Brèves de blog 4

A voir au cinéma

Le Léviathan, d’Andreï Zviaguintsev, grand réalisateur et grande figure du cinéma russe. Le film illustre de façon extrêmement suggestive les relations entre les pouvoirs, politique ou judiciaire, et l’Eglise orthodoxe russe

Faute d’amour, du même réalisateur, sur le sort des « gastarbeiters », les travailleurs émigrés des territoires et républiques du Sud et d’Asie centrale. Racisme, travail au noir, envois d’argent à leurs familles, situation sociale et juridique précaire…

Connexion conseillée

www.levada.ru

Un des meilleurs instituts sociologiques russes qui parvient malgré tout à garder son indépendance

https://meduza.io/en

Sergey Smirnov, son fondateur, est en prison, condamné à 3 mois. On l’a d’abord accusé d’avoir participé à une manifestation qu’il couvrait en tant que journaliste. Ayant écrit un post sur Facebook le 23 janvier alors que débutait la manifestation, il a été accusé d’avoir appelé à manifester !

La justice russe actuelle rappelle furieusement les attendus tragi-comiques de la justice soviétique.

http://www.ovdinfo.ru , site d’une ONG qui effectue le monitoring des violences policières en Russie

L’appel de la tribu

Cet ouvrage, signé de Mario Vargas Llosa, est présenté comme le deuxième tome de ses mémoires. Il brosse le tableau de sept grandes figures de la pensée libérale : Adam Smith, Friedrich von Hayek, José Ortega y Gasset, Karl Popper, Isaiah Berlin, Raymond Aron, Jean-François Revel.

Gallimard 336p., 22 €; traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan et Daniel Lefort.

Tempête rouge, de Tsering Dondrup ( Editions Picquier 2019)

Un « roman » étonnant de qualité littéraire et de révélations historiques sur le sort de l’ Amdo, au nord-est du Tibet. L’horreur depuis 1958, date fatidique du soulèvement réprimé (et non 1959 comme pour le reste du Tibet) jusqu’à 1976.

Archives inaccessibles, historiographie occultée, rares témoins survivants muets; aucun ne semble être parvenu en exil.

Dans le roman, pas de manichéisme. Certains officiers chinois font preuve d’humanité et le héros est un antihéros farci de défauts et de faiblesses. L’humour pince-sans-rire de l’auteur, Tsering Dondrup, tranche avec l’enfer qu’il évoque, enfer minimisé dans l’espoir de pouvoir être édité. En vain : le livre reste interdit en Chine.

Tsering Dondrup est depuis longtemps écrivain à succès en Chine. Ex directeur du service des archives de l’Amdo, il se base sur des histoires familiales et des récits confidentiels. A la suite de cette publication à compte d’auteur, il a perdu son poste et son passeport pour pouvoir se rendre à l’étranger et a démissionné du PCC.

Pauvre Corée du Nord…

Un rapport de la CIA estime à un peu plus d’un quart de la population, soit un peu moins de 7 millions, les Nord-Coréens qui avaient accès à l’électricité en 2019.

Nouvelle-Calédonie

Les indépendantistes multiplient les manifestations contre la vente de l’usine de nickel du brésilien Vale. Les affrontements sont fréquents avec les gendarmes mobiles et les dégâts se monteraient à plus de 10 millions d’euros, notamment du fait d’intrusions dans l’usine.

Les 3 000 salariés sont au chômage partiel et 6 000 autres emplois sont menacés chez les sous-traitants.

Pourquoi ce déchaînement ?

Le dossier n’est pas seulement d’ordre économique et financier : les indépendantistes, soutenus discrètement par la Chine, veulent bâtir leur Nouvelle Calédonie sur les revenus du nickel et font tout pour s’opposer à la remise du groupe à un consortium helvèto-néo-calédonien : Prony Resources.

Le dossier est donc aussi celui des politiques locaux et du gouvernement français.

Ce dernier ne souhaite pas devenir actionnaire comme le demandent paradoxalement certains indépendantistes, mais pourrait apporter son soutien financier et des garanties au projet de reprise.

La mémoire du communisme

Dans Phébé-Le Point, en date du 22 février 2021, dossier signé Pierre Grosser, collaborateur du Monde diplomatique et l’un des derniers Mohicans de la lutte contre les détracteurs du communisme. S’appuyant notamment sur un numéro récent de la Revue d’études comparatives Est Ouest, il dénonce sans avoir l’air d’y toucher, Le Livre Noir du communisme publié en 1997 qui avait osé « criminaliser » le communisme – comme si l’objectivité appelait nécessairement le refus de catégories telles « crimes de masse » ou « monstruosité » – et  avait placé le Goulag au même niveau qu’Auschwitz (une accusation largement erronée).

Sur cette base, l’ouvrage publié sous la direction de notre ami Stéphane Courtois aurait contribué à alimenter un intense travail de lobbying en vue de l’institutionnalisation de la mémoire anti communiste dans différentes instances internationales et européennes.

Et Grosser d’opposer à cette lecture, celle d’une nouvelle génération d’historiens et de sociologues critiques qui affirment que 1989, date de la chute du Mur, fut non pas un saut vers la liberté, mais un pas vers « l’abîme du néolibéralisme ».

8 Mar 2021

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