fronts, mais chacun des segments de cette mouvance reprend à son compte la vision de la lutte des classes qui fut conceptualisée par Marx à propos du conflit entre prolétaires et capitalistes.

Le virus souche de la guerre civile se trouve chez Marx, mais il a proliféré et il a muté.

Cela nous invite à rappeler les traits principaux qui caractérisent la lutte de classe du prolétariat selon Marx.

Cas unique dans les classifications, cette classe de la société n’existe que par son antagonisme avec celle qui l’exploite.

les membres d’une classe sociale en lutte sont entièrement déterminés par cette appartenance.

Ils n’ont rien en commun avec les autres classes et donc avec les autres humains : ni intérêts réciproques, ni intérêt général, ni patrie, ni culture, ni langage.

La société de classes qui se présente comme une association n’est en réalité qu’un théâtre d’une guerre civile sans merci et sans compromis.

l’État, le Droit, la culture, les institutions ne sont QUE des instruments au service de la classe exploiteuse et dominante.

La classe des prolétaires ne se bat pas pour l’abolition de privilèges, pour de nouveaux droits, pour l’égalité ou pour la justice, au nom d’une conception universaliste des droits des humains. Elle revendique la dictature totale et la disparition de son autre.

La classe révolutionnaire traite les autres idées que les siennes comme des ennemis avec lesquels on pratique la lutte des classes.
Enfin, quand la classe des exploités recourt à la violence, c’est par principe et toujours en réponse à la violence que la société exerce sur les exploités, que cette violence soit physique ou mentale.

Les différents segments de la mouvance qui mène une guerre culturelle contre la société démocratique reprennent à leur compte cet antagonisme total et radical qui caractérise le paradigme marxiste de la lutte des classes, tout en l’appliquant à d’autres domaines de lutte.

Le virus marxiste a viré en ceci : le critère marxiste de l’exploitation du travail a été remplacé par celui d’une domination imputée au système; la prolifération du virus à des segments totalement hétérogènes aboutit à une intersectionnalité illusoire des ennemis de la société démocratique, républicaine et libérale.

Les trotskistes du NPA peuvent laisser les filles portant le voile islamique faire de l’entrisme au sein de leurs organisations, cela ne rapprochera pas ces musulmanes respectueuses de la charia de la vision du monde trotskiste. Cela ne fera pas naître le mythique front commun – dont les trotskistes rêvent sans jamais se réveiller- unissant dans la lutte les néo-féministes radicalement misandres et les jeunes filles voilées radicalement musulmanes.

L’alliance des gauchistes avec l’Islam et les autres foyers révolutionnaires ne peut être que négative : une seule détestation , la démocratie libérale. Elle produit de l’anomie et ne peut déboucher sur aucun projet alternatif de société.

Si le virus déconstructionniste qui nous est revenu des universités américaines parvenait un jour à désagréger nos sociétés, ce ne serait ni l’islam ni le gauchisme qui ramasseraient la mise.

Quelles mesures barrières peut-on opposer à ce virus mutant et polymorphe?

À la lumière de notre expérience du communisme, nous devons défendre sans inhibition notre société, parce qu’elle est celle qui proclame et promeut plus que toute autre dans le monde et dans l’histoire les droits des groupes qui prétendent que cette société les domine et les discrimine.

Les progrès de toutes sortes que notre société doit accomplir pour éviter l’aggravation de toutes les frustrations, elle doit et elle peut les accomplir sur la base de ses propres principes.

3 Mar 2021


Brèves de blog 3

A lire

Le numéro du Point du 6 février 2021 avec une interview de Gilles Kepel à l’occasion de la publication de son dernier essai, Le prophète et la pandémie, aux éditions Gallimard. Il évoque la normalisation de nombreux Etats à dominante sunnite avec Israël, le poids et les faiblesses de la Turquie, l’alliance ambiguë de cette dernière avec la Russie, le retrait américain, désormais auto-suffisant en pétrole.

Dans ce numéro, enfin, les progrès étonnants de l’incroyance dans nombre de pays musulmans, en particulier en Tunisie

ainsi que, de …

…Frédéric Charpier : Un homme sous influence, enquête sur Jean-Luc Mélenchon, Grasset, 2020, 336 p.

L’enquête porte surtout sur ses liens avec Chavez et Maduro et ses ennuis judiciaires, où il se fait passer pour victime su sytème.

et de Hadrien Mathoux, Mélenchon, la chute, Comment la France insoumise s’est effondrée, Ed. du Rocher, 2020, 320 p.

l’ouvrage a trait à son entourage islamo-gauchiste, à sa complaisance pour Poutine, à sa détestation des Etats-Unis, à sa complaisance pour l’immigration, à ses options souverainistes.

A ne plus entendre :

Au cours d’une émission de « C’est dans l’air », sur France 5, l’un des sujets abordés fut la Covid19 et la façon de combattre le virus dans d’autres pays que le nôtre. 

L’urgentiste Patrick Pelloux a accusé à deux reprises l’Etat d’Israël d’imposer un embargo sur la fourniture de vaccins à l’Autorité Palestinienne. lIsraël n’a pourtant jamais empêché les Palestiniens de s’approvisionner en vaccins, ni n’a imposé un « embargo du vaccin », ou quoi que ce soit qui y ressemblât de près ou de loin.

Le socialisme du XXIe siècle?

90% des Vénezuéliens survivent avec moins de 10 dollars par mois

Une farce chinoise racontée par La Libre Belgique

La mission d’enquête de l’OMS sur l’origine du covid19 à Wuhan a fait l’objet d’un article de La Libre Belgique du 16 février 2021.  Equipe composée de gens accrédités par Pékin. Des mois de négociation avant qu’ils soient mis dans l’incapacité de mener une enquête digne de ce nom. Témoins morts, disparus ou muselés. Hypothèse de la fuite d’un labo balayée d’un revers de main. Pékin veut attribuer l’origine à un animal ou à de la viande surgelée importée de l’étranger et avance l’apparition simultanée de la pandémie dans plusieurs pays, ce qui n’est étayé par aucune donnée. Pour le quotidien belge, il est probable qu’un labo de Wuhan soit à l’origine du virus. Comme il est établi que c’est le déni initial de la RPC qui a permis le déferlement du virus sur le monde.

A charge et à surcharge!

L’opposant russe Alexei Navalny est sous la menace d’une amende de 150 000 roubles – l’équivalent de 13 000 dollars – pour diffamation à l’encontre d’un ancien combattant pro-Poutine

Les limites des relations commerciales avec la Chine

La Chine a fait savoir qu’elle examinait l’opportunité de poursuivre à leur niveau actuel les exportations de terres rares aux Etats-Unis.

Comme par hasard, elles sont utilisées dans le chasseur américain F35 et dans la fabrication d’autres armes.

Le castrisme, encore et toujours

Le deuxième tour des élections équatoriennes n’est pas assuré de se tenir : l’ELN, la guérilla pro-castriste, dont le QG se trouve à La Havane, aurait participé au financement de la campagne d’Andres Arauz (33% des voix au premier tour), soutenu par ailleurs par Evo Morales, une ancienne « gloire » de la gauche latino-américaine.

L’Etat-voyou

Trois programmeurs nord-coréens sont accusés par la justice américaine d’extorsion et de vol d’I,3 milliards (monnaie officielle ou bitcoins) en onze ans de cyber attaques.

Le commerce très politique des communistes chinois

Taïwan ne s’est pas contentée de gérer magnifiquement la pandémie de covid19 ( moins de 1000 ça recensés jusqu’ici). Les dirigeants de l’île ont voulu aussi organiser la vaccination de la majorité de la population et ont souhaité notamment se procurer 5 millions de doses auprès de BioN’tech. Alors qu’on se dirigeait vers une signature du contrat définitif, le groupe allemand aurait soudainement fait marche arrière. Le Ministre de la Santé a mis en cause à demi-mot le gouvernement de Pékin coupable de pressions sur un partenaire hongkongais de BioN’tech pour expliquer ce retournement

22 Fév 2021


La Bibliothèque d’histoire sociale

Né à Kiev en 1895, Boris Lifschitz dit Souvarine est naturalisé français en 1906. Dessinateur d’art et journaliste, il est membre de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO).

Lors du Congrès de Tours de décembre 1920, il est un des acteurs de la scission au sein de la SFIO aboutissant à la création du futur parti communiste français.

Exclu du parti dès 1924, Boris Souvarine continue néanmoins son activité politique à travers un groupe de réflexion sur le régime stalinien. En 1935 il crée l’Institut d’Histoire Sociale (IHS), filiale française l’Institut International d’Histoire Sociale d’Amsterdam.

Réfugié aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale, il y tisse des liens étroits avec des universitaires anti-communistes. A son retour en France en 1947, Souvarine poursuit sa lutte contre le stalinisme, via la participation à des revues et la réorganisation de l’IHS à partir de 1954. Secrétaire général jusqu’en 1976, il restera très proche de l’institut jusqu’à son décès en 1984.

Le fonds de la Bibliothèque d’histoire sociale tire son origine des premiers documents rassemblés par Souvarine dans les années 1920 en Russie, puis en France avec la création de l’Institut d’Histoire Sociale. Confisquée durant la seconde guerre mondiale, la bibliothèque renaît après la Libération conjointement avec l’IHS. Continuellement enrichie depuis, elle constitue un fonds de référence sur le communisme, le socialisme et le syndicalisme, retraçant l’histoire des luttes politiques, syndicales et sociales qui agitent le monde depuis le XIXe siècle.

Les collections de la BHS rassemblent plus de 40 000 ouvrages, plus de 1800 titres de périodiques, des brochures, des archives et des manuscrits légués par des militants et des historiens.
Depuis sa donation au département en 2013, cette bibliothèque contribue à la promotion et la valorisation du patrimoine culturel des Hauts-de-Seine. Conservées aux Archives départementales, elles complètent les archives publiques et privées et sont consultables par un large public.

Les Fonds :

– Communisme

Ouvrages théoriques (Marx, Engels, Lénine…), études marxistes (économie, politique, littérature…), témoignages de dirigeants, mémoires d’exclus, brochures. Œuvres de Boris Souvarine, documentation sur le PCF, sur l’anticommunisme

– Socialisme

Ouvrages théoriques (Saint-Simon, Fourier, Proudhon…), fonds sur la SFIO, le PS, le PSU, le PSA, le NPS, documentation sur le socialisme international (AIT, partis socialistes européens)


– Monde ouvrier, syndicalisme

Histoire du travail et du monde ouvrier, des bourses du travail, documentation sur les grandes centrales ouvrières (CGT, CGTU, CFDT, CFTC, FO), les syndicats de branches professionnelles,
l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire, le syndicalisme international


Autres mouvements de pensée politique :

Anarchisme (ouvrages théoriques, études, brochures…), Mai 68 en France et dans le monde, altermondialisme (ATTAC…), Internationale situationniste, catholicisme social, contributions philosophiques

Fonds complémentaires :

Histoire de France de 1789 à aujourd’hui.

Ressources sur le féminisme, la protection sociale, le monde rural, l’enseignement, les médias, le travail et l’économie.

Etudes sur l’ensemble des pays où se sont propagées la doctrine communiste et l’influence soviétique : l’Afrique (Algérie, Angola…), l’Amérique latine (Cuba, Nicaragua…), l’Asie (Chine, Corée du Nord…), l’Europe occidentale et orientale (RDA, ex-Yougoslavie…)


– Fonds d’archives

Fonds Boris Souvarine, Jacques Le Roy Ladurie, Annie Kriegel, Emile Roche et bien d’autres encore…

L’ensemble de ces archives est librement communicable sous réserve des droits moraux et patrimoniaux des auteurs s’agissant d’œuvres de l’esprit.

La communication des archives renvoie au Code du Patrimoine.

La Souvarine propose une aide personnalisée à la recherche sur place, par mail ou par téléphone et un accès à la presse en libre-service.

La consultation de ses collections se fait uniquement sur place.

Possibilité de photocopies.

L’inscription se fait sur présentation obligatoire d’une pièce d’identité.

Horaires

Le lundi de 13 h à 17 h
Du mardi au jeudi de 9 h à 12 h, de 13 h à 17 h
Le vendredi de 9 h à 12 h

Contact :
Conseil départemental des Hauts-de-Seine
Immeuble « Le Quartz »
Bibliothèque d’histoire sociale La Souvarine
4 avenue Benoît-Frachon
92023 NANTERRE cedex
01 46 14 09 32

(RER Nanterre-Ville)

bibliotheque.souvarine@hauts-de-seine.fr

19 Fév 2021


Éric-Emmanuel Schmitt : La Traversée des Temps, t. I Paradis perdus, Albin-Michel, Paris 2021

Quand j’ai entendu qu’Éric-Emmanuel Schmitt se lançait dans une écriture romanesque de l’Histoire de l’humanité en 8 volumes et 5000 pages, je me suis immédiatement attendu au pire et je ne suis pas déçu par la lecture de l’interview parue dans La Libre Belgique d’aujourd’hui. En gros : nous vivions au paradis du temps où nous étions chasseurs-cueilleurs, égalité homme femme, pas de hiérarchie, chacun savait tout ce qu’il y avait à savoir, abondance, harmonie et bonheur. Avec l’agriculture, sont arrivées la propriété et la spécialisation et avec elles la violence, le vol, la perte d’autonomie, la dégradation de la condition féminine. Maintenant nous prenons conscience de l’impasse où nous nous sommes nous-mêmes menés, mais il est peut-être trop tard car nous sommes à la veille d’un nouveau déluge causé cette fois par l’homme et son orgueil.

Ces inepties à la mode, contredites, entre autres, par les dernières découvertes archéologiques et anthropologiques, renforcent les grandes ignorances et distorsions mentales sur l’évolution, l’histoire, le monde et la nature humaine. Elles évacuent encore et encore les progrès, en accélération rapide, accomplis en matière de bien-être et de qualité de vie selon tous les critères mesurables : pauvreté, faim, maladies, accidents, guerres, autres violences, conditions de travail, libertés réelles, espérance de vie en bonne santé, possibilités culturelles, d’échanges, d’épanouissement personnel et collectif. Et, bien sûr, attendons-nous à un volume où il sera beaucoup question de nazisme et à l’inexistence du communisme !

Les romans de ce type, parfois d’une haute valeur littéraire, se fondent sur une réalité fictive et dès lors renforcent les grandes ignorances, nourrissent la sinistrose, le pessimisme, l’angoisse, démotivent nombre de jeunes, nous affaiblissent face aux menaces et enjeux bien concrets. Ils contribuent indirectement aussi à des décisions politiques débiles comme l’abandon du nucléaire.

Pierre Druez

19 Fév 2021


Le Voile dans l’espace public ?

Suite au débat entre Marine Le Pen et Gérald Darmanin, je propose à la discussion les remarques suivantes

1° Darmanin avait entièrement raison contre MLP quand il lui expliquait que si l’islamisme est effectivement une idéologie totalitaire à combattre en tant que telle, sa différence d’avec les autres idéologies totalitaires est qu’il est une idéologie politico-religieuse. Or la séparation entre l’Église et l’État est souvent comprise comme une non ingérence réciproque, comme si la religion était sanctuarisée.

2° Or, le lien entre l’islamisme et l’Islam  oblige l’État à prendre position sur les idées diffusées par une religion (ou au nom d’une religion)) et même sur la façon dont ces idées se manifestent dans l’espace public sous des formes vestimentaires.

3° D’où la question délicate : au nom de quoi a-t-on le droit de combattre le port du voile islamique dans l’espace public ? Pas au nom de la laïcité qui ne prescrit pas la neutralité vestimentaire dans l’espace public.
Est-il juridiquement possible de l’interdire en tant que signe de soumission à l’islamisme qui n’est pas imposé par l’Islam, un peu comme s’il s’agissait d’un brassard portant a croix gammée pendant la guerre ou la faucille et le marteau pendant la guerre froide?

4° le minimum possible est de dénoncer l’exception séparatiste que constitue le port du voile ostensible dans l’espace public, là où les autres religions pratiquent la discrétion. Mais légiférer parait délicat. On peut au moins sans problème faire remarquer que le port ostensible du voile  religieux est un signe d’auto-exclusion agressive.

André Senik

14 Fév 2021


[Point de Vue] Les dissents de la FARC au Vénézuela – par Jacques Carbou

La revue colombienne Semana, dont nous avons déjà parlé, poursuit un vrai travail d’investigation en publiant dans son numéro du 8 février des preuves sur l’hébergement des dissidents des FARC au Venezuela. Ce n’était plus un secret que Luciano Marin, alias Ivan Marquez qui avait participé aux accords de paix à Cuba, alias Jésus Santrich, Romana et El Paisa se cachaient au Venezuela. La revue précise que le gouvernement du président Duque possède les informations exactes sur les mouvements et les campements où se trouvent les dissidents qu’il accuse de diriger le trafic de drogue depuis le Venezuela. Ils ont quitté l’accord de paix signé en novembre 2016 pour se ranger sous le commandement d’Ivan Marquez, créant ainsi une dissidence autodénommée « Segunda Marquetalia » le 19 aout 2019. Ils ont repris les armes au prétexte que le gouvernement Colombien avait trahi les accords de paix de La Havane.

D’après Semana, les Etats-Unis collaborent aux recherches sur les lieux où se cachent les dissidents qui regroupent presque 5.000 hommes repartis en 36 groupes. Selon la revue, ces dissidences ne possèdent plus le commandement unique qui existait avec les FARC ; elles s’apparentent plutôt à des bandes criminelles qui utilisent l’idéologie des FARC. Les trois fronts commandés par Ivan Marquez comprendraient environ 861 membres alors qu’un autre dissident, Miguel Santillana, alias Gentil Duarte, contrôlerait le reste des unités dissidentes dont les actions consistent principalement dans le trafic de drogue, l’exploitation de mines illégales et le vol de bétail en Colombie pour le revendre au Venezuela.

Outre les armes, camions et véhicules, les dissidents disposent d’un avion Cessna, immatriculé au Venezuela, pour leurs déplacements et le transport de la drogue. Ils se déplacent librement dans les zones rurales comme dans les zones urbaines, en particulier à Elorza, ville située à trois heures de Arauca, capitale du département du même nom, en Colombie. Ivan Marquez y vit dans une résidence protégée par le régime de Maduro. La frontière entre les deux pays mesure environ 2.800 km d’où la facilité avec laquelle les dissidents peuvent mener leurs incursions en territoire colombien.

Les preuves de la présence des dissidents en territoire vénézuélien confirment la complicité du régime dans le trafic de drogue. Cela explique la réaction rapide de Maduro, ce dimanche 8 février, en accusant la Colombie, le président Duque, la CIA et la revue Semana, d’avoir préparé un attentat contre la nouvelle assemblée « chaviste » ; complot qui aurait pu être évité grâce a l’intervention des services vénézuéliens.

Nous sommes habitués à la rhétorique du régime vénézuélien. Il y a une dizaine d’années, Chavez faisait semblant d’ignorer que les troupes des FARC venaient se refugier au Venezuela après des attaques en Colombie ou pour en préparer de nouvelles. Lorsque le président colombien, Alvaro Uribe lui avait montré, avec des images satellites, les emplacements exacts des campements des FARC dans les régions frontalières du Venezuela, Chavez s’était indigné en criant au complot et aux manipulations de la CIA pour déstabiliser son régime.

Les tensions existent toujours entre les deux pays mais le président Duque joue un jeu subtil puisqu’il vient d’accorder un asile temporaire à tous les réfugiés vénézuéliens qui sont en Colombie jusqu’à la date de janvier 2021.

Jacques Carbou

Le 9 février 2021

14 Fév 2021


[Point de Vue] Les ingérences de Cuba en Colombie – par Jacques Carbou (Partie 2)

S’agit-il d’une coïncidence ? Deux semaines après la publication par la revue Semana d’un rapport officiel sur les ingérences cubaines en Colombie, l’ambassadeur de Cuba en Colombie, Jose luis Ponce, a envoyé une lettre ou un mémorandum à la Ministre des affaires étrangères de Colombie (la « Cancilleria » ou Chancellière), Claudia Blum, pour informer le gouvernement colombien d’un supposé attentat préparé par le Front oriental de la guérilla ELN qui viserait plusieurs villes du pays.

Il est écrit : « Notre ambassade en Colombie a reçu une information dont nous ne pouvons pas évaluer la vraisemblance au sujet d’une attaque militaire supposée de la part du Front oriental de guerre de l’ELN. » La lettre déclare aussi avoir informé la délégation de l’ELN à La Havane en charge de la négociation d’un accord de paix avec le gouvernement colombien. Cette délégation a exprimé son ignorance à ce sujet et a tenu à affirmer qu’elle n’était pas impliquée dans les décisions militaires ou opérationnelles de l’organisation. La mission de l’ONU en Colombie a aussi reçu copie de cette lettre.

L’ancien Ministre de la Défense de Colombie, Carlos Holmes Trujillo, est mort du virus covid-19 le 26 janvier 2021. Il a été remplacé à ce poste par Diego Molina, précédemment directeur de la Police. Il a voulu rassurer les Colombiens en disant que les forces militaires et la Police sont préparées pour assurer la sécurité. Il a réitéré la volonté de démanteler le groupe terroriste ELN, unique voie pour empêcher les actes terroristes dans plusieurs régions du pays.

Une chronique précédente avait souligné les tensions qui existaient entre la Colombie et Cuba. Aurions-nous affaire maintenant à une action diplomatique de la part de l’ambassadeur de Cuba en Colombie – visé par un rapport officiel précédent – en vue d’apaiser ces tensions ?

Jacques Carbou, le 10 février 2021

13 Fév 2021