Deux élections importantes viennent d’avoir lieu aux Etats-Unis. A New York, un Démocrate l’a emporté. En Virginie, un Républicain. Un partout? Non : à NewYork, il s’agit de la mairie, pas de l’Etat. En effet, le nouveau maire sera (comme on s’y attendait car les Républicains n’ont qu’une très faible présence dans la ville) Eric Adams, ancien policier et président du conseil (élu) de Brooklyn – un peu comme une mairie d’arrondissement. Il s’était positionné à la droite du maire sortant, auto-proclamé socialiste et admirateur de Cuba et du Venezuela et, sans aucun doute, un désastre pour New York – peu regretteront son départ ! Adams se veut « le nouveau visage » du parti démocrate, mais il devra pour réaliser cette ambition réussir à New York où maints problèmes graves de posent) et affronter victorieusement l’aile gauche de son propre parti.

L’article qui suit suggère que l’Amérique bouge, et pas seulement dans le sens désolant de la diffusion de « l’idéologie woke » !

H&L

Elections, états desprit : les Américains se rebiffent-ils ?

Salutaire réaction ou sursaut du moment? Les électeurs ont provoqué une sérieuse frousse chez les Démocrates dans plusieurs Etats ou l’exercice démocratique se déroulait cette semaine. Notamment en Virginie. un nouveau venu Républicain, Glenn Youngkin, homme d’affaires de 54 ans qui se réclame de la droite modérée, constitutionnelle et parlementaire selon une formule française datant, si je ne me trompe, de la Belle Epoque, a battu l’ex gouverneur Terry McAuliffe (dans nombre d’Etats, le gouverneur peut avoir plus d’un mandat, mais non consécutivement). McAuliffe était pourtant donné facilement gagnant en début de campagne.

Agé de 64 ans, celui-ci est un cacique de son parti, grand “fund raiser” susceptible de trouver des fonds et officiellement trésorier – ce qui veut dire passé maitre en fait d’arnaques- et proche conseiller de Bill, puis d’Hillary Clinton. Son premier mandat récompensait on ne sait plus combien d’années en position de maître-stratège du parti, position qui lui avaient donné accès à des combines et des pots-de-vins considérables. Il est connu pour avoir été un des plus cyniques et habiles pros dans ce métier.

Le parti Républicain, en général et par tradition, peine à revêtir l’habit de professionnel, et c’est sans doute une erreur : c’est justement les citoyens qui font la force d’une démocratie méfiante à l’égard du pouvoir central. D’ailleurs, le parti Républicain contrôle une majorité des Etats, (27 sur 50 des gouverneurs et presque les deux-tiers des assemblées d’Etats.

Les scrutins de mardi dernier soulignent une forte poussée du parti Républicain qui, s’il maintient son élan, devrait s’assurer le contrôle de la Chambre des Représentants aux élections de novembre 2022. Une mince majorité au Sénat est également concevable.

Du côté Républicain, l’ancien président Donald Trump est le grand absent de ce scrutin. Youngkin refusa carrément sa présence lors de sa campagne et de toute évidence cela ne l’a aucunement gêné, au contraire. Les Démocrates, de leur côté, n’ont jamais cessé de jouer leurs refrains anti-Trump. Il est coutumier dans nos élections de mettre sur les dos d’un ex-(président, gouverneur, sénateur) aussi longtemps que possible les problèmes du moment mais il faut dire que dans le cas de Trump, la performance est inédite. Les Démocrates ont commencé à blâmer Trump pour tous les maux et pêchés qu’il suscitait, même avant son investiture, et ils ne savaient plus arrêter le disque. Or les Américains ne sont pas par nature des électeurs se déterminant par ce qu’ils voient dans le rétroviseur ! Certes ils ne sont aucunement amnésiques, et dans de nombreuses villes et contrées, le vote se fait par fidélité à un parti de père en fils ou de mère en fille, par habitude tribale, il n’empêche que les gens comprennent quand on essaye de les berner.

Youngkin, justement, fit campagne sur le thème de l’école publique qui, en Virginie comme ailleurs, souffre d’une sorte de dictature robespierrenne pour laquelle il faut apprendre la vertu aux petits, en l’occurrence en faires des anti-racistes, anti-américains et adeptes de la théorie du genre… Youngkin a simplement exprimé l’idée que l’on allait droit dans le mur, ce qui est le constat des parents. McAuliffe répondait en disant que l’école n’était pas leur affaire !

Le cas n’est aucunement atypique. Les Démocrates sont obsédés par des idées franchement racialistes, voire tyranniques, et semblent incapables d’écouter leur propre base. Dans le cas de « l’invasion barbare » sur la frontière du sud, ils ont carrément perdu la raison, et les électeurs s’en sont rendus compte.

Je reviendrais sur ce dossier, mais il suffit pour le moment de saisir que, comme sur le dossier de l’école publique, les Démocrates cherchent à empêcher les Etats de défendre leurs prérogatives, qui bien sûr incluent la sécurité de leurs territoires et le salut mental et spirituel de leurs enfants, sans parler de leur développement intellectuel. C’est sur ce thème que les Républicains, vont (peut être) retrouver leurs thèmes traditionnels du “conservatisme libéral” dans le sens que pointait déjà Tocqueville : faire face au centralisme envahissant de la gauche américaine. En fait, pour sauver notre système constitutionnel et fédéral, il faut, au niveau national, mettre un point d’arrêt au fédéralisme administratif.

L’autre enjeu cette semaine était du côté sportif: la coupe du monde de baseball (World Series) se disputait entre les équipes de Houston (Texas) et d’Atlanta (Géorgie). Les Braves d’Atlanta (le nom signifie guerrier indigène et pour cette raison, est condamné par la gauche anti-raciste) a remporté le trophée en gagnant quatre matchs contre deux. Il y a là sûrement une certaine justice puisque les patrons du baseball professionnel, terrorisés par l’idéologie woke, avaient en juillet retiré à la ville d’Atlanta le privilège d’être l’hôte pour cette année du match inter-ligue, sous prétexte que l’Etat de Géorgie préparait une législation pour renforcer la sécurité des scrutins, jugée “raciste” par les anti-racistes parce qu’elle exigerait, entre autres, des preuves de résidence et de citoyenneté.

Les Démocrates ont, par ailleurs, proposé une législation fédérale dans ce domaine pour retirer aux Etats la gestion des élections… Là encore, “fédéralisme national” contre fédéralisme constitutionnel.

En fait, les supporters de l’équipe d’Atlanta ne pensèrent guère à ces projets, dans l’enthousiasme où ils étaient de reprendre enfin le trophée qu’ils avaient d’ailleurs déjà gagné en 1995, grâce à une équipe ou se côtoient, à cette époque comme aujourd’hui, tout ce que peut contenir le grand melting pot américain.

Roger Kaplan

(crédit photo: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:American_protesters_in_front_of_White_House-4.jpg)

4 Nov 2021

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