Les assesseures voilées

Le vote de la majorité et des socialistes repoussant l‘amendement proposé par François Pupponi, l’ancien maire de Sarcelles, au nom du MoDem est une faute lourde de sens.

La neutralité des assesseurs n’est pas seulement une exigence découlent de la séparation des l’Églises et de l’État. La banalisation du port du voile dans l’espace public est une tactique de l’entrisme islamiste qui est pratiqué par ceux qui veulent que la France devienne bi-communautaire.

De bonne foi sans doute, les élus de LREM et les socialistes pensent qu’il faut céder sur des accommodements raisonnables qui faciliteront l’intégration de ceux des Français musulmans qui restent fidèles à leur culture d’origine, qui est incompatible avec la nôtre sur des points fondamentaux

La laïcité n’est donc pas l’enjeu principal de la violente dispute qui a agité le Parlement sur le voile de l’assesseur

L’enjeu principal est le modèle français de société fondé sur une culture commune.

Le choix est clair : ou bien la République française dit gentiment aux Français musulmans qui demeurent fidèles à leur culture d’origine sur les points où cette culture n’est pas compatible avec celle du pays d’accueil, « faites comme chez vous, affichez votre appartenance à votre religion, à condition de tolérer les opinions des autres» ou bien on leur dit « intégrez-vous en faisant comme les autres Français, lesquels ne mettent pas en avant leurs différences culturelles parce qu’ils partagent avant tout une culture commune. »

Ce sont deux façons opposées de concevoir l’intégration.

La macronie vient de donner des verges pour se faire fouetter par les défenseurs du modèle français de société.

J’aimerais bien qu’elle se reprenne.

André Senik

(crédit photo : Paris, mairie du 10e arrdt, salle des mariages, Marianne)

Réponse

Comme il est tard pour réagir à ce sujet.
Chacun sait que plus on réagit tard face à un travers, à une maladie, moins il est facile de l’entraver et y mettre fin.
Félicitations pour cette réaction d’arrière-garde qui change de celles concernant habituellement le communisme en général, devenu … sous nos cieux….. un fauve assez inoffensif. Ici en tous cas.
Bien au contraire de celui qui avance voilé ici depuis 30 ans au moins, avec ses alliés.
Après des années d’erreur de cible, on tente de rectifier.
Il est bien tard ! Trop tard sans doute.

Didier Devred

5 Juil 2021


Colombie : Petro cherche à obtenir dans la rue ce qu’il n’a pu trouver dans les urnes

Les manifestations ont pris fin dans l’ensemble du pays a l’exception de Cali, nous y reviendrons, et d’une ou deux municipalités. Les troubles se poursuivent à Bogota. Depuis le 28 avril, que la « grève nationale » a donné lieu, après les marches et manifestations a des débordements incontrôlés. Le gouvernement a dû faire appel à la police et à l’armée et l’opposition a parlé de répressions, des violences policières ce qui a conduit à une augmentation de la violence dans les rues, le pillage de magasins et une insécurité dans plusieurs quartiers de Bogota. Mercredi soir, le 23 juin, la destruction du « Portal » de Suba, du Transmilenio, le système de transport urbain de la ville, a obligé la Maire de Bogota, Claudio Lopez, à déclaré : « Nous n’allons pas accepter le vandalisme ». Elle avait auparavant demandé à Gustavo Petro de calmer ses troupes et de les faire cesser les violences, déclenchant ainsi une controverse avec le principal dirigeant de l’opposition au gouvernement. Il y a donc bien une politisation de ces conflits ; ce qui donne raison aujourd’hui a tous ceux qui dénonçaient l’action de Petro d’envenimer en sous-main la situation pour profiter du chaos afin de prendre le pouvoir par la rue qu’il n’avait pas pu obtenir par les urnes. Dernière minute : un motocycliste est mort vendredi 25 a Bogota en raison d’une « obstruction violents de la part certains manifestants » a dénoncé samedi 26 la maire de la capitale colombienne qui a interdit les rassemblements a Suba et Las Americas, deux des terminus du Transmilenio.

Il ne s’agit plus de protestations pacifiques mais de guérilla urbaine. Le vandalisme a pris de graves proportions à Bogota. Ce sont bien des groupes radicaux, organisés, avec des bombes incendiaires, des armes et des casques, financés par quelques politiques qui génèrent le chaos. La lassitude ressentie par la population, en Colombie, en général, et à Bogota, en particulier, doit faire face a une escalade de la violence pour attirer l’attention. Alors que baisse la protestation sociale, apparait un autre type de violence. Gustavo Petro est responsable, selon la Maire, d’entretenir cette violence et ceux qui le suivent sont les plus radicaux. La protestation sociale a dégénéré avec les groupes illégaux et radicalisés.

A Cali, la situation est désormais clarifiée par la capture de Leonardo Diaz Escobar, alias Richard, ex-chef de la colonne mobile Jacobo Arenas des Farc et aujourd’hui à la tête de la structure urbaine mise en place par Ivan Marquez un des chefs des dissidences de Farc qui se cache au Venezuela. La revue Semana a révélé qu’alias Richard a été arrêté avec 7 autres membres des Farc dont une femme, par la police après des interceptions téléphoniques qui permirent d’apporter de nouvelles preuves de l’infiltration d’Ivan Marquez. C’est lui qui assure l’approvisionnement en argent, logistique et en armes de ces groupes liés aux Farc et même anciens des Farc. Ils ont ainsi organisé le blocage des routes d’accès à Cali et à Buenaventura, la ville portuaire du Pacifique ou venaient les armes et bombes incendiaires utilisées par les « muchachos », les jeunes au chômage ou étudiants de l’université del Valle de Cali. Les communications téléphoniques révèlent ainsi que les chefs rassemblaient ces groupes de jeunes, les payaient, leurs donnaient des fusils pour aller se battre contre la force publique et la police.

Une démonstration supplémentaire que la paix négociée par l’ex-président Santos et les Farc n’a pas obtenu le but souhaité ; les dissidents des Farc continuent d’organiser « les luttes » pour prendre le pouvoir en Colombie avec l’appui plus ou moins déclaré du Venezuela et de Cuba qui n’ont pas abandonné l’idée de renverser le pouvoir légal de Colombie pour installer a sa place une régime qui partage la même idéologie.

Jacques Carbou

Le 25 juin 2021

(Crédit photo : El alcalde Mayor de Bogotá, Gustavo Petro | Flickr)

29 Juin 2021


À propos de la querelle entre Orban et Macron

Le devenir sexuel des enfants et des adolescents est une affaire délicate qu’il ne faut surtout pas traiter brutalement

Sont brutaux pourtant, pour les homosexuels, leurs familles et leurs amis, le discours et les lois d’Orban revenant à dire aux homosexuels :  « vous êtes libres, mais cachez cette pathologie de peur qu’elle n’influence les enfants et les adolescents ».

Brutaux aussi pour les parents qui préfèrent que leurs enfants ne soient pas incités à aggraver des troubles et des hésitations identitaires qui sont le lot de cette période.

Entre l’occultation infamante et le militantisme transgressif dans les écoles et autres lieux de formation, il doit exister une attitude de respect pour cette époque de la vie.

La priorité revient sans doute à désarmer l’agressivité des enfants et des adolescents à l’égard de ceux qui ne sont pas comme eux.

La tolérance est une ligne de conduite qui rejette à la fois l’opprobre et le militantisme.

André Senik

(Crédit photo : Image par Boris Štromar de Pixabay)

28 Juin 2021


A l’occasion du procès des « petites frappes » ( comme ne dira pas l’ambassadeur de Chine en cette occasion) ayant menacé Mila des pires sévices pour sa mise en cause de l’Islam, à l’abri (pensaient-ils) de leur anonymat, des élus parisiens de La République en marche ont opportunément apporté leur soutien à la jeune fille dans une tribune publiée par L’Opinion et rappelé le caractère essentiel de la liberté dexpression pour une démocratie.

Pour nos lecteurs, nous reproduisons ce texte, passé un peu inaperçu du fait du contexte électoral.

H&L

« Je vais forcément ne pas rester en vie. » C’est par ces mots glaçants que Mila, coupable d’être libre, envisage en 2021, en France, son avenir.

Il y a plus d’un an, Mila entrait dans nos vies à travers l’histoire de son supplice, celui d’une jeune femme de 16 ans affrontant, pour avoir exprimé librement une opinion, un déferlement de haine en ligne, plusieurs dizaines de milliers de menaces de mort, des appels au viol, sans compter d’innombrables insultes et harcèlements souvent misogyne et lesbophobe. Elle vit aujourd’hui sous protection policière et sa vie est en danger, « prisonnière dans son propre pays » pour reprendre ses mots.

La liberté d’expression est attaquée et beaucoup regardent ailleurs. En 2015, après le terrible attentat qui avait frappé Charlie Hebdo, nous avions été formidablement nombreux à manifester notre attachement indéfectible à la liberté d’expression. Nous avions su rejeter les lâchetés, les sophismes, les « oui mais », pour rappeler cette chose simple : en France, chacun a le droit de s’exprimer tant qu’il

 Pourtant, six ans plus tard, Mila est souvent laissée trop seule. Nous nous élevons contre ce silence coupable entretenu par une partie de la classe politique et des responsables associatifs qui préfèrent regarder ailleurs et pavent la voie de tous les renoncements. Nous osons à peine rappeler qu’il ne s’agit guère de prendre position sur le contenu de ses propos, puisque la question n’est pas là. Il s’agit de défendre son droit, et par là même celui de tous les citoyens, à s’exprimer librement, sans autre limite que celles que nous nous sommes fixées collectivement par la loi démocratique.

Il est plus que temps que, collectivement, nous disions : « Ça suffit. » Nous ne pouvons accepter en France que l’on risque sa vie pour une parole. Nous ne pouvons accepter qu’une jeune femme de 16 ans porte sur ses épaules le combat qui devrait être celui de tous. A travers Mila, c’est toute la France qui est meurtrie et c’est toute la Nation qui doit se mobiliser.

Nous, citoyennes et citoyens, élus de la majorité présidentielle à Paris, rappelons aujourd’hui notre attachement indéfectible à la liberté d’expression et notre soutien plein et entier à Mila. Au nom du respect de tous ceux qui sont tombés ces dernières années sous les coups des ennemis de la République, au nom des principes universels qui fondent notre démocratie et font l’honneur de la France, au nom de Paris qui, à travers le monde, est depuis si longtemps une promesse de liberté, nous devons le faire sans tergiverser, sans fausses excuses, sans compromissions.

C’est pourquoi nous demandons également au Conseil de Paris, que ses élus expriment collectivement leur soutien à Mila et au principe de la liberté d’expression tel que défini par la loi et la Constitution de notre République et affirment la volonté que justice soit rendue à l’encontre de chaque pourvoyeur de haine à l’encontre de Mila et de tous ceux qui expriment librement leur opinion

Signataires :

La République en marche de Paris ; Agir Paris ; Territoires de Progrès Paris ; Les Jeunes avec Macron Paris. Stanislas Guerini, député de Paris, délégué général de La République en marche ; Julien Bargeton, sénateur de Paris LREM, coordinateur Paris de La République en marche ; Pierre Yves Bournazel, député de Paris Agir, conseiller de Paris, élu du XVIIIe arrondissement ; Maud Gatel, députée de Paris MoDem, conseillère de Paris ; Laetitia Avia, députée de Paris LREM, porte-parole de La République en marche ; Pacôme Rupin, député de Paris LREM, conseiller de Paris Centre ; Pierre Person, député de Paris LREM ; Anne Christine Lang, députée de Paris LREM – Territoires de Progrès ; Gilles Legendre, député de Paris LREM ; Guillaume Poitoux, conseiller LREM – Territoires de Progrès du XIe arrondissement ; David Amiel, conseiller LREM du XVe arrondissement ; Catherine Ibled, conseillère de Paris LREM, conseillère du XVe arrondissement ; Hannah Sebbah, conseillère de Paris LREM, conseillère du XVIe arrondissement ; Alexis Govciyan, conseiller de Paris LREM du IXe arrondissement ; Edouard Civel, 1er adjoint LREM à la mairie du Ve arrondissement ; Jean Pierre Plagnard, adjoint à la mairie du IXe arrondissement ; Sophie Segond, conseillère LREM – Territoires de Progrès du VIIIe arrondissement ; Nicolas Cour, conseiller LREM du IXe arrondissement ; Fanta Berete, conseillère LREM du XVe arrondissement, coordinatrice Paris LREM ; Bertrand Lavaud, conseiller LREM du XVIIe arrondissement ; Justine Henry, conseillère LREM du XVIIIe arrondissement ; Christian Honoré, conseiller Agir du XVIIIe arrondissement ; Antoine Lesieur, secrétaire général de LREM Paris.

(crédit photo : UBC Library French Revolution Collection | Flickr)

23 Juin 2021


Ils n’ont pas voté et puis, après?

Le record d’abstentions au premier tour des élections départementales et régionales a donné lieu à des réactions plaisantes. Il faut avoir lu l’éditorial du Monde parler de la « grève des urnes » et du grand « désengagement démocratique », comme si l’obéissance au rituel électoral par une part aussi importante que possible des citoyens était toujours et en toutes circonstances le symptôme d’une bonne santé démocratique.

Il faut avoir vu aussi Marine Le Pen fustiger ses électeurs absents et déclarer : « Se battre contre des ennemis, c’est une chose. Mais se battre contre des gens qui ne veulent pas être sauvés (sic) en est une autre ». En confondant faire de la politique et faire son salut, Mme Le Pen montre qu’elle n’a guère compris notre époque. Si 73% de ses électeurs se sont abstenus, c’est aussi parce qu’eux aussi commencent à comprendre que le temps n’est plus au manichéisme politique; que le temps n’est plus aux bouleversements salvateurs, ni d’ailleurs au : « Nous ne sommes rien soyons tout » ! Les Français n’ont plus envie de trouver leur salut dans un autre monde politique, dans un autre système.

Des problèmes? Il y en a, en effet et il faut essayer de les résoudre, mais nul besoin pour cela de renverser la table ni de dénoncer le « système ». Nul besoin de manifestes, de proclamations, de banderoles et de drapeaux Le « système », démocratique libéral sur le plan politique et capitaliste sur le plan économique, encadré par des lois et des règlements, voilà ce que veulent l’immense majorité des gens en ce début d’été 2021. Ont-ils renoncé au Grand Soir patriotique du Rassemblement national? A la nuit des barricades de l’extrême gauche ? Tant mieux!. Ils se trouvent bien, ou plutôt assez bien, dans la société française actuelle, en tout cas mieux que quelques vociférations, plaintes et violences nous le feraient croire.

Sans doute les grandes promesses de lendemains qui chanteront une fois l’infâme abattu – le bourgeois, le mâle, le Blanc, que sais-je encore? -, sans doute, les pauses avantageuses de « patriotes » dénonçant les Grandes invasions, ou l’Insécurité omniprésente, en prennent-elles un coup. Chevaliers de la canne à pêche, partisans de la partie de pétanques, candidats à la promenade familiale et militants du bricolage ont pris le pas sur ceux qui savent comment sauver la France. Ils jugent que l’installation d’un gymnase dans un collège ou le gain d’un quart d’heure sur une destination de TER sont des enjeux respectables mais qui peuvent être traités par de bons gestionnaires et de bons administrateurs …Pour ce qui est de la politique à proprement parler, ou plutôt pour ce qui est des grandes questions politiques que sont la mise en place d’un développement équilibré et souverain, l’approfondissement de l’identité européenne, le contrôle de l’immigration, la défense de la laïcité, la lutte contre l’islamisme radical et l’organisation de la défense contre le totalitarisme chinois, ils pensent que l’on verra cela en avril 2022, lors des présidentielles qui cannibalisent il est vrai, pour reprendre la bonne formule de Gérard Grunberg sur son blog Telos, les autres élections. En attendant, nul parti ne saura animer la vie politique française. Si La République en marche pâtit de n’ avoir pas su trouver une nouvelle voie, les anciens partis – PC, PS, gaullistes de LR et même le RN, à sa manière – ont pâti de ne pas avoir abandonné leurs anciennes structures hyper-hiérarchisées, incarnées voire soumises à une personnalité, incapables d’abandonner leur rhétorique convenue et leur ronron idéologique.

Au fond, les abstentionnistes du 20 juin nous rappellent ce qui est important aujourd’hui et ce qui l’est moins. Ils n’ont pas vraiment besoin, comme cela a été proposé au soir du premier tour, d’une « vigoureuse campagne civique » comme le suggérait Le Monde pour les remettre dans le droit chemin.

Pierre Rigoulot

(Crédit photo : Cannes à pêche | Flickr)

De fait, rien n’a changé et il ne s’est donc rien passé!

L’extraordinaire taux d’abstention et l’extraordinaire immobilité du paysage électoral disent la même chose  : la masse des électeurs n’est pas en colère contre les équipes diverses qui gèrent leurs régions.

Ce pays que l’on décrit comme révolté, déchiré et explosif a continué à vaquer à ses affaires privées.

Cela ne prouve pas une désaffection à l’égard de la démocratie quand elle n’est pas menacée. On le verra lors des élections qui comptent.

Certaines questions demeurent selon moi : y aura-t-il des référendums comme en Suisse? Y aura-t-il des débats de fond pour les présidentielles?

André Senik

23 Juin 2021


Compte-rendu : DEPORTÉS EN URSS – Récits d’Européens au goulag 1939-19501

Il me semble que le nombre de publications sur le Goulag est en augmentation, ce qui, au moment où Poutine fait tout pour revaloriser Staline, est très positif. Et d’autant plus que les témoins et acteurs survivants du Goulag sont de moins en moins nombreux.

18 récits ont été conservés parmi les 160 recueillis par l’équipe d’Alain Blum et constituent la trame de ce livre, Déportés en URSS. La plupart des témoins étaient des enfants au moment où ils ont été déportés, car les plus âgés ont maintenant disparu. La majorité d’entre eux n’a cependant pas été envoyée dans des camps, mais appartenait à des familles de « déplacés spéciaux », c’est-à-dire assignés à résidence dans des zones inhospitalières d’URSS pour y travailler.

En 1984, Pierre Rigoulot avait publié Des Français au Goulag, basé sur les récits d’un certain nombre de Français mais aussi d’Italiens, de Japonais, d’Espagnols qui, pour diverses raisons, avaient été déportés dans les camps soviétiques. Ce nouvel ouvrage apporte des compléments utiles car il est centré sur les déportés d’Europe centrale et orientale, dont la situation est peu connue en France. Ainsi, apprend-on l’existence de plusieurs grandes vagues de déportation dans ces zones, suite au pacte germano-soviétique du  23 août 1939 et aux annexions soviétiques qui en découlèrent. L’épuration stalinienne entreprise immédiatement visa surtout les élites politiques, économiques et militaires de ces pays.

En Pologne, les Soviétiques organisèrent plusieurs grandes vagues de déportations. La première, en février 1940, visa les « colons militaires », c’est-à-dire les anciens membres de l’armée polonaise à qui avaient été attribuées des terres dans les zones frontalières. La deuxième, en avril de la même année, concerna surtout les membres des classes possédantes et leurs familles. La troisième, en juin, conduisit à la déportation de réfugiés qui avaient fui la Pologne occidentale occupée par les Allemands. 80% étaient juifs, et paradoxalement la déportation au Goulag leur évita l’extermination par les nazis. Une quatrième vague en juin 1941 compléta les trois premières.

Dans les pays baltes, la même épuration fut pratiquée dès l’annexion de juin 1940. Mais l’invasion allemande y mit provisoirement fin.

Même chose en Ukraine occidentale, où la répression frappa surtout les nationalistes et résistants à l’annexion. Mais là encore, la région fut occupée par les nazis dès le 22 juin 1941.

Enfin l’annexion de la Bucovine du Nord et de la Bessarabie par l’URSS, résultat du pacte germano-soviétique, permit aux Soviétiques de déporter une partie de la population, notamment allemande, qui s’étaient installée en Roumanie pendant la domination autrichienne.

De nouvelles déportations furent entreprises par les Soviétiques, dès que ces différents territoires furent libérés de la présence nazie par l’Armée rouge. Ce fut le cas dans les pays baltes à partir de 1943, où furent déportés surtout ceux qui avaient collaboré, de gré ou de force, avec les nazis. Puis il y eut de nouveau des arrestations nombreuses après la guerre, du fait de la résistance des populations à la soviétisation, en particulier à la collectivisation des terres.

La répression reprit aussi en Pologne, en Roumanie et en Ukraine occidentale, où le mouvement de résistance nationaliste à l’occupation soviétique était très actif.

Quant aux autres territoires libérés par l’Armée rouge qui, soit avaient été annexés par Hitler (Tchécoslovaquie, Bulgarie, Yougoslavie), soit avaient fait alliance avec lui (Hongrie, Roumanie), ils furent aussi épurés d’une grande partie de leurs « Allemands ethniques » qui furent envoyés au Goulag.

Enfin, à la fin de la guerre, les Soviétiques pratiquèrent des rafles de jeunes hommes en Allemagne même, où ils réouvrirent d’anciens camps gérés par les nazis au temps du IIIe Reich !

Et lorsqu’ils soviétisèrent les pays européens de l’Est pour les intégrer dans leur bloc, ceux qui étaient considérés comme un obstacle potentiel à cette soviétisation furent à leur tour jetés dans des camps sur place ou déportés en URSS.

Les 18 récits choisis par les auteurs illustrent tous une de ces situations. Le seul qui soit presque réconfortant est celui de deux jeunes Juifs qui « eurent la chance » d’être déportés  – et de survivre – tandis que le reste de leur famille restée en Pologne pour l’un, en Lituanie pour l’autre, était exterminée.

Henry Welch, le petit Polonais, parti avec sa mère, son oncle et sa tante en Pologne orientale, fut arrêté avec sa famille car sa mère avait refusé de prendre la nationalité soviétique. Ils furent envoyés à Arkhangelsk travailler à l’abattage du bois. Mais le cas des Polonais est particulier puisque après l’invasion de l’URSS, sous la pression de ses nouveaux alliés, Staline dut accepter d’amnistier les Polonais présents sur le sol russe. Les Welch furent donc amnistiés en 1941 mais ne réussirent pas à quitter le pays comme 80 000 de leurs compatriotes le firent sous la conduite du général Anders.

Le cas de l’autre petit garçon juif, Iser Sliomovicius, est plus tragique car celui-ci ne réussit pas à quitter la Sibérie pour Kaunas avant 1963. Son plus grand regret est de n’avoir pu faire des études puisque cela était interdit aux enfants de déportés.

Autre cas paradoxal, qui rappelle certains cas français : le départ volontaire ! Bien sûr, pas au Goulag, mais en Union soviétique, patrie de tous les espoirs.

Jan Bohdan vivait en Russie subcarpathique, région tchécoslovaque alors occupée par la Hongrie fasciste. Agé de 18 ans, il partit à l’automne 1939 avec quatre compagnons, non par sympathie communiste, mais parce qu’il fuyait l’occupation hongroise et qu’il voyait l’URSS comme « prospère et antifasciste ». Aussitôt arrêté, il écopa de trois ans de travaux forcés dans un camp. En 1943, les autorités soviétiques lui proposèrent de le libérer à condition qu’il rejoigne les rangs de l’armée tchécoslovaque en formation sur leur sol.

Tous ces récits éclairent les déportations organisées dans les territoires annexés par Staline, et leur déroulement bien connu : le très long voyage dans des conditions inhumaines, l’arrivée dans des zones glaciales ou arides, sans lieux d’accueil pour les familles, puis le travail dans les kolkhozes ou dans la forêt. Ou dans un camp : c’est le cas de Klara Hartmann, une Hongroise de 14 ans, arrêtée durant l’hiver 1944-45, lorsque l’Armée rouge occupa son pays. Accusée d’espionnage, elle fut condamnée à 10 ans de camp et envoyée en Sibérie, puis au Kazakhstan. Dans son récit, elle raconte sa solitude car ne parlant que le hongrois et faisant partie d’un pays qui avait été allié d’Hitler, elle ne pouvait se lier avec les autres déportées qui lui menaient la vie dure, principalement les Russes. Elle raconte aussi ses souffrances car malgré son jeune âge elle dut travailler comme les autres à l’abattage du bois puis à la fabrication de pisé. Elle ne fut libérée qu’à la mort de Staline.

Plusieurs récits concernent des déportés polonais. Leur situation fut rendue compliquée par les aléas des relations entre Staline, les Alliés, et les différents gouvernements polonais provisoires. L’amnistie de 1941 ne permit pas à tous les déportés de rentrer dans leur pays, d’autant plus que les autorités exigeaient qu’ils prissent la nationalité russe.

La persécution des Baltes fut terrible aussi et se prolongea largement après la fin de la guerre. Par exemple, le père de Silva Linarte, qui vivait en Lettonie, fut arrêté en 1941 car il était directeur d’une association catholique. Les autres hommes de la famille, qui possédaient des commerces, furent aussi condamnés à des peines allant de trois à dix ans. Toute la famille fut déportée dans la région de Krasnoiarsk. Silva n’avait que deux ans, et ne se souvient plus du terrible voyage durant lequel sa petite sœur mourut. Son père fut envoyé dans un camp, où il mourut aussi en 1941. Quant à elle, à sa mère et à ses trois sœurs, elles furent envoyées dans un kolkhoze au milieu de la taïga, où elles souffrirent énormément de la faim et du froid. Rentrée en Lettonie en 1946, la famille fut de nouveau déportée en Sibérie lors des purges de 1950. Ce n’est qu’en 1956 que Silva et ce qui restait de sa famille purent rentrer en Lettonie.

Autre exemple de ces déportations qui eurent lieu à la fin de la guerre: celle de Ekaterina Szas, qui appartenait à la communauté allemande installée en Transylvanie, alors terre roumaine. Après la victoire soviétique, ses membres furent accusés d’avoir collaboré avec les nazis et arrêtés. En janvier 1945, Ekaterina et sa famille furent envoyées travailler dans un camp en Ukraine, du côté de Dnipropetrovsk. Elles ne purent rentrer qu’en octobre 1949.

Il y a dans cet ouvrage d’autres récits fort intéressants de ces survivants du Goulag, qui sont maintenant très âgés mais virent leur déportation avec des yeux d’enfants, sans vraiment comprendre le sens de ces départs vers l’Est. Ils montrent aussi l’histoire compliquée et douloureuse de ces régions d’Europe centrales prises en étau entre les persécutions nazies et les persécutions soviétiques.

1 DEPORTÉS EN URSS

Récits d’Européens au goulag 1939-1950

Dirigé par Alain Blum, Maria Craveri et Valérie Niveton

Editions Autrement. Collection Mémoires/Histoire

311 pages, 24€

22 Juin 2021


Le retrait américain d’Afghanistan

Disons-le carrément, l’administration Biden est en passe de permettre une erreur frôlant la trahison qui mériterait une bonne place sur le tableau de déshonneur où sont déjà l’abandon français des harkis et l’abandon américain du Sud-Vietnam. Le premier entraîna le massacre d’hommes (et femmes et enfants) qui avaient, en toute sincérité et confiance, choisi la France.  Le second engendra la tragédie des « boat people » et, sans doute, encouragea indirectement les massacres communistes dans le Cambodge voisin, massacres dignes de Hitler, Staline, Mao, car il envoya un signe clair aux Khmers rouges que la grande et puissante Amérique n’interviendrait pas.

De quoi s’agit-il?  Du retrait précipité d’Afghanistan, ou déjà les totalitario-isamistes mettent des bombes devant les écoles sous le prétexte que des filles y sont admises (en l’occurence, c’était une école où garçons et filles avaient des horaires de classes alternés).  On voit très bien ce qui se profile : un massacre en règle et sans arrêt, où les Talibans le disputeront à Daesch le premier prix au concours de l’horreur.

Les soldats afghans, américains, francais, et autres, ayant fait de leur mieux et parfois donné leurs vies pour hisser un pays arriéré vers quelque chose de moins cruel – ils se comptent par dizaines de milliers – ne peuvent avoir d’autre réaction à ce que propose le gouvernement Biden que celle de vomir.  The Colonel (en retraite) Bing West, illustre soldat (du US Marine Corps) qui a fait toutes les guerres américaines depuis le Vietnam, montre très bien dans ses récents écrits (dont The Last Platoon, La Derniere Section) qu’il ne s’agit pas de volonté, de savoir-faire ou de courage parmi les combattants; la faute se situe à Washington et depuis très longtemps.  Depuis la guerre de Corée, nous refusons l’évidence: nos ennemis veulent la destruction de tout ce qui respire la liberté et la civilisation moderne.  On ne peut pas composer avec eux.  Il faut soit les écraser, soit les laisser faire en attendant le moment ou l’on répliquera avec une stratégie — un but de guerre — décisif.

Les barbares ne s’y trompent pas.  Voyant un président faible entouré de munichois gauchistes (son secrétaire d’Etat, éduqué à l’Ecole Bilingue Jeannine Manuel et gendre de Samuel Pisar, représente la gauche bien-pensante malgré des grands parents et arrière-grands-parents ayant participé à l’aile dure du mouvement sioniste), ils entrent dans la brêche.  La cyberattaque sur le pipeline desservant la Cote Est n’est qu’un essai relativement modeste.  Mais au lieu de mettre des milliards du « plan de relance » dans de véritables infrastructures comme, justement, la sécurité de nos approvisionnements énergétiques, Biden et les siens envoient la manne fédérale vers les organisations qui perpétuent les défaillances de nos écoles, pour ne prendre qu’un des pires exemples (il y en a tant d’autres, comme l’encouragement à l’immigration clandestine !).

Il y aura une réaction.  Déjà le mouvement raciste « black lives matter » commence à trouver des concurrents, tels les mouvements de défense des polices, souvent baptisés « blue lives matter ».  La réplique politique et intellectuelle se fait entendre, par la voix du Sénateur Tim Scott par exemple, par les plumes d’intellectuels comme Glenn Loury et John McWhorter.  L’esprit d’Andrew Jackson revient ainsi en force chez ceux qui, voyant les Francais s’enthousiasmer pour sur la mémoire de Napoléon, se souviennent que celui-ci a fait la démonstration de l’illettrisme économique qui caractérise tous les tyrans en « bradant » la Louisiane à Thomas Jefferson, ce qui mena à la victoire du General Jackson contre les Anglais à la Nouvelle-Orleans en 1814, une des grandes batailles de l’humanité car elle confirma l’indépendance des Etats-Unis et ouvrit l’Ouest, le grand Ouest, à la liberté en marche.

(crédit photo : Afghanistan | army.mil U.S. Army Staff Sgt. Michael Kaman | Flickr)

16 Juin 2021


The Plot to Change America, Mike Gonzalez – extrait du compte-rendu de Michèle Tribalat

Avec son accord, nous reproduisons ci-dessous des extraits d’un texte de notre amie démographe Michèle Tribalat présentant sur son blog (micheletribalat.fr) un livre de Mike Gonzalez, The Plot to Change America (Encounter Books, 2020), pas encore traduit en français.  Ancien journaliste, d’origine cubaine, Mike Gonzalez est chercheur à The Heritage Fondation (think-tank conservateur-libéral). Selon lui, l’élite identitariste américaine pousse dangereusement à la création de groupes veillant à la reconnaissance de leur identitéplus ou moins fictives et développant la culture du grief en s’appuyant sur l’expérience noire américaine.

H&L

La création des Hispaniques

En 1967, Julian Samora co-fondait le Conseil du Sud-Ouest de La Raza (littéralement la race), qui devint national en 1973 (National Council of La Raza). Son but était de marier différents groupes parlant espagnol afin d’implanter des politiques identitaristes dans l’éducation, l’entreprise et le gouvernement. Pour lui, l’assimilation était le sommet de la fausse conscience. Samora, qui occupait des fonctions importantes dans les universités, fut nommé au Comité consultatif sur la population d’origine espagnole du Census Bureau pour la préparation du recensement de 1980, le premier à inclure des catégories panethniques. Sauf lors du recensement de 1930, les Mexicains-Américains avaient toujours été classés comme Blancs. Si, à l’instar des Juifs, ils subissaient des discriminations et une ségrégation, ils se voyaient différemment des Noirs et cherchaient plutôt à devenir des Américains comme les autres. Mais, après la mobilisation de La Raza, beaucoup d’Américains ont commencé à voir les Hispaniques comme une «race» [au sens américain du mot, NDLR] à part.

Petit à petit, prit forme un groupe ethnique fondé sur la victimisation et exigeant des mesures de justice compensatoire, malgré la résistance de Cubains.

(…) En 1976, une loi définit ce qu’était un Hispanique (seule loi raciale de l’histoire des États-Unis) non à partir de la «race» ou la langue mais de la victimisation. À cette époque, le Census Bureau, qui n’était pas alors acquis à l’opportunité de créer un large groupe ethnique hispanique, défendait l’assimilation et était satisfait des catégories objectives (pays de naissance et celui des parents), que le directeur de La Raza voulait voir disparaître. Finalement la bureaucratie jeta l’éponge et céda en 1977. Les catégories impératives pour l’application des droits civiques à tous les niveaux du gouvernement dont l’Equal Employment Opportunity Commision (EEOC) furent: Blancs, Noirs, Hispaniques, Asiatiques, Indiens et natifs d’Alaska.

(…)

Le paradoxe asiatique

C’est Yuji Ichiola, un étudiant marxiste diplômé de Berkeley qui créa l’expression “Asian-American” en 1966 et fonda l’Asian American Political Alliance (AAPA) qui joua un rôle fondamental dans la création d’un groupe panasiatique. Tous ceux qui cherchèrent à créer un collectif panethnique asiatique dans les années 1960 étaient des marxistes durs endoctrinés par les Black Panthers. Regrouper les Chinois, Japonais, Coréens… rejoints plus tard par les Indiens et les Pakistanais, suit la même logique que la création des Hispaniques: fabriquer une base permettant de réclamer une restitution pour les injustices passées. Les activistes chinois, les Red Gards, eux-aussi se comparèrent aux Noirs afin de créer une identité asiatique-américaine rejetant l’assimilation et de consolider un groupe racial. À Berkeley, Lilian Fabros, une activiste du Front de libération du Tiers Monde, joua un rôle crucial dans l’introduction de la catégorie Asian dans le recensement et fut membre fondateur du Advisory Committee on Asian and Pacific American Population pour le recensement de 1980.

Les Asiatiques-Américains ne forment pas non plus un groupe homogène. La nouvelle génération de Chinois et d’Indiens (citoyens de l’Inde), qui constitue le gros des troupes, s’est volontiers assimilée et les plus éduqués d’entre eux se joignent volontiers à l’élite «woke» dans le «white bashing», ce qui leur donne l’impression d’en être. Mais l’affirmative action a créé une incitation à s’organiser en groupe panasiatique. Les Indiens, qui avaient peur d’être assimilés à des Noirs ou à des Hispaniques, voulaient le beurre et l’argent du beurre: être classés comme une minorité, sans se voir accolé le bas statut social d’un groupe indésirable, alors qu’ils détiennent le plus haut revenu médian par ménage, double du revenu médian de l’ensemble des ménages américains.

Mais c’est maintenant que la farce tourne au tragique, au moins pour les enfants d’origine chinoise, coréenne et indienne. Leur succès scolaire les désavantage alors que leurs parents ont réussi grâce à leurs efforts personnels et leurs usages culturels. Et Harvard pratique aujourd’hui avec eux plus ou moins ce qu’il faisait avec les Juifs dans les années 1920. Mais, en 2017, un groupe d’étudiants asiatiques a porté plainte via l’association SFFA (Students for Fair Admission). Ils ont fait appel après que le tribunal de Boston a donné raison à Harvard, considérant qu’Harvard ne cherchait pas intentionnellement à donner un avantage à d’autres groupes et que, de toute façon, c’était provisoire pour obtenir la diversité sur le campus.

(…)

Échec de justesse de la création de la catégorie MENA (Middle-East and North Africa)

Deux mois avant la présidentielle de 2016, l’Office of Management and Budget (OMB) proposa de créer, pour le recensement de 2020, une nouvelle catégorie ethnique regroupant Arabes et Perses, pourtant catégorisés comme Blancs depuis 1909, et de faire des Hispaniques/Latinos un groupe racial. Les descendants d’origine arabe ou perse ont pourtant plutôt bien réussi et ne demandent rien de tel. Mais, pour les activistes, c’est un enjeu de pouvoir politique que l’assimilation contrarie.

Linda Sarsour [activiste américaine, ancienne directrice de l’Arab American Association of New York,NDLR] était opposée à ce qu’on puisse se déclarer MENA (Middle East and North Africa) et Blanc en même temps, car cela nuirait à l’attribution de fonds publics spécifiques. Mais la réunion de l’Office of Management and Budget montra qu’il n’y avait pas que des coureurs de subventions et de places, mais aussi des professeurs de la théorie critique et des études identitaristes dont le but premier était de transformer l’Amérique et de détruire toute perspective de melting pot. Linda Sarsour et d’autres voulaient «déblanchir» deux millions d’Américains, au nom d’une idéologie qui encourage la dépendance aux subventions gouvernementales.

Roberto Ramirez, directeur du Census Bureau, était plutôt favorable à cette innovation déclarant que, certes l’identité MENA n’existait pas encore, mais que rien n’existait avant d’avoir été créé. Finalement, il fit marche arrière en 2018.

Mais succès pour faire des femmes une classe d’opprimés

C’est aussi une élite néo-marxiste et postmoderniste cherchant à transformer l’Amérique qui milita, derrière Kate Millet, pour faire des femmes une classe opprimée. Pour Millet et ses adeptes, les femmes n’étaient pas seulement une classe opprimée, mais LA classe opprimée dans la guerre des classes. Millet créa en 1966 la NOW (National Organization for Women) visant l’élimination des discriminations et ne se priva pas de dresser des analogies avec les Noirs et les autres catégories officielles. La NOW obtint en 1971 que les femmes fussent ajoutées à la liste des minorités nécessitant une action. Elle gagna, comme les autres (La Raza…), avec peu de membres et peu de connexions avec la base.

Mais la 3ème vague féministe qui arrive avec les années Clinton va remettre en cause les acquis en contestant l’existence même d’un sexe biologique. L’idée que le sexe et le genre sont des constructions sociales ont miné l’idée d’une identité féminine. L’addition, dans certaines villes, des entreprises dirigées par des LGBTQ au Supplier Diversity Program, réduit les avantages qui revenaient aux autres. Le discours selon lequel tout est socialement construit a mis les femmes dans une position difficile, notamment sur la chirurgie du changement de sexe. Judith Butler y est par exemple opposée parce que cette chirurgie suppose un optimum du corps. Idem pour le mariage homosexuel qui conforterait l’hétéronormativité. Comme la nécessité de faire la révolution est toujours là, Mike Gonzalez s’attend à ce que le prochain combat porte sur le polyamour.

Les fondations marxistes des politiques identitaristes

Les penseurs qui ont théorisé la manière de prendre le pouvoir subrepticement par des moyens culturels proviennent des deux pays dans lesquels la révolution marxiste a échoué et qui se sont tournés vers le fascisme. La notion gramscienne d’hégémonie culturelle a été essentielle à la progression de la gauche américaine. Si la lutte des classes est internationale, elle doit prendre des déguisements nationaux pour renverser tout le système occidental. L’École de Francfort a attiré des psychanalystes tels qu’Eric Fromm et Willhem Reich et opéré une synthèse entre le marxisme et le freudisme. Nombre de ses membres quittèrent l’Allemagne nazie pour l’Amérique et leur influence se fit sentir dès les années 1940, notamment via l’industrie du cinéma. Ils montrèrent un mépris pour l’Américain moyen qui rappelle celui des élites urbaines et académiques d’aujourd’hui pour l’Amérique profonde.

Contrairement à beaucoup d’autres, Marcuse, l’ancien assistant de Max Horkheimer, est resté aux États-Unis après la guerre, pendant laquelle il avait fait un court passage à l’OSS, et a enseigné dans diverses universités (Harvard, Columbia, Californie…). Il devint, dans les années 1950 et 1960, «le gourou de la nouvelle gauche». L’Homme unidimensionnel (1964) s’est vendu à 100 000 exemplaires en 5 ans aux Etats-Unis. L’influence de Marcuse sur les étudiants se retrouve chez les enseignants d’aujourd’hui. Sa protégée, Angela Davis, qui fit de la prison au début des années 1970 pour son rôle dans le meurtre d’un juge et reçut le prix Lénine de l’Allemagne de l’Est, est aujourd’hui un professeur émérite de l’Université de Californie Santa Cruz. Elle reste un guide pour des milliers d’Américains.

Les postmodernistes des années 1970 et 1980 partagent beaucoup de dogmes avec l’École de Francfort, mais dans un langage un peu différent. En 1998, Alan Sokal et Jean Bricmont définissaient le postmodernisme comme «un courant intellectuel caractérisé par un rejet plus ou moins explicite de la tradition rationaliste des Lumières, par des discours théoriques déconnectés de tout empirisme et par un relativisme cognitif et culturel qui ne voit dans la science qu’une “narration”, un mythe” ou une construction sociale parmi d’autres» (p. 144). Kimberlé Crenshaw, avec son concept d’intersectionnalité, peut se féliciter d’avoir porter le postmodernisme de la théorie à la pratique.

Pour Mike Gonzalez, l’implication communiste ne fait aucun doute, comme en témoignent les propos de Robert Shrank, ancien communiste et responsable du programme de la Fondation Ford dans les années 1970 et 1980, selon lesquels la Fondation était mue par un anticapitalisme tenu secret. De même, Saul Alinski déclara dans Playboy en 1972: «celui qui vous dit qu’il était engagé dans les causes progressistes de cette époque et n’a jamais travaillé avec les rouges est un sacré menteur» (p. 149).

(…)

Mike Gonzalez voit dans cette victimisation généralisée, non seulement un grand malheur pour l’éducation des enfants, mais aussi une justification pratique à une intervention toujours plus grande de l’État, au détriment des droits. On retrouve ici la thèse de Christopher Caldwell. Ainsi, la Constitution, pointilleuse sur les clauses d’égalité de traitement, doit être ignorée parce que le racisme est structurel [selon les partisans de ces thèses] (…)

Autre droit mis à mal, le droit de propriété, marotte des marxistes. Mais c’est le concept même de droits qui est attaqué. Le déni des droits naturels qui fondent le pays n’est pas qu’une question théorique, écrit Mike Gonzalez. Il a des conséquences dans la vie réelle réduisant la liberté individuelle, notamment sur les campus où les idées conservatrices sont éliminées. (…)

13 Juin 2021


[Compte-rendu] Le Cheval Rouge, Eugenio Corti – par Pierre Rigoulot

Qu’on nous permette, dans un blog d’actualité, de parler du Cheval rouge d’Eugenio Corti, un livre de près de 40 ans. Il fut publié en Italie en 1983. Les éditions L’Age d’homme en proposaient une version française en 1996. Puis plus rien, si ce n’est la disparition de l’Âge d’homme. C’est seulement en 2019 que les éditions suisses Noir sur Blanc, dirigées par Vera Michalski, ont proposé une nouvelle édition de ce pavé. Un pavé en effet, de 1400 pages mais surtout un pavé dans notre mare mémorielle. C’est une lecture nouvelle de la dernière guerre que propose aux Français le lanceur du pavé, Eugenio Corti ; le prisme italien décentre le récit sur la Grèce, l’Albanie, la Libye, plus que l’Angleterre ou la France, et même sur le « front de l’Est », non pour quelques centaines de Waffen SS français au destin marginal, mais bien pour des centaines de milliers de soldats envoyés par le Duce aux côtés des forces allemandes, roumaines, espagnoles et croates.

Photo Vanda Corti ©

Il y eut aussi en Italie des volontaires qui, comme l’auteur, s’interrogeaient sur ce que pouvait être une société sans Dieu et voulurent la voir de plus près. Ils la virent, de très près et même de trop près. Les combats furent terribles. Les souffrances inouïes. Les dizaines de milliers d’Italiens faits prisonniers par les Soviétiques purent voir concrètement, de leurs yeux, l’inhumanité du régime soviétique, sa cruauté, l’inefficacité de sa bureaucratie dès lors qu’il s’agissait de faire vivre convenablement des individus. Le lecteur ne sort pas indemne de ces scènes de cannibalisme ou d’exécutions en série. Le Cheval rouge est une des figures de l’Apocalypse de Saint-Jean, et en effet, quelque chose comme la mise à mort d’un monde ancien, antérieur à l’Union soviétique, est donné à voir…Mais les Italiens purent voir aussi sur place les flammèches de la Résistance au totalitarisme : le sens de la fraternité parmi les paysannes, par exemple, et le sens de la beauté parmi les intellectuels. L’Apocalypse, n’est pas seulement terrible. C’est le salut qui s’annonce. Le livre d’Eugenio Corti, qui parcourt l’avant-guerre mussolinienne et la reconstruction économique et politique de l’après-guerre, est aussi le livre de l’Espérance, de l’Amour, dont on peut croire qu’il pourra triompher, et du Respect des Individus. La foi de Corti en un ordre voulu par Dieu et en des valeurs sacrées s’oppose à la pantomime des fascistes et au Mal absolu que véhiculent les nazis et les communistes, quelle que soit les fables dont ils se gargarisent.

Le Cheval rouge n’est pourtant pas un roman didactique et simple. Il touche à l’attachement amical, familial, régional. Il touche à la psychologie des hommes et des femmes, à leur fragilité, à leurs dépendances comme à leur liberté. La vie dans sa complexité est toujours présente dans cette vaste fresque, la vie où s’incarnent le Bien et le Mal dans des figures, des partis, des projets politiques et même économiques. Eugenio Corti n’a sans doute pas le lyrisme de Tolstoi. Et pourtant le lecteur n’est pas choqué par la comparaison faite de son livre avec Guerre et Paix. Il y a même dans la défense de la vision chrétienne du monde par Corti un sens des nuances et une conscience des difficultés de son incarnation, que Tolstoi avait réglés dans ses dernières oeuvres de manière ô combien plus simpliste. Le Mal, Corti le désigne et l’affronte. Le Bien, plus difficile à cerner, il nous le fait seulement sentir, dans un contexte qui n’échappe jamais tout à fait à l’imperfection et à la tragédie.

Tout le monde comprend aujourd’hui qu’il est aussi question, tout au long de ce roman, des démocraties libérales et du danger totalitaire qui les menacent. L’ouvrage a beau avoir quarante ans : il est d’une totale actualité.

Pierre Rigoulot

10 Juin 2021


Un excellent article du Point : Comment naît une dictature sanguinaire?

Nous remercions notre ami Pierre Druez, de Bruxelles, d’avoir attiré notre attention sur un article remarquable touchant à la Chine, à la Révolution culturelle et plus largement au totalitarisme communiste.

Il a été écrit par David Adler, un écrivain américain du Connecticut, pour Quillette, un journal australien en ligne qui promeut le libre-échange d’idées sur de nombreux sujets.Le Pointpubliechaque semaine la traduction d’un article paru dansQuillette qui rappelle cette fois quel remarquable analyste de la politique chinoise et en particulier de la « Révolution culturelle » fut Simon Leys (1935-2014) pourtant à moitié blacklisté à Parisdans les années 1960/1970 « pour la franchise de sa dénonciation du maoïsme et ses cinglantes critiques d’admirateurs français du Grand Timonier,à l’instar de Roland Barthes.« 

Conscients de ce que quelques extraits ne suffisent pas à rendre compte de la richesse de cet article, nous renvoyons avec insistance nos lecteurs à la lecture du Point et attendons avec impatience leurs réactions, notamment sur ce qui est affirmé de l’idéologie totalitaire.

H&L

« Ce que nous apporte Leys dans la compréhension de la Révolution culturelle, c’est de nous exposer qu’elle n’a pas tant été un événement spontané que le résultat d’un bras de fer entre Mao et le Comité central, où se trouvait Deng Xiaoping. Des années auparavant, le « Grand Bond en avant » de Mao s’était soldé par une famine dévastatrice, avec un bilan estimé entre 30 et 45 millions de morts. En réaction, Deng et le Comité central allaient obliger Mao à jouer un rôle essentiellement protocolaire, ou, selon l’expression chinoise, à « aller se reposer dans une voie de garage ». La révolution culturelle fut l’instrument de la vengeance de Mao. Au milieu du chaos qui s’ensuivit et du massacre de ses opposants par les Gardes rouges, Mao put reprendre le pouvoir ».

La lutte des classes était évidemment au cœur du maoïsme, mais Leys la qualifie de « grande mystification ». Si la chasse à la bourgeoisie occupait toute l’attention, il n’y avait plus de véritable bourgeoisie en Chine, dont la société ne comptait plus que le Parti et le Peuple. La bourgeoisie, race « pratiquement éteinte », écrit Leys, devait être inventée. Pour ce faire, la classe dirigeante est une bonne source d’approvisionnement, tant elle est « déchirée en permanence par une impitoyable lutte pour le pouvoir ; la clique victorieuse abandonne chaque fois ses collègues malchanceux à la fureur populaire, après les avoir préalablement affublés d’une identité “bourgeoise-capitaliste”. Elle fait ainsi d’une pierre deux coups: elle se débarrasse de ses rivaux, et elle fournit un exutoire au mécontentement des masses ». 

« La compréhension par Leys de la dynamique du régime lui est venue de ses propres observations, mais aussi des écrits de Laszlo Ladany, père jésuite hongrois et sinologue basé à Hong Kong. Dans la recension d’un livre de Ladany pour la New York Review of Books en 1990, Leys écrit : «Un régime communiste est construit sur une triple fondation : la dialectique, le pouvoir du parti et la police secrète, mais dans son appareillage idéologique, le marxisme n’est qu’une option ». Pourtant, Mao ajoute une innovation théorique, prise très au sérieux par Leys : Mao a explicitement vilipendé le concept d’une humanité universelle ; là où le tyran soviétique n’a fait que mettre l’inhumanité en pratique, Mao lui a donné un fondement théorique, en énonçant l’idée – sans équivalent dans aucun autre pays communiste au monde – que seul le prolétariat serait en pleine possession de la nature humaine.

1 er commentaire :

Ce texte est passionnant et éclairant de bout en bout

je me permets juste de contester le privilège accordé à Mao d’avoir théorisé le refus d’une humanité universelle.

Reste que Mao ajoute une innovation théorique, prise très au sérieux par Leys: Mao a explicitement vilipendé le concept d’une humanité universelle; là où le tyran soviétique n’a fait que mettre l’inhumanité en pratique, Mao lui a donné un fondement théorique, en énonçant l’idée – sans équivalent dans aucun autre pays communiste au monde – que seul le prolétariat serait en pleine possession de la nature humaine.”

Le délit récent, de crime contre l’humanité, désigne le comportement et la croyance qu’il n’existe pas une humanité universelle incluant d’une façon inconditionnelle tous les êtres humains.

On sait que le refus de l’universalité du genre humain fut affirmé par le nazisme, qui traitait ses ennemis en nuisibles, comme le faisait aussi le système communiste lors des grands procès.

Quant à Marx, son acte inaugural ( on pourrait presque parler de son péché originel) fut de faire disparaître la devise universaliste de la Ligue des Justes « Tous les hommes sont frères« , par l’appel à la lutte sans merci et sans la moindre considération humaine des prolétaires contre les bourgeois, sans trace que ces deux camps appartiendraient en quoi que ce soit à la même humanité.

On trouvait déjà dans les articles antérieurs de Marx l’affirmation selon laquelle le prolétariat, parce qu’il est privé de toute humanité, est le seul à représenter entièrement l’humanité à venir.

Le manichéisme absolu qui caractérise l’idée marxiste de la lutte des classes ne laisse rien de commun entre les ennemis.

Cette idée d’une humanité universelle n’a d’ailleurs rien d’un postulat universellement admis, pas plus que ne le sont les droits de l’homme présents dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

L’universalité de l’espèce humaine, et l’existence d’un Droit naturel, sacré et inviolable, qui en découle, est une conviction fragile.

André Senik

2e commentaire :

Merci cher André pour ton rappel, très pertinent et très utile, quant aux antériorités  : Marx précéda Hitler et Staline, Hitler et Staline précédèrent Mao.

Ce qui m’intéresse dans la démarche de Leys, c’est son insistance sur le fait que le modèle totalitaire peut servir à toutes sortes d’idéologies prégnantes.

Pour ma part, ma conviction est que, après la mort de Mao, le PCC de Deng a, sans l’avouer, discrètement et progressivement, basculé de l’idéologie marxiste-léniniste à une toute autre idéologie, le nationalisme-antidémocratisme. Et que cela n’a pas perturbé la permanence du régime totalitaire maintenu par le PCC. Le basculement d’idéologie n’a pas fait de remous importants dans le PCC et il n’a pas non plus suscité de réaction significative de la population chinoise qui semble s’être contentée d’enregistrer que le Parti lui remplaçait un manuel de catéchisme par un autre.

Au total, un régime totalitaire a besoin d’une idéologie, il n’est pas emprisonné par son idéologie initiale.

Dominique Duel

3e commentaire :

André dit : « Je me permets juste de contester le privilège accordé à Mao d’avoir théorisé le refus d’une humanité universelle. »

J’ai eu la même réaction.

Il dit aussi : « Le manichéisme absolu qui caractérise l’idée marxiste de la lutte des classes ne laisse rien de commun entre les ennemis. »

Je plussoie.

On ne peut accepter le totalitarisme, le pouvoir total de certains sur les autres que via une dichotomie fondamentale. C’est pire que du manichéisme. Les mauvais ne sont pas que mauvais. Ils sont déshumanisés. Et même moins que des animaux ou des objets envers lesquels on peut éprouver, à la rigueur, des sentiment « humains ».

Ce ne doit JAMAIS  être le cas envers les ennemis « de classe ».  La compassion, la pitié, la charité et la bonté ne sont que des « sentiments petits-bourgeois » à prohiber.

Les Khmers rouges sont exemplaires à cet égard. Avant d’être conditionnés par l’idéologie, la plupart étaient des gens normaux. Ponchaud (relisez sonCambodge année zéro) a ainsi vu des adolescents gentils et sensibles métamorphosés en machines à tuer sans état d’âme.

J’ai entendu d’anciens tortionnaires khmers rouges ne pas manifester la moindre culpabilité : leurs victimes, à leur yeux, n’étaient pas des gens, c’était des « réactionnaires  » etc. , au mieux, des pourritures à éliminer, des insectes nuisibles, les épurations successives sont des campagnes de désinfection.  

Un ennemi de classe n’est pas une personne.

Si les ennemis de classe n’existent pas on les invente, comme les paysans riches dans les zones occupées par Mao avant 1949. Les moins pauvres étaient érigés en ennemis de classe à éradiquer. Les autres étaient incités à les haïr, à applaudir ou à participer à leurs supplices.

Pour tout un chacun, rien n’est plus motivant que de disposer de supports de projection sur lesquels on se débarrasse de tout ce qu’on ne supporte pas,  ou mal,  en nous et qu’on dénie naturellement dans les sociétés civilisées, comme les pulsions de meurtre par exemple !

En éliminant les personnes désignées comme ennemis de classe on peut avoir  réellement l’impression de se purifier et de participer à la purification de l’humanité et à la progression de sa marche vers l’avenir radieux.

En ce qui concerne la Chine, et d’après mes informations, certes lacunaires, le marxisme, avec Xi, y est plus enseigné que jamais . Tous les membres du Parti subissent une formation continue et, régulièrement, il sont soumis à des contrôles quant à la correction de leur pensée marxiste-léniniste à la sauce Mao et Xi. 

Il n’y a pas, je crois,  basculement d’idéologie, il n’y a qu’adaptation du marxisme-léninisme aux temps nouveaux.

Par ailleurs mettre nazisme et communisme sur le même plan dans le pot totalitaire commun me semble et m’a toujours semblé abusif.

Les régimes communistes malgré leurs différences et leurs évolutions sont toujours fondés sur l’idéologie marxiste délirante et pathogène appliquée par un Parti-Etat structuré hiérarchiquement rigoureusement et disposant sur les gens d’une concentration de pouvoirs sans équivalent dans l’Histoire. 

Le nazisme n’a sévi que dans un seul pays dans un contexte historique très particulier et pendant seulement 6 ans de paix et 6 ans de guerre. Il a été définitivement éradiqué en 1945. 

Le nazisme est toujours, presque partout, quotidiennement, érigé en incarnation du mal. Le communisme sévit depuis 1917, a généré plus de dégâts humains et  plus de victimes que l’addition du nazisme, du fascisme et des deux guerres mondiales ; et il fait tous les jours de nouveaux ravages. Tout cela est encore sous-enseigné, sous-médiatisé, et même souvent nié.

La surreprésentation du nazisme en tant que mal absolu dans l’enseignement, les médias et les productions culturelles n’est pas innocente de la part de ceux qui haïssent la démocratie sociale-libérale, affublée de l’étiquette capitaliste ; même quand ils ne sont pas marxistes, les haineux viscéraux  ont besoin de supports de projection coupables des inégalités, injustices, violences et dont l’élimination serait censée apporter paix, égalité, fraternité et paradis terrestre !

Cette illusion résulte aussi d’une ignorance de l’histoire factuelle globale et du refus ou rejet de  la nature humaine avec toutes ses composantes – inéliminables sauf à éliminer l’humain lui-même !

Le communisme est beaucoup  plus totalitaire que  ne le fut le nazisme. C’est la vie de chacun dans tous ses aspects qui est malmenée. Il existait des libertés de circulation, d’information, d’expression,  d’association, de création, … , en régime nazi impensables dans le moins répressif des régimes communistes. Si on y était ni opposant politique, ni membre d’une minorité persécutée ou assassinée, on pouvait y mener une vie normale, ce qui est impossible en régime communiste

En ce qui concerne l’article, bravo! C’est une synthèse quasi parfaite et en sus au style clair et agréable !

Je ne trouve vraiment rien à critiquer, … et pourtant je cherche toujours à critiquer !

Pierre Druez

(crédit photo: Mao Zedong in 1959 (cropped) – Search results for « mao » – Wikimedia Commons)

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10 Juin 2021