Patrice Renaut-Sablonière vient de s’éteindre. Il avait eu un grave problème cérébral et son état avait progressivement empiré.

Nous avons eu du mal à intégrer cette affreuse nouvelle tant il était si actif et souriant.

Patrice avait été l’un des animateurs de la Société  Internationale pour les droits de l’homme et apportait avec fidélité son soutien aux initiatives, réunions et colloques de l’Institut d’histoire sociale. Ces deux vies associatives lui paraissaient avec raison compatibles. La défense des droits de l’homme qu’il prônait supposait en effet une analyse préalable des régimes politiques concernés et il ne confondait pas comme d’autres, ayant pignon sur rue, les malheurs d’un objecteur de conscience suisse et ceux d’un membre de Mémorial traqué par la police de Poutine.

Patrice ouvrait avec générosité sa porte et nos rencontres avaient, tout particulièrement grâce à lui, une allure amicale et presque fraternelle. Quand la discussion tournait à l’aigre, il cherchait à apaiser les passions et poussaient à reprendre autrement le débat.

C’était aussi un homme discret, voire secret. Il voyageait beaucoup, jusqu’à ces dernières années, en Afrique…

Nos condoléances vont évidemment en premier lieu à sa femme et à ses enfants

H&L

13 Août 2022


Les deux vainqueurs des élections : le populisme et l’extrémisme ?

Nous avons le grand plaisir de publier un extrait du discours du Sénateur Claude Malhuret, discours prononcé après la déclaration de politique générale d’Elizabeth Borne devant l’Assemblée nationale; discours remarquable, tant par la forme que par le fond.

H&L

“Depuis le 19 juin, tout le monde proclame sa victoire avec un art admirable de l’auto-persuasion. Les uns ont gagné parce qu’ils n’ont pas perdu, les autres ont gagné bien qu’ils aient perdu, d’autres enfin croient avoir gagné parce qu’ils n’ont pas compris qu’ils avaient perdu. On connaissait les victoires à la Pyrrhus, il y a maintenant les défaites gagnantes.

La vérité est beaucoup plus simple, et brutale et je m’étonne que personne n’en ait parlé jusqu’ici : les deux vrais vainqueurs de ces élections sont le populisme et l’extrémisme. On en a vu les premiers résultats dès cet après-midi et le déplorable spectacle à l’Assemblée nationale.

Lorsqu’au premier tour de la présidentielle les extrêmes recueillent 57% des suffrages, lorsque les uns multiplient le nombre de leurs députés par 5 et les autres par 10, c’est une gifle pour tous les partis démocratiques. Tous.

Il y a cinq ans la France était citée en exemple. Elle échappait à la vague de populisme qui frappe les démocraties et qui a donné Trump, Bolsonaro, le Brexit, Orban et quelques autres. Aujourd’hui elle est rattrapée par la patrouille.

Elle ne doit son salut provisoire qu’à une particularité historique. Alors qu’ailleurs le populisme n’est que d’extrême droite, chez nous où l’école apprend aux élèves à adorer Camille Desmoulins et à préférer Robespierre à Tocqueville, il est coupé en deux, ce qui l’empêche d’arriver au pouvoir. Pour le moment.

Mais les extrêmes sont moins éloignés qu’on ne le pense. Ce qui les rapproche est bien plus fort que ce qui les sépare : la haine de l’Europe et de l’OTAN, l’anti-américanisme, Assad, Poutine, l’Ukraine, les retraites, les programmes économiques délirants, le complotisme, le soutien aux antivax et les fake news, la posture tribunicienne, l’obsession du soupçon et de la dénonciation.

Ce qui les sépare : leurs histoires respectives et leurs chefs qui se détestent. Certains croient leur hybridation impossible.  Elle gagne chaque jour du terrain. Regardez les transfuges, les militants qui se font des clins d’œil, les reports massifs du deuxième tour des législatives. Et il y a chaque jour un peu moins de différence entre la xénophobie des uns et le racialisme des autres qui hiérarchise les gens selon leur degré de mélanine. Est-ce qu’il y a quelqu’un ici qui croit que Taha Bouhafs ou Danielle Obono, l’amie de l’antisémite Corbyn, sont anti-racistes ?

Aujourd’hui, au-delà des apparences électorales, la France voit s’affronter un pôle européen et républicain et un pôle populiste et nationaliste, le lepéno-mélenchonisme. Ce sont les jumeaux de la ruine. Qui peut affirmer que nous n’assisterons pas demain, comme en Italie, au regroupement des ZADistes et des fachos – fâchés ou pas –, au profit de celui qui aura terrassé l’autre.

Car ce qui les sépare c’est aussi la stratégie. Pour les mélenchonistes la tenaille du chaos à l’Assemblée et du chaos dans la rue. Pour les lepénistes la respectabilité au service d’un objectif : après le chaos, nous.

À ma gauche le général Tapioca du Vieux Port, chauffé à blanc par des résultats qu’il surestime, ressort son marxisme archi-trépassé, son keynésianisme pour cour de récré : on augmente les dépenses de 250 milliards et hop, ça en ramène 267. Dans une exaltation qui lui donne plus que jamais l’air de parler depuis le sommet d’une barricade, l’expert en nigologie depuis le trotskisme de sa jeunesse jusqu’au soutien inconditionnel à Poutine, a ressorti le programme commun du frigo et l’a imposé au reste de la gauche. Avec en prime l’entrée de la France dans l’alliance bolivarienne. C’est un peu la Yvette Horner de la politique. Son blog comporte une liste de 180 thèmes rangés par mots clés. Démocratie n’y figure pas.

Avec l’effarant appui de pas mal de médias prosternés comme des lapins dans les phares, il s’est décrété Premier Ministre. Le plus cocasse est que certains l’ont cru. Après tout dans l’Empire romain on a bien nommé un cheval Consul.

À ma droite, l’héritière du château de Montretout, que ça n’empêche pas de parler au nom du peuple, a une stratégie plus intelligente, donc plus dangereuse. Oublié le père Le Pen qui n’a réussi, par ses outrances, qu’à devenir le Maréchal Pétrin. Depuis deux mois le mot d’ordre, c’est : pas de vague. C’est bien simple, maintenant quand elle passe à la télé, sourire jusqu’aux oreilles, dents blanches, haleine fraîche et tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, on croirait voir Lecanuet. Plus les républicains expliquent qu’ils sont dans l’opposition, plus elle sous-entend qu’elle n’exclut pas de faire une fleur au Gouvernement. Elle demande maintenant de siéger au centre de l’hémicycle et fait prendre des cours de maintien à ses troupes. Attention à ce contrepied. Ce pourrait bien être le baiser qui tue pour la majorité ou la droite républicaine. Ça n’a pas échappé aux insoumis, qui dénoncent déjà avec des cris d’orfraie une collusion qui n’existe pas.

Ces deux extrémismes sont dangereux et nous imposent trois responsabilités. La première est d’éviter de leur courir après. Parce que l’une des choses les plus tristes dans ces élections c’est d’avoir vu des bataillons entiers des républicains de droite et de gauche emboîter le pas aux extrémistes.

Quand, dans tant de départements, des responsables de la droite républicaine refusent de suivre l’exemple du Président du Sénat et d’appeler comme lui à voter le 19 juin pour les candidats démocrates contre les extrêmes, il y a un problème. Quand un candidat à la primaire présidentielle annonce qu’il voterait Zemmour au deuxième tour contre Macron, il y a un problème.

Mais le plus navrant c’est le naufrage d’une grande partie de la gauche. Après la défaite de 2017 le PS avait vendu son siège, en 2022 il a vendu son âme. Adepte du « plus c’est gros, plus ça marche », le mal nommé Olivier Faure ose comparer l’alliance avec LFI au Front populaire en faisant semblant de ne pas voir l’éléphant dans la pièce : le Front populaire était dirigé par la gauche de gouvernement, pas par le projet insensé des insoumis. Le plus stupéfiant c’est que les nouveaux pacsés s’entendent à peu près comme des chats dans un sac. Totalement opposés sur l’Europe et l’OTAN, sur le nucléaire, sur la loi El Khomri, sur la retraite à 60 ans, sur la VIème République, ils ne sont d’accord sur rien.

Cazeneuve, Delga, Cambadélis et beaucoup d’autres l’ont bien compris : c’est l’identité des socialistes depuis le congrès de Tours qui disparaît quand on passe de Léon Blum à Léon Trotski. C’est la victoire posthume de Guesde sur Jaurès. « Ça sent l’histoire ! » disait Mélenchon avec sa modestie habituelle au lendemain de l’accord. Moi je trouve plutôt que, comme disait Edouard Herriot, ça sent l’andouillette pour parler poliment.

La deuxième responsabilité des démocrates, c’est de comprendre les raisons du vote populiste et les moyens de le dégonfler. Continuer de prétendre que les problèmes qui nourrissent cette vague n’existent pas, refuser depuis trente ans de s’interroger sur ce qui se passe est un vrai danger pour la démocratie. Le danger d’avancer avec un bandeau sur les yeux.

La troisième responsabilité des démocrates, c’est de réussir. Gouverner avec une majorité relative est un défi. S’opposer aussi. Nous savons déjà que la coalition ou le pacte de gouvernement n’auront pas lieu. Ne reste donc que la méthode du cas par cas. Elle impose de changer les habitudes : un Gouvernement qui propose au lieu d’imposer, une opposition qui compose au lieu d’empêcher.

Majorité et opposition républicaines sont condamnées à se supporter. Ne pas y parvenir serait la recette infaillible de l’impuissance face à la crise économique et aux défis sociaux qui s’annoncent. Ne pas y parvenir n’entraînerait pas la prochaine fois la victoire d’une famille contre l’autre, mais la défaite de tous face aux populistes. Il paraît que la culture du compromis n’existe pas en France. Il va bien pourtant falloir s’y résoudre.

Autant dire, Madame la Première Ministre, qu’en entrant à Matignon vous avez accepté un nouveau job, celui de démineuse en chef. Même si sa majorité vous est opposée, la tâche ne me paraît pas impossible au Sénat. Elle suppose un respect réciproque, ça tombe bien, c’est la tradition de la maison.”

Claude Malhuret a été Président de Médecins sans frontières. Longtemps Maire de Vichy, il fut député européen et Secrétaire d’État chargé des Droits de l’homme. Sénateur depuis 2014, il préside le groupe « Les Indépendants – République et territoires » (LIRT) au Sénat. Depuis décembre 2021, il a rejoint « Horizons » et Édouard Philippe.

(crédit photo: ClarisseBuchot, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Claude_Malhuret,pr%C3%A9sident_du_groupe_Les_Ind%C3%A9pendants-_S%C3%A9nat.jpg)

14 Juil 2022


Soirée-débat organisée par Desk Russie, le 26 mai, de 18 h 30 à 20 h 15, avec l’historienne Françoise Thom et le géopoliticien Jean-Sylvestre Mongrenier. Modération : Galia Ackerman.


L’éveil de l’Occident et la contre-propagande russe : le cas de l’Ukraine

Théâtre du Nord-Ouest, 13, rue du Fg Montmartre, Paris

Le 26 mai de 18.30 à 20.30

Inscription auprès de Galia Ackerman

24 Mai 2022


RDV mercredi 9 mars 2022, Café du Pont-Neuf

Chers amis,

Nous étions convenus au cours de notre rencontre du 25 janvier dernier de mettre en chantier plusieurs projets, certains lointains, comme un colloque sur l’Ecole et son rôle dans la familiarisation et l’acceptation des valeurs démocratiques par les enfants de l’immigration, et d’autres plus proches comme un colloque sur la Chine. 

Pour clarifier ce dernier projet, nous avons décidé de nous revoir et d’échanger nos opinions sur la nature du régime politique en place à Pékin, sur le type de menace qu’il représente  pour les démocraties libérales et sur ce que nous pouvons apporter dans ce domaine.

Nous avons demandé à notre ami Antoine Brunet de « lancer «  cette discussion en tentant de répondre à la question : La Chine est-elle encore un pays communiste ?

Toute autre proposition, liée ou non à l’actualité et aux thèmes de la campagne présidentielle sera la bienvenue.

Rendez-vous, donc, au Café du Pont-neuf  (14  quai du Louvre, Paris Ier) le mercredi 9 mars à 18h

Pour Les amis d’Histoire et Liberté (Institut d’Histoire sociale)

Pierre Rigoulot

19 Fév 2022


POUR UNE CONTRE-HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION CUBAINE

Les ouvrages sur Cuba que contient la Souvarine, la Bibliothèque d’histoire sociale de Nanterre, au 4 de l’avenue Benoît Frachon, sont fondamentaux pour plusieurs raisons. D’abord pour leur quantité considérable : près d’un millier dont plus de cinq cents provenant de la donation d’une partie de ma bibliothèque personnelle. Ensuite par leur originalité : il s’agit en effet, pour la plupart, d’ouvrages publiés par des écrivains en exil et des témoins de la répression exercée par Fidel et Raúl Castro au cours de plus de six décennies, depuis 1959. Ce sont des œuvres, parfois confidentielles, qui, par leur portée documentaire, peuvent contribuer à dresser une contre-histoire de la révolution cubaine.

En effet, le castrisme a réussi à propager ses vérités soi-disant indiscutables, auprès des intellectuels, des universitaires ou des journalistes complaisants du monde entier, à quelques rares exceptions près. Des événements de portée mondiale, comme la prise de pouvoir par Castro, la baie des Cochons, la crise des missiles et bien d’autres sont analysés à partir des sources officielles, toujours biaisées. Sans négliger ces dernières, publiées en plusieurs langues, qui figurent également dans ce fonds, les récits des protagonistes peuvent et doivent donner à voir une autre vision des événements.

Ces récits, en grand nombre, ont souvent été écrits par des victimes du régime, qui ont passé près de vingt ans derrière les barreaux. Ce qui surprend, c’est leur capacité à dire les conditions de vie dans les prisons, leurs souffrances et leurs espérances, parfois de manière étrangement poétique. Chacun de ces livres est une accusation contre les injustices commises à cause du silence de l’opinion publique internationale et avec la complicité de grandes consciences de renommée mondiale.

Les cris de ces combattants pour la liberté peuvent servir à éveiller d’autres points de vue sur un pays vu comme un exemple d’humanisme révolutionnaire. Cette documentation a aussi pour objectif d’en finir avec les mythes tissés autour de personnages comme Castro ou Che Guevara, qui se révèlent comme l’exact opposé de l’image courante qui leur est attribuée à l’extérieur de Cuba.

J’ai fait de ces ouvrages et de témoignages oraux recueillis auprès de ces héros et de simples fugitifs la base de mes livres, qui figurent pratiquement tous dans cette donation. La littérature cubaine de l’exil, sous la forme de témoignages ou de recréations poétiques, permet de faire émerger une autre Cuba, très éloignée des représentations touristiques ou politiques idéalisées. Elle est à présent à la disposition des chercheurs, des étudiants et des lecteurs les plus curieux, dans cet ensemble, probablement unique en Europe, au service de la vérité.

Jacobo Machover

1 Fév 2022


Chers amis,

Je vous confirme notre projet d’une rencontre le 25 janvier prochain à 18 h au 1er étage du Café du Pont-neuf, 14 quai du Louvre.

Ce sera une reprise de contact après bien des mois de réserve, voire d’absence, dues notamment à la pandémie.

Ce sera aussi l’occasion d’échanges sur la proposition faite dans le précédent courrier de mettre sur pied trois débats d’actualité, successivement en février, mars et avril :

1- Le premier sur la question de la souveraineté, mais aussi de l’identité nationale

2- Le second sur la question de l’immigration (évaluation, conséquences, mesures à prendre).

3- Le troisième sur la politique extérieure, notamment sur le danger que représentent pour notre démocratie libérale la Russie de Vladimir Poutine et la Chine de Xi Jinping.

Ces thèmes sont-ils pertinents? Faut-il les reformuler? Qui prendra l’initiative de lancer ces débats?

L’organisation, après les élections, d’un colloque sur la Chine, puis d’un autre sur la contribution de l’Ecole au combat culturel contre l’islamisme semble également souhaitable. A débattre également.

Pierre Rigoulot, le 17 janvier 2022

20 Jan 2022


Deux élections importantes viennent d’avoir lieu aux Etats-Unis. A New York, un Démocrate l’a emporté. En Virginie, un Républicain. Un partout? Non : à NewYork, il s’agit de la mairie, pas de l’Etat. En effet, le nouveau maire sera (comme on s’y attendait car les Républicains n’ont qu’une très faible présence dans la ville) Eric Adams, ancien policier et président du conseil (élu) de Brooklyn – un peu comme une mairie d’arrondissement. Il s’était positionné à la droite du maire sortant, auto-proclamé socialiste et admirateur de Cuba et du Venezuela et, sans aucun doute, un désastre pour New York – peu regretteront son départ ! Adams se veut « le nouveau visage » du parti démocrate, mais il devra pour réaliser cette ambition réussir à New York où maints problèmes graves de posent) et affronter victorieusement l’aile gauche de son propre parti.

L’article qui suit suggère que l’Amérique bouge, et pas seulement dans le sens désolant de la diffusion de « l’idéologie woke » !

H&L

Elections, états d’esprit : les Américains se rebiffent-ils ?

Salutaire réaction ou sursaut du moment? Les électeurs ont provoqué une sérieuse frousse chez les Démocrates dans plusieurs Etats ou l’exercice démocratique se déroulait cette semaine. Notamment en Virginie. un nouveau venu Républicain, Glenn Youngkin, homme d’affaires de 54 ans qui se réclame de la droite modérée, constitutionnelle et parlementaire selon une formule française datant, si je ne me trompe, de la Belle Epoque, a battu l’ex gouverneur Terry McAuliffe (dans nombre d’Etats, le gouverneur peut avoir plus d’un mandat, mais non consécutivement). McAuliffe était pourtant donné facilement gagnant en début de campagne.

Agé de 64 ans, celui-ci est un cacique de son parti, grand “fund raiser” susceptible de trouver des fonds et officiellement trésorier – ce qui veut dire passé maitre en fait d’arnaques- et proche conseiller de Bill, puis d’Hillary Clinton. Son premier mandat récompensait on ne sait plus combien d’années en position de maître-stratège du parti, position qui lui avaient donné accès à des combines et des pots-de-vins considérables. Il est connu pour avoir été un des plus cyniques et habiles pros dans ce métier.

Le parti Républicain, en général et par tradition, peine à revêtir l’habit de professionnel, et c’est sans doute une erreur : c’est justement les citoyens qui font la force d’une démocratie méfiante à l’égard du pouvoir central. D’ailleurs, le parti Républicain contrôle une majorité des Etats, (27 sur 50 des gouverneurs et presque les deux-tiers des assemblées d’Etats.

Les scrutins de mardi dernier soulignent une forte poussée du parti Républicain qui, s’il maintient son élan, devrait s’assurer le contrôle de la Chambre des Représentants aux élections de novembre 2022. Une mince majorité au Sénat est également concevable.

Du côté Républicain, l’ancien président Donald Trump est le grand absent de ce scrutin. Youngkin refusa carrément sa présence lors de sa campagne et de toute évidence cela ne l’a aucunement gêné, au contraire. Les Démocrates, de leur côté, n’ont jamais cessé de jouer leurs refrains anti-Trump. Il est coutumier dans nos élections de mettre sur les dos d’un ex-(président, gouverneur, sénateur) aussi longtemps que possible les problèmes du moment mais il faut dire que dans le cas de Trump, la performance est inédite. Les Démocrates ont commencé à blâmer Trump pour tous les maux et pêchés qu’il suscitait, même avant son investiture, et ils ne savaient plus arrêter le disque. Or les Américains ne sont pas par nature des électeurs se déterminant par ce qu’ils voient dans le rétroviseur ! Certes ils ne sont aucunement amnésiques, et dans de nombreuses villes et contrées, le vote se fait par fidélité à un parti de père en fils ou de mère en fille, par habitude tribale, il n’empêche que les gens comprennent quand on essaye de les berner.

Youngkin, justement, fit campagne sur le thème de l’école publique qui, en Virginie comme ailleurs, souffre d’une sorte de dictature robespierrenne pour laquelle il faut apprendre la vertu aux petits, en l’occurrence en faires des anti-racistes, anti-américains et adeptes de la théorie du genre… Youngkin a simplement exprimé l’idée que l’on allait droit dans le mur, ce qui est le constat des parents. McAuliffe répondait en disant que l’école n’était pas leur affaire !

Le cas n’est aucunement atypique. Les Démocrates sont obsédés par des idées franchement racialistes, voire tyranniques, et semblent incapables d’écouter leur propre base. Dans le cas de « l’invasion barbare » sur la frontière du sud, ils ont carrément perdu la raison, et les électeurs s’en sont rendus compte.

Je reviendrais sur ce dossier, mais il suffit pour le moment de saisir que, comme sur le dossier de l’école publique, les Démocrates cherchent à empêcher les Etats de défendre leurs prérogatives, qui bien sûr incluent la sécurité de leurs territoires et le salut mental et spirituel de leurs enfants, sans parler de leur développement intellectuel. C’est sur ce thème que les Républicains, vont (peut être) retrouver leurs thèmes traditionnels du “conservatisme libéral” dans le sens que pointait déjà Tocqueville : faire face au centralisme envahissant de la gauche américaine. En fait, pour sauver notre système constitutionnel et fédéral, il faut, au niveau national, mettre un point d’arrêt au fédéralisme administratif.

L’autre enjeu cette semaine était du côté sportif: la coupe du monde de baseball (World Series) se disputait entre les équipes de Houston (Texas) et d’Atlanta (Géorgie). Les Braves d’Atlanta (le nom signifie guerrier indigène et pour cette raison, est condamné par la gauche anti-raciste) a remporté le trophée en gagnant quatre matchs contre deux. Il y a là sûrement une certaine justice puisque les patrons du baseball professionnel, terrorisés par l’idéologie woke, avaient en juillet retiré à la ville d’Atlanta le privilège d’être l’hôte pour cette année du match inter-ligue, sous prétexte que l’Etat de Géorgie préparait une législation pour renforcer la sécurité des scrutins, jugée “raciste” par les anti-racistes parce qu’elle exigerait, entre autres, des preuves de résidence et de citoyenneté.

Les Démocrates ont, par ailleurs, proposé une législation fédérale dans ce domaine pour retirer aux Etats la gestion des élections… Là encore, “fédéralisme national” contre fédéralisme constitutionnel.

En fait, les supporters de l’équipe d’Atlanta ne pensèrent guère à ces projets, dans l’enthousiasme où ils étaient de reprendre enfin le trophée qu’ils avaient d’ailleurs déjà gagné en 1995, grâce à une équipe ou se côtoient, à cette époque comme aujourd’hui, tout ce que peut contenir le grand melting pot américain.

Roger Kaplan

(crédit photo: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:American_protesters_in_front_of_White_House-4.jpg)

4 Nov 2021


Décès de Laurent Wetzel

Cher, très cher Laurent,

Vous voilà à jamais dans l’invisible, au terme d’un accident domestique, totalement imprévisible. A 71 ans seulement, est-ce possible ?

Nous nous étions parlé la veille et il n’était guère de jour où nous ne nous entretenions pas, commentant l’actualité ou tel article ou tel ouvrage ; n’avons-nous jamais été en désaccord ? Pas que je sache !

Fils d’un talentueux polytechnicien, votre formation ne le fut pas moins, à travers l’Ecole normale supérieure, l’agrégation d’histoire, à l’issue d’une scolarité plus que brillante.

Vous enseignez ici ou là, notamment en tant que maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris avant d’être nommé en qualité d’inspecteur d’académie. Pourquoi ne vous a-t-on pas promu inspecteur général de l’Education nationale ? Cela relève de l’inexplicable comme de l’incompréhensible.

Vous êtes rapidement détaché au Service d’information et de diffusion relevant des services du Premier ministre avant d’appartenir à plusieurs cabinets ministériels : Commerce extérieur, Réformes administratives, Postes et télécommunications, enfin Défense avec André Giraud, qui sait reconnaître et louer, quoique économe de compliments, votre aptitude à la synthèse et votre parfaite connaissance des rouages de la haute administration, distinguant à la perfection l’essentiel de l’accessoire.

Proche de Jacques Soustelle, avec lequel vous partagez un commun attachement à Israël, vous vous lancez, dans les Yvelines, au Conseil général, où vous êtes élu, en 1985, pour le canton de Sartrouville, terrassant le sortant communiste. Dans la foulée, vous vous emparez de la ville, confisquée, depuis trois décennies, par un maire communiste.

Aussitôt, vous vous employez à débaptiser un certain nombre de rues à la gloire de staliniens de haut vol, comme Marcel Paul, dont vous rappelez que, déporté à Buchenwald, il y avait été nommé kapo, ce qui lui avait souvent permis de protéger en priorité ses amis communistes. Cela vous vaut un déchainement de haine du parti de Moscou mais aussi de la section socialiste de la ville, voire d’une certaine droite gaulliste corrompue ou d’un préfet aux ordres, lesquels ne cesseront de vous combattre par devant et plus encore par derrière. D’aucuns iront même jusqu’à vous traiter de « sale juif », vous le catholique pratiquant.

Vous avez narré cette période – où votre courage, d’aucuns diraient votre témérité, reste gravé à jamais – dans Un internement politique sous la Ve République – Barbouzes et blouses blanches (Odilon media, 1997).

Pierre Péan a repris l’épisode dans Compromissions – La République et la mafia corse (Fayard, 2015), de même que Thierry Wolton dans son Négationnisme de gauche (Grasset, 2019). Vous gagnez les procès qui vous sont intentés comme ceux que vous engagez.

En 2012, vous sortez votre deuxième livre Ils ont tué l’histoire-géo (Ed. François Bourin), qui fait causer dans le milieu tant, là encore, vous dénoncez les dérives de la rue de Grenelle, laissant faire avec la lâcheté qui la caractérise.

Votre dernier livre, Vingt intellectuels sous l’Occupation – Des résistants aux collabos (Ed. du Rocher, 2020), ébranle un certain nombre de mythes, que votre infaillible érudition met à mal.

Votre premier ouvrage fait référence à une analyse de votre écriture, qui relève un aspect n’apparaissant peut-être pas d’emblée car, de votre haute taille s’imposait une relative mais infondée distance : « On note une gentillesse à la fois naturelle et chaleureuse qui lui confère une séduction qui n’a rien de factice ».

On ne saurait mieux dire quand, dans votre belle demeure de Versailles, enfoncé dans un profond canapé, vous caressiez un vieux chat gris, qui ne voulait plus quitter tant de sollicitude, votre touchant regard, empreint de bonté, laissant apparaître une image prégnante de votre belle âme.

Cher Laurent, votre incroyable courage, votre inaltérable fidélité dans l’amitié, votre belle intelligence, servie par une culture sans limites, ne seront pas, ne seront jamais oubliés. Vous eussiez fait un grand parlementaire mais n’étiez-vous pas trop intelligent pour réussir, dans ce milieu composé avant tout de médiocres et d’individus vénaux, notamment dans les Yvelines ?

A votre épouse – qui, dans l’épreuve, vous a tant soutenu -, à vos trois fils, comment ne pas exprimer notre intense émotion ?

Vincent Laloy


Oui, Laurent Wetzel en plus d’être un parfait honnête homme, courageux était d’une intelligence brillante. Lors d’un diner Histoire et Liberté, a Nanterre, j’avais eu le bonheur de partager sa table et pu admirer, au cours de la conversation, la précision de ses exposés et son esprit de synthèse. je crois me souvenir qu’il avait dédicacé le livre « Ils ont tué l’histoire-géo ». Son expérience d’inspecteur d’académie renforce le constat négatif qu’il fait de l’enseignement de ces matières et comment les responsables de l’Education Nationale ont participé au désastre actuel.
Sincères condoléances a sa famille.


Jacques Carbou


Je me proposais d’écrire à Laurent Wetzel lorsque j’appris son décès. Je voulais lui dire combien j’avais apprécié son dernier ouvrage : Vingt intellectuels sous l’Occupation (1).

C’est en effet un très beau travail d’historien qui ne se contente pas d’aligner des biographies mais s’efforce de comprendre les sentiments et le rôle de chacun.

Il le fait sans complexe patriotique pour les Résistants, sans indulgence pour les Collaborateurs, montrant que ces derniers n’étaient pas purement et simplement des traîtres et que, paradoxalement, c’est par patriotisme que certains avaient approuvé la Collaboration. L’idéologie a beaucoup joué chez eux alors que ce ne fut pas le cas, en général, chez les Résistants.

Après les Résistants et les Collaborateurs, Wetzel évoque ceux qu’il appelle les « ambivalents ». Il y range Georges Pompidou, Raymond Aron (ce qui est peut-être discutable), Jean-Paul Sartre et François Mitterrand.

Les tentations d’action résistante de Sartre furent timides, velléitaires et restèrent sans suite. Ses deux pièces de théâtre, Huis Clos et Les Mouches, furent jouées avec l’accord de la Propagande Staffel qui n’y vit aucune allusion à la Résistance. Elles furent jouées devant un public qui comptait parfois quelques officiers allemands, l’une au Vieux Colombier, l’autre au Théâtre Sarah Bernard, « aryanisé » en « Théâtre de la Cité ».

Quant à François Mitterrand, Laurent Wetzel rappelle qu’il avait signé une demande d’attribution de la Francisque et prêté serment au Maréchal Pétain. Cependant, à partir de 1943, il prit contact avec la Résistance intérieure et, menacé par la Gestapo, partit pour Londres. De Gaulle n’avait cependant pour lui aucune estime comme le montre une anecdote savoureuse qu’il conte à Michel Droit au cours d’une émission télévisée.

N’ayant pu exprimer à Laurent Wetzel l’intérêt que j’ai pris à son livre, je ne puis aujourd’hui qu’en recommander la lecture.

Charles-Michel Cintrat.

(1) Ed. du Rocher,2020, 240 p. 18€

22 Oct 2021


Le retrait américain d’Afghanistan

Disons-le carrément, l’administration Biden est en passe de permettre une erreur frôlant la trahison qui mériterait une bonne place sur le tableau de déshonneur où sont déjà l’abandon français des harkis et l’abandon américain du Sud-Vietnam. Le premier entraîna le massacre d’hommes (et femmes et enfants) qui avaient, en toute sincérité et confiance, choisi la France.  Le second engendra la tragédie des « boat people » et, sans doute, encouragea indirectement les massacres communistes dans le Cambodge voisin, massacres dignes de Hitler, Staline, Mao, car il envoya un signe clair aux Khmers rouges que la grande et puissante Amérique n’interviendrait pas.

De quoi s’agit-il?  Du retrait précipité d’Afghanistan, ou déjà les totalitario-isamistes mettent des bombes devant les écoles sous le prétexte que des filles y sont admises (en l’occurence, c’était une école où garçons et filles avaient des horaires de classes alternés).  On voit très bien ce qui se profile : un massacre en règle et sans arrêt, où les Talibans le disputeront à Daesch le premier prix au concours de l’horreur.

Les soldats afghans, américains, francais, et autres, ayant fait de leur mieux et parfois donné leurs vies pour hisser un pays arriéré vers quelque chose de moins cruel – ils se comptent par dizaines de milliers – ne peuvent avoir d’autre réaction à ce que propose le gouvernement Biden que celle de vomir.  The Colonel (en retraite) Bing West, illustre soldat (du US Marine Corps) qui a fait toutes les guerres américaines depuis le Vietnam, montre très bien dans ses récents écrits (dont The Last Platoon, La Derniere Section) qu’il ne s’agit pas de volonté, de savoir-faire ou de courage parmi les combattants; la faute se situe à Washington et depuis très longtemps.  Depuis la guerre de Corée, nous refusons l’évidence: nos ennemis veulent la destruction de tout ce qui respire la liberté et la civilisation moderne.  On ne peut pas composer avec eux.  Il faut soit les écraser, soit les laisser faire en attendant le moment ou l’on répliquera avec une stratégie — un but de guerre — décisif.

Les barbares ne s’y trompent pas.  Voyant un président faible entouré de munichois gauchistes (son secrétaire d’Etat, éduqué à l’Ecole Bilingue Jeannine Manuel et gendre de Samuel Pisar, représente la gauche bien-pensante malgré des grands parents et arrière-grands-parents ayant participé à l’aile dure du mouvement sioniste), ils entrent dans la brêche.  La cyberattaque sur le pipeline desservant la Cote Est n’est qu’un essai relativement modeste.  Mais au lieu de mettre des milliards du « plan de relance » dans de véritables infrastructures comme, justement, la sécurité de nos approvisionnements énergétiques, Biden et les siens envoient la manne fédérale vers les organisations qui perpétuent les défaillances de nos écoles, pour ne prendre qu’un des pires exemples (il y en a tant d’autres, comme l’encouragement à l’immigration clandestine !).

Il y aura une réaction.  Déjà le mouvement raciste « black lives matter » commence à trouver des concurrents, tels les mouvements de défense des polices, souvent baptisés « blue lives matter ».  La réplique politique et intellectuelle se fait entendre, par la voix du Sénateur Tim Scott par exemple, par les plumes d’intellectuels comme Glenn Loury et John McWhorter.  L’esprit d’Andrew Jackson revient ainsi en force chez ceux qui, voyant les Francais s’enthousiasmer pour sur la mémoire de Napoléon, se souviennent que celui-ci a fait la démonstration de l’illettrisme économique qui caractérise tous les tyrans en « bradant » la Louisiane à Thomas Jefferson, ce qui mena à la victoire du General Jackson contre les Anglais à la Nouvelle-Orleans en 1814, une des grandes batailles de l’humanité car elle confirma l’indépendance des Etats-Unis et ouvrit l’Ouest, le grand Ouest, à la liberté en marche.

(crédit photo : Afghanistan | army.mil U.S. Army Staff Sgt. Michael Kaman | Flickr)

16 Juin 2021


Mein Kampf et le Manifeste du parti communiste

Le Mein Kampf d’Adolphe Hitler vient d’être édité  chez Fayard, encadré par un énorme appareil critique justifié par le sous-titre :  Historiciser le mal.

Cette publication est nécessaire à la connaissance éclairée de l’Histoire d’une partie du XXe siècle. 

Le livre que j’ai publié en 2015 sur le Manifeste du parti communiste de Karl Marx porte la même idée dans son titre  : Le Manifeste du parti communiste aux yeux de l’Histoire

Tout semble opposer ces deux manifestes, excepté le fait indiscuté qu’ils furent respectivement les évangiles des deux totalitarismes qui ont plongé le XX e siècle dans les pires horreurs.

Certes, tout oppose la rhétorique de ces deux appels concurrents au combat total contre la démocratie libérale : le style de Marx est éblouissant de concision, de logique argumentative, et de maîtrise sophistique, quand celui de Hitler est d’une lecture rebutante sur le plan formel aussi bien qu’intellectuel.

Mais on a cru que la différence radicale entre ces deux appels à une révolution totale et violente tenait au fait que le texte de Marx incarnait l’idéal du Bien, et celui de Hitler l’idéal du Mal.

La lecture du Manifeste de Marx, confronté à ses effets effroyables dans l’Histoire, nous révèle que la différence la plus forte avec Mein Kampf se situe en réalité dans ce que les lecteurs des deux textes ont lu et qui les a galvanisés

Les nazis séduits par Mein Kampf ont compris exactement ce à quoi le texte les invitait : il appelait les Allemands à se considérer comme victimisés, à se venger de leurs ennemis, et à devenir les maitres en écrasant impitoyablement les races inférieures, la mission de la race supérieure lui venant de l’ordre qui règne dans la nature, de même que la mission du prolétariat lui vient du sens de l’Histoire universelle.

Les dizaines de millions de lecteurs séduits par le Manifeste du parti communiste, qui fut le best-seller mondial à égalité avec la Bible, crurent sincèrement que la révolution communiste programmée par ce texte flamboyant allait venger les prolétaires et les damnés de la terre grâce à la dictature du prolétariat, guidé par son Parti, par son État et par sa doctrine. Ils ont cru que cette dictature totale exercée par la terreur au nom et au profit des éternels dominés instaurerait la liberté, l’égalité, la fraternité, la justice sociale et le triomphe des Lumières.

Quel est le résultat actuel de cette lecture éblouie et non critique du Manifeste du parti communiste  ?

Alors que le Mein Kampfde Hitler est considéré à juste titre dans le monde libre comme porteur d’un monstrueux anti-humanisme à visage découvert, le Manifeste du parti communiste de Marx continue d’y être admiré comme porteur d’un idéal parfaitement humaniste. Aussi humaniste dans ses idéaux et ses intentions que sa mise en pratique dans l’histoire fut monstrueusement anti-humaniste.

Ce que m’a révélé l’étude dégrisée de l’œuvre de Marx, c’est qu’elle ne défend jamais ni l’idéal de liberté, ni celui d’égalité, ni celui de fraternité, et encore moins la liberté de l‘esprit. 

Le seul idéal que Marx a toujours réaffirmé, car il y en a un, qui tient lieu du souverain bien auquel tout doit être subordonné et même sacrifié, cet impératif catégorique unique a été le développement maximum des forces humaines sociales.

Plus précisément, ce que l’étude critique du Manifeste du parti communiste fait apparaître, c’est que son programme conduisait directement à l’avenir qui fut le sien, partout où il fut fidèlement appliqué, c’est-à-dire sur un tiers du globe.

J’ai moi-même fait partie jadis des millions d’admirateurs abusés par la lecture du Manifeste du parti communiste. J’ai fait partie de ces millions de gens qui ne voulurent pas comprendre ce qui était pourtant écrit en toutes lettres dans la conclusion duManifeste : 

« Les communistes ne s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre sociétal passé. Que les classes dirigeantes tremblent à l’idée d’une révolution communiste ! Les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner. Prolétaires de tous les pays unissez-vous »!

Maintenant qu’on connait et qu’on reconnait les conséquences dans l’Histoire de cet appel à la guerre totale contre la démocratie libérale, il est utile d’en comprendre la source idéologique et de la juger sans plus de complaisance que pour Mein Kampf.

André Senik

(crédit photo : Mein kampf + Pif !!! | bixentro | Flickr)

6 Juin 2021