Les antécédents du Wokisme

Le wokisme pratique le scandale et la diabolisation publique hors procès  en justice comme moyen révolutionnaire d’éveiller les consciences aux injustices intolérables qui ne sont pas perçues comme telles, tant leur ancienneté les fait passer pour naturelles.

Je crois que je ne caricature pas.

Cette chasse aux sorcières renoue avec l’appel qui fut lancé par Marx dans l’un de ses tout premiers écrits philosophiques : « Il faut rendre l’oppression réelle encore plus opprimante, en lui adjoignant la conscience de l’oppression, la honte encore plus honteuse, en la rendant publique. Il faut dépeindre chaque sphère de la société allemande comme la partie honteuse de cette société.. »

La démocratie libérale,  mérite-t-elle cette hostilité générale ?

Notre société promeut et pratique l’examen critique des mots et des comportements hérités du passé et qui semblent en porter des traces condamnables.

Cet examen est une mesure d’hygiène culturelle et politique, car nos mentalités et nos valeurs évoluent, et les mots de notre langue commune doivent évoluer en conséquence.

Il est bon, pour ne prendre qu’un exemple, qu’on ne dise plus « une fille-mère » pour évoquer une « mère célibataire », et il est impératif qu’une personne ayant autorité sur une autre n’abuse pas de ce rapport de forces.

Mais l’évolution de notre langue et de nos comportements ne doit pas être dénaturée et transformée en un appel à leur déconstruction systématique et globale, comme s’il nous fallait nous purifier de tout ce que nous sommes en faisant table rase de notre héritage culturel.

En particulier, la chasse aux traces linguistiques d’un passé culturel qui serait totalement au service de la domination vise à imposer la novlangue politiquement correcte au sein d’une cancel culture.

 Dans la dynamique de cette épuration culturelle,  les mots ne devraient plus porter trace de leur histoire, et ils devraient également perdre la polysémie qui caractérise les mots de toutes les langues vivantes.

Seuls les mots des langues artificielles, tels ceux qui définissent les figures de la géométrie, sont parfaitement neutres et univoques

Pour contrecarrer la guerre révolutionnaire menée par le wokisme contre notre héritage culturel, il peut être utile de réfléchir à la généalogie du wokisme, et aux éléments qui composent son ADN.

Sa première caractéristique est de suspecter, de dénoncer publiquement sans procès le mal qui se cache.

Sur ce plan, le wokisme a pour ancêtre la bien nommée Terreur de 1793, et sa terrifiante loi des suspects.

 Celle-ci fut initiée par Robespierre, et on en retrouve les principes dans les procès staliniens : à l’image de ces antécédents, le wokisme exclut lui aussi la présomption d’innocence et lui oppose la présomption de culpabilité. Il refuse lui aussi les droits de la défense.

Et il manifeste lui aussi une forme de paranoïa.

J’ajoute que la filiation du wokisme à la Terreur de 1793 se double d’une filiation au communisme de Karl Marx.

Le wokisme actuel reprend en effet la formulation marxiste de ce qui est devenu la cancel culture.

Voici un des passages du Manifeste du parti communiste qui justifie la destruction de notre héritage culturel

« L’histoire de toute la société jusqu’à nos jours était faite d’antagonismes de classes, antagonismes qui, selon les époques, ont revêtu des formes différentes. 

Mais, quelle qu’ait été la forme revêtue par ces antagonismes, l’exploitation d’une partie de la société par l’autre est un fait commun à tous les siècles passés. Donc, rien d’étonnant si la conscience sociale de tous les siècles, en dépit de toute sa variété et de sa diversité, se meut dans certaines formes communes, formes de conscience qui ne se dissoudront complètement qu’avec l’entière disparition de l’antagonisme des classes. 

La révolution communiste est la rupture la plus radicale avec le régime traditionnel de propriété; rien d’étonnant si, dans le cours de son développement, elle rompt de la façon la plus radicale avec les idées traditionnelles. »

Cette cancel culture repose sur le paradigme marxiste de la lutte des classes, qui déclare une guerre sans compromis entre deux ennemis dont l’un doit disparaitre : les dominés et les dominants.

L’objectif avoué de la lutte des classes n’est pas de supprimer la domination d’une classe sur l’autre : il est d’inverser la domination, d’imposer la domination de la classe dominée, en l’espèce : la dictature du prolétariat.

L’universalité et l’égalité en droits et en dignité de tous les humains n’est pas son horizon

Le wokisme applique le paradigme marxiste de l’antagonisme irréductible entre les classes sociales à tous les rapports entre les groupes sociaux

L’intersectionnalité des luttes est le mot d’ordre de cette coalition revancharde qui voue la société à une guerre civile sans fin.

Que répondre à cette conflictualité radicale, vengeresse et irréductible érigée en loi universelle ?

Qu’il est exact que tous les rapports entre les individus et les groupes humains peuvent contenir une dimension conflictuelle, des rapports de force et des risques d’abus, mais qu’il est faux et paranoïaque de les y réduire.

L’ambivalence des sentiments est dans la nature de tous les rapports entre les humains, comme on le sait mieux depuis Freud, mais cette ambivalence n’entraine pas la guerre totale entre dominants et dominés

L’examen critique des mots et des comportements doit se faire dans l’esprit de la Déclaration des droits de l’homme, expression qu’il faut désormais entendre comme Déclaration des droits des êtres humains.

Tout mot, expression ou comportement qui peut paraitre contraire au principe de l’égalité en droits et en dignité de tous les êtres humains peut être examiné, et être éventuellement critiqué et corrigé, au nom de ce principe politique premier.

Tous les progrès qui ont été accomplis dans ce sens, qu’il s’agisse du rapport entre les sexes et les sexualités, ou entre les groupes ethniques et sociaux, l’ont été au nom de ce principe premier.

Les progrès accomplis sont stupéfiants. Que l’on compare la situation actuelle à celle d’il y a un siècle concernant les droits et la dignité des femmes et des personnes homosexuelles.

Ces progrès devront se poursuivre au nom de ce principe qui est le fondement de notre société.

C’est ce principe, et lui seul, qui est systémique dans le monde libre.

C’est pourquoi il faut continuer à défendre la démocratie libérale contre ses ennemis.

Il reste des progrès à faire dans les mots, dans les mentalités, dans les comportements et ailleurs, mais ce combat devra se mener en défense de la démocratie libérale à laquelle les wokistes font une guerre révolutionnaire inspirée de la Terreur et de la lutte des classes.

André Senik, le 25 mars 2025

26 Mar 2025


[Rencontre/Débat] Le Venezuela sous Maduro

Conférence 21 février 2025

Diàlogo por Venezuela a le plaisir de vous convier à la rencontre débat sur Le Venezuela sous Maduro, caractérisation d’un régime autoritaire au XXIe siècle. Contractualisime mafieux: trust politique ou consortium civico-militaire ?

Les intervenants seront Marí Sol PÉREZ SCHAEL et Pierre RIGOULOT.

Lieu: Maison de l’Amérique latine, 217 Boulevard Saint Germain 75007 Paris

Date: Vendredi 21 février 2025 à 19h

12 Fév 2025


Boualem Sansal, un libre penseur derrière les barreaux !

Boualem Sansal est un grand écrivain algérien, un homme courageux, qui s’est opposé à la fois à l’islamisme criminel et au régime dictatorial de son pays. C’est aussi mon ami, que je porte en mon cœur. Il a été arrêté le 16 novembre dernier à son arrivée à l’aéroport d’Alger. Durant cinq jours, personne n’a rien su de lui : il ne répondait pas au téléphone, même pas à sa femme. Il avait pratiquement disparu. Finalement, en réponse aux demandes de sa maison d’édition (Gallimard), de l’Académie française (il avait obtenu son Grand Prix en 2015 pour son roman 2084. La fin du monde) et de nombreuses associations d’intellectuels, parmi lesquelles le PEN Club, l’agence officielle de presse du régime a fini par émettre un communiqué accusant l’écrivain de contester l’intégrité territoriale de son pays, vu qu’il avait remis en cause la légitimité de ses frontières, héritées de l’ère coloniale, qui avait arraché au Maroc une partie de son territoire et, également, qualifiant la France, sa terre d’accueil, de « macronito-sioniste » (à cause de la gestion d’Emmanuel Macron pour obtenir sa libération et parce qu’il a obtenu le prix littéraire Jérusalem). Il est accusé de terrorisme… Pourtant, Boualem Sansal est l’homme le plus pacifique qui soit, comme on peut le constater avec ce qu’il m’écrivait dans un courrier électronique :

« Nous vivons un vrai drame, la machine terroriste va reprendre de plus belle. Ce monde est fou et surtout il est gouverné par des incapables qui ont une tirelire à la place du cerveau. »

     Nous nous sommes rencontrés tout à fait par hasard, le 11 septembre 2023 (la date est bien sûr hautement symbolique : c’était l’anniversaire des attaques du terrorisme djihadiste contre les Tours jumelles à New York et le Pentagone à Washington). J’étais en train de boire un café assis sur un trottoir dans mon quartier, le 11e arrondissement, et il est passé devant moi. Je l’ai abordé, ce qui a dû l’étonner car ce n’est guère courant pour un écrivain connu et reconnu seulement par d’infimes minorités. Nous avons alors communiqué entre nous comme si nous étions frères, en écriture et en combats : tant de choses rapprochent l’Algérie et Cuba, du fait de la nature de leurs régimes, celui de Cuba communiste depuis 1959, celui de l’Algérie socialiste depuis 1962, et leur complicité tout au long de cette si longue histoire : Cuba a en effet envoyé des troupes pour combattre le Maroc aux côtés de l’Algérie pendant la « guerre des sables » de 1963-1964 et a appuyé le Front Polisario dans ses revendications sur le Sahara occidental.

     De là vient sans doute la colère actuelle du régime algérien contre la France. Macron a pris parti pour le Maroc, bien que, « en même temps », il ait reconnu la culpabilité de facto de la France au cours de la guerre d’indépendance menée par le FLN. L’écrivain, à qui le président a octroyé personnellement la nationalité au début de l’année 2024, est devenu, bien malgré lui, un symbole du rejet de tout ce qu’il déteste : un gouvernement corrompu, allié à toute la racaille de la planète, particulièrement à Vladimir Poutine, et qui met en pratique une islamisation rampante, ajoutée à une arabisation permanente, contre la langue française, dont Boualem Sansal use avec délice et talent.

     Il n’est pas le seul dans le viseur du pouvoir algérien. Peu de temps auparavant, le 4 novembre, le jury du Goncourt a concédé son prix à Kamel Daoud pour son roman Houris, un livre qui aborde la cruauté sans bornes de la guerre civile initiée dans les années 1990 par le FIS et le GIA contre le régime du FLN, dirigé par Bouteflika, après avoir été gouverné par Ben Bella et Boumédiène, ainsi que par d’autres présidents plus éphémères, certains d’entre eux assassinés. Daoud est meilleur journaliste que romancier ; ses articles dénoncent la menace que représente l’islamisme pour l’Europe, pointant notamment du doigt les agressions et les viols commis par des Maghrébins contre de nombreuses femmes à Cologne et dans d’autres villes allemandes au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre 2015.

 C’est cela que ne lui pardonnent pas les militants et sympathisants de l’extrême-gauche française, qui le traitent de « raciste » (un comble), de même que Boualem Sansal, qu’ils accusent d’être d’extrême-droite et « sioniste » pour avoir participé en Israël en 2012 à un festival littéraire où il a pu échanger avec l’un de ses romanciers de prédilection, David Grossmann, et où il a apprécié la diversité ethnique, linguistique et religieuse de Jérusalem, malgré les perpétuelles tensions. Et aussi pour avoir donné une interview à une publication confidentielle, Frontières, classée à l’extrême-droite. A quelques exceptions près, dont celle d’Annie Ernaux, prix Nobel de littérature, proche de Jean-Luc Mélenchon, le tonitruant Líder Máximo de La France insoumise, ami de l’ex-dirigeant de Podemos Pablo Iglesias, des frères Castro, de Hugo Chávez et de tous les dictateurs latino-américains de gauche, ils refusent de prendre la défense de l’écrivain emprisonné.

     Sans doute, dès le commencement de sa carrière littéraire, qui s’est produit tard (il était auparavant ingénieur et fonctionnaire), près de la cinquantaine, avec Le serment des barbares, et ce jusqu’à présent, Boualem Sansal ne tourne pas autour de ses convictions. Avec 2084. La fin du monde, il a créé une sinistre dystopie, prolongement de 1984, du maître George Orwell, dans laquelle Big Brother n’est plus un tyran communiste calqué sur le modèle soviétique mais un leader islamiste quelconque, comme ceux qui pullulent dans le monde arabo-musulman et en Occident, il nous prévient ainsi : « Dormez tranquilles, bonnes gens, tout est parfaitement faux et le reste est sous contrôle». Son roman est comme un cauchemar qui n’offre, contrairement à 1984, aucune possibilité d’amour, même trahi, sauf à la fin une ébauche fantasmée, vu que le monde islamisé écrase impitoyablement les femmes et tout ce qui peut être considéré par lui comme immoral.

     Boualem Sansal s’est refusé à abandonner l’Algérie, où il est à présent à la merci du pouvoir dictatorial et des islamistes. Il pense, en effet, que les mêmes dangers guettent la France et l’Europe en général. Il ne peut y avoir de pause dans la solidarité de tout intellectuel qui se respecte avant d’obtenir sa libération.

     Pour ma part, je souhaite que nous puissions, comme nous nous l’étions promis, aller manger un couscous et boire une bonne bière, défiant les islamistes qui essaiment de partout. Mon ami Boualem Sansal est un porte-parole de la liberté universelle.

Cette tribune, signée de notre ami Jacobo Machover, est parue dans le quotidien espagnol ABC le 3 décembre 2024.

29 Jan 2025


Quarantième anniversaire de la mort de Boris Souvarine, fondateur de l’Institut d’histoire sociale

La bibliothèque d’histoire sociale, qui porte de nom de « Souvarine », a publié sur son site une notice nécrologique rappelant brièvement la vie du fondateur de l’Institut d’histoire sociale. Nous la reproduisons pour nos lecteurs. Rappelons son adresse – 4 avenue Benoît Frachon, 92000-Nanterre et la richesse de ses collections consacrées à l’histoire du communisme, du socialisme et du syndicalisme.

H&L

Boris Lifschitz, né à Kiev le 20 octobre 1895, est issu d’une famille juive ukrainienne qui émigre en France en 1897. Naturalisé français en 1906, il adhère à la SFIO et écrit dans Le Populaire sous le pseudonyme de « Souvarine » tiré de Germinal, le roman d’Emile Zola.

Incarcéré à la Santé, il ne peut participer au congrès de Tours  en décembre 1920 qui ouvre la voie à la fondation du PCF.

Souvarine devient membre du comité directeur du parti et participe en 1921 au 3 e congrès de l’Internationale communiste où il est élu à son comité exécutif et à son secrétariat..

Il entre au bureau politique du PCF en 1923 mais en est exclu en 1924. Souvarine fait alors paraître Le Bulletin communiste, puis La Critique sociale. Il publie en 1935 Staline.

Aperçu historique du bolchevisme, chez Plon, considérant désormais le régime soviétique comme un capitalisme d’Etat.

Il fonde en 1935 l’Institut d’histoire sociale, centre de documentation et de réflexion sur le communisme. Il collabore au Figaro, où le 7 mai 1939 il avance l’hypothèse d’un rapprochement à venir entre Hitler et Staline

En 1940 Souvarine réussit à partir aux États-Unis. A son retour il publie l’Observateur des deux mondes, puis rejoint le BEIPI, futur Est & Ouest, lancé en 1949 par Georges Albertini. Son article le plus célèbre vise Staline : « Un Caligula à Moscou » ( novembre 1953).

L’Institut d’histoire sociale est remis sur pied en 1954. Souvarine le présidera jusqu’en 1976.

En 1957, il lance le Contrat social.

Boris Souvarine est décédé le 1er novembre 1984, un hommage lui étant rendu par Emmanuel Le Roy Ladurie, alors président de l’Institut d’histoire sociale. 

On consultera en priorité son Staline, aperçu historique du bolchévisme (accessible à la Bibliothèque d’histoire sociale).

La biographie signée Jean-Louis Panné est une référence reconnue : Boris Souvarine Le premier désenchanté du communisme (Robert Laffont,1993).

On doit à Charles Jacquier les rééditions récentes, présentées et annotées de divers textes de Souvarine.

18 Nov 2024


Nous y voici; et la démocratie représentative fonctionne comme elle le doit. doit. Le gagnant a été préféré avec 72 millions de voix contre 67 millions à la perdante. Deux candidats dits indépendants prennent environ 600 mille voix. 

Dans le collège électoral – qui légalement désigne le président – le vainqueur devrait obtenir 312 voix contre 226 à la perdante.  Il faut toutefois dire et répéter que ce College Electoral est une très bonne chose qui sert de barrière à toute tyrannie majoritaire.  Il me semble qu’en effet, Donald Trump n’avait pas la majorité des voix ni en 2016 ni en 2020, mais qu’il avait gagné dans le premier cas au College.  

Ce qui nous oblige à revenir encore une fois sur la mésaventure de l’après-élection de 2020, finissant dans le désordre du 6 janvier quand une manifestation de soutien à Trump (lequel avait eu la mauvaise idée d’assurer qu’on lui avait volé des voix, avec comme résultat de perdre dans le Collège) dérapa et provoqua une émeute débordant dans les locaux du Congres dont la tâche du jour était de certifier les comptes du College et de mettre ainsi fin officiellement et légalement à la campagne.

Basse besogne, condamnée dans les pages du prestigieux journal conservateur-liberal, le Wall Sreet Journal ainsi que dans les revues de la droite raisonnable, modérée et satirique comme l’American Spectator. Mais tout le monde sait que Trump ne lit pas les journaux sauf s’ils chantent ses louanges.  Ce fut effectivement un choc brutal, mais il ne faut pas oublier que Trump avait proposé d’utiliser la Garde Nationale (qui à Washington est sous les ordres du Président alors que dans les Etats elle obéit aux gouverneurs) pour renforcer la police municipale. Il ne faut pas oublier non plus qu’il le fit non sans ambiguïté puisqu’il suggéra que le maire de Washington (Mme Muriel Bowser, Démocrate) lui demande de le faire, sachant qu’elle ne l’aimait pas et qu’elle avait déjà exprimé sa confiance dans la police de la ville pour le maintien de l’ordre. En passant et pour mémoire, elle avait donné l’ordre à la police de faire dans la dentelle avec les émeutiers organisés par le mouvement Black Lives Matter qui la remercièrent en faisant des dégâts dans la ville estimés à 24 millions de dollars.


C’est dire qu’il y avait une atmosphère de guerre civile dans la ville et dans le pays, sans doute plus dans les têtes que dans les préparatifs et intentions sérieuses, mais il n’empêche : il valait mieux être prudent. Il ne faut pas oublier du reste que Trump a subi des attaques incessantes de la part de l’opposition dès son premier jour à la tête de l’exécutif. Certes il a le profil pour les provoquer, mais une attitude discutable n’est pas illégale.  Et puis, le président est le chef et le père de la nation. Comme le disait George Washington – qui subit de la part des ses opposants des violences verbales non moins choquantes que celles de nos jours – un président, un chef, doit toujours garder son calme et s’exprimer avec courtoisie.. Cela dit, c’est la réalité de notre temps : les gens sont mal élevés en général, et en plus, des marxistes et autres fascistes veulent « faire table rase », une opération à grand risque et invariablement à mauvais résultats.

La page étant quand même tournée, non sans de terribles drames, des vies détruites et des centaines de manifestants arrêtés et jetés en prison, la majorité d’entre eux n’étant pas entrés dans le Capitole, Trump, légalement encore président, fut donc jugé par le Sénat (c’était la procédure d’ impeachment) pour incitation et à rébellion et manque de respect à la Constitution. Mais le vote du jury l’a absout. Mauvais quart d’heure. Mais les Démocrates, au lieu de tourner la page et de combattre Trump politiquement s’il venait à se présenter de nouveau à l’élection présidentielle – comme bien sûr il en avait l’intention – lancèrent contre lui plusieurs inculpations et procès sur des bases juridiques discutables pour essayer de l’arrêter.

Les procès intentés contre l’ex et futur président sont sans fondements sérieux.  Et même s’ils eussent été fondés, comme l’affirma à plusieurs reprises le Wall Street Journal, les tribunaux auraient mieux fait d’écarter les inculpations car il était trop évident que ces procès étaient voulus pour des raisons politiques, comme dans une république bananière, communiste ou fasciste. Trump restait en effet le chef de l’opposition et sans doute aucun son candidat à la prochaine élection présidentielle. 

Lors de la campagne, il est clair que Trump avait le vent en poupe contre le président sortant J. R Biden, qui apparut diminué et faible au cours de leurs premier et unique débat, et incapable de réponses cohérentes tant pour ses bavures en politique étrangère que pour les défauts de sa politique intérieure qui est de suivre le programme de l’extrême gauche qui s’est emparée du parti démocrate.  Les Démocrates ont donc opéré un « coup » au sein du parti pour se débarrasser du vieillard et installer sa vice-présidente Kamala Harris sans primaires et même sans débats dans leurs assemblées de nomination, ce qui avait tout d’une mise en scène. 

Harris n’a elle-même aucune personnalité ni principes et elle n’a rien fait pour endiguer l’invasion migratoire alors que le vieux Joe lui avait confié le dossier de l’immigration.  Il est évident que Trump sera président; il est sûr que certains observateurs (dont, je plaide coupable, moi-même) auraient préféré qu’il y ai eu une sorte de paix civile après le drame du 6 janvier et que les deux grands partis se mettent d’accord pour cesser les hostilités en mettant en avant des hommes nouveaux ou des femmes nouvelles, mais c’était surestimer les capacités de miséricorde et de conciliation d’une société qui (nous ne voulons pas l’admettre) est dangereusement divisée et où les deux camps refusent les compromis.  Il me semble toutefois que ceci a beaucoup plus à voir avec la défaillance des élites (y compris dans les médias) que dans la peuple. Trump, malgré tous ses défauts, le reconnut : il fit campagne en parlant au peuple et en l’écoutant. Harris fit campagne en comparant Trump à Hitler. 

Comme disait Lincoln: « You can’t fool all the people all the time, »  on ne trompe pas le peuple entier tout le temps…

Roger Kaplan

13 Nov 2024


LE CHANT DU GENEVRIER, REGINA SCHEER, ACTES SUD, 2024, 400 p. 23,90 €

Ce n’est pas une étude, un essai que je vous encourage à lire c’est un roman. Mais il m’a beaucoup plu et traite à sa façon les thèmes qui nous sont chers. Il s’agit de Le chant du genévrier, premier roman écrit par Regina Scheer, publié en 2014 en Allemagne, et en 2024 chez Acte Sud en France.

Genévrier, c’est Machandel en allemand, et c’est le nom d’un village situé dans le Mecklenbourg, dans l’ancienne RDA, à 200 km au nord de Berlin. L’auteur, née elle même en RDA en 1950, met en scène l’histoire de ce village – imaginaire -, entre 1940 et 1989, à travers celle de plusieurs familles, qui servent de prétexte à ce retour sur l’histoire tourmentée de la RDA. Le roman est centré sur deux moments forts, les années de guerre, et celles qui aboutirent à la chute du Mur.


La famille centrale est celle des Langner, qui a réellement existé et existe toujours. Le père, Hans Langner, communiste convaincu jusqu’à la fin de sa vie, fut arrêté en 1940 par les nazis, déporté au camp de Schasenhausen. Il participa à la marche de la mort mais s’enfuit et se réfugia dans ce petit village qui avait accueilli un certain nombre de « réfugiés », regroupés dans un vieux château au cœur du village. Hans Langner y assista à l’avancée de l’Armée rouge et à son arrivée en 1944. S’y installèrent ensuite des « personnes déplacées » venus de Pologne.

Hans Langner retrouva une place de choix au parti communiste puisqu’il devint ministre, et ne dévia pas de la ligne officielle, même lorsque, lors du procès Slanski, le communiste tchèque qui lui avait sauvé la vie au camp, fut mis en accusation. Les enfants Langner, Jan et Clara, sont aussi symboliques de l’histoire de la RDA : Jan, le photographe qui, persécuté par la Stasi, se réfugia à l’Ouest, et Clara qui participa aux mouvements d’opposition à la fin des années 80.

Autre personnage significatif du roman : Natalia, originaire de Biélorussie, qui fut déportée dans le village avec un certain nombre de travailleurs de l’Est, devint domestique au château, et finalement resta en RDA et y fit sa vie car personne ne l’attendait à l’Est, ses parents ayant été déportés au Goulag.

Une autre histoire émouvante, celle de la famille Peters et ses 8 enfants, dont une femme réfugiée de Hambourg prit soin du fait de la mort de leur mère, du départ au front du père, et de l’envoi dans un asile de la fille ainée, Marlène, dont se débarrassa ainsi le régisseur du domaine après l’avoir violée et mise enceinte. La stérilisation puis l’assassinat des soi-disant fous par les infirmiers du centre fait aussi partie de l’histoire tragique allemande. – l’opération T4.

Toutes ces histoires individuelles, symboliques des différentes facettes de l’histoire de l’Allemagne de l’Est – nazisme, communisme…s’entrecroisent dans le roman car chacun s’exprime tour à tour. Elles donnent ainsi une image poignante de la réalité historique au jour le jour. Un livre magnifique.

Florence Grandsenne le 3 novembre 3024

8 Nov 2024


« Quelles politiques mémorielles en Europe pour le jour d’après ? »

Le communiqué de presse qui suit ( que nous publions dans sa totalité, titre compris) nous a été transmis par notre ami Stéphane Courtois. Il a été rédigé à l’issue d’un Huis Clos organisé par le Collège des Bernardins et le Forum Normandie pour la Paix entre le 24 et le 26 septembre 2024.
Nous nous excusons du retard avec lequel nous le publions. Il peut cependant susciter aujourd’hui encore un débat enrichissant parmi nous sur l’importance de la dimension religieuse du conflit russo-ukrainien ou sur le lien entre la victoire de l’Ukraine et la tenue d’un procès des crimes du communisme et du post-communisme par une commission internationale.


H&L

Introduction

1.Nous, experts ukrainiens et russes, membres de l’opposition russe en exil et experts internationaux, avons décidé de nous réunir afin d’émettre des propositions pour agir et avancer sur le chemin de la paix.
2.Convaincus que le régime de Vladimir Poutine s’effondrera, que l’Ukraine gagnera la guerre avec le soutien des forces démocratiques, nous pensons qu’il est de notre devoir de préparer, dès maintenant, l’avenir de la Russie pour une Europe en paix.

Nous reconnaissons que les régimes communistes ont commis des crimes, non pas simplement en Union soviétique, mais également en Europe centrale et au-delà.

Plusieurs diagnostics ont été posés

Outre leur caractère punitif, les procès ont une vertu symbolique et éducative : ils permettent de stopper l’impunité et de rétablir une forme de confiance civique. Nous sommes convaincus que c’est l’absence de jugement des crimes du communisme qui a permis à Poutine de lancer la guerre en Ukraine et qui empêche la Russie d’évoluer. Il n’y a pas eu de mise en place des outils de justice transitionnelle en Russie : pas de droit à la justice, ni à la vérité, ni aux réparations, ni de garantie de non-répétition, qui sont les 4 piliers de la justice transitionnelle.

Vladimir Poutine a organisé une amnésie collective de certains faits, tout autant qu’une hypermnésie pour d’autres faits sur le même schéma que Lénine et Staline avant lui : avec des victimes, des héros et des salauds. C’est cet écueil sur lequel il faudra penser les choses autrement quand la guerre sera finie.

Nos Propositions

  1. Nous, experts russes, experts internationaux et membres de l’opposition russe en exil, reconnaissons la responsabilité de l’Etat soviétique dans l’organisation du Holodomor (1932- 1933), qui a fait plus de 4 millions de morts de faim en Ukraine, que l’on doit qualifier comme un génocide contre la nation ukrainienne. Nous demandons que ce génocide, aujourd’hui fortement documenté, soit enfin reconnu par la Fédération de Russie, et internationalement. Nous attendons que la Fédération de Russie reconnaisse de nouveau la supériorité du droit international sur le droit national, comme c’est le cas dans tout Etat démocratique.
  2. Nous pensons qu’il faut prendre conscience de la réalité impériale de la culture russe et de ses effets, dont elle doit sortir, en travaillant notamment à des formations auprès des jeunes.
  3. Nous constatons que le patriarcat de Moscou est devenu une organisation d’Etat qui promeut une religion civile apocalyptique et violente.
    Pour aider cette Eglise à se réformer, nous devons nous inspirer des exemples qui ont fonctionné au 20e siècle, en Allemagne ou en Pologne.

Par exemple, la Plateforme « Paix à tous » aide les prêtres pour leur position anti-guerre, plateforme russe, devrait faire l’objet d’un soutien européen. Il est fondamental de raconter l’histoire authentique de l’Eglise russe et de ses compromissions avec l’Etat soviétique depuis 1927 et 1943. Il faut condamner la destruction de tous les mouvements en faveur de l’identité nationale et les Eglises nationales en URSS et qui continue aujourd’hui dans les territoires occupés en Ukraine.

  1. Nous souhaitons la création d’une commission internationale qui permette la mise en place d’un tribunal pour juger les crimes du communisme commis au XXe siècle, en Europe et dans le bloc soviétique. A cet égard, nous avons apprécié l’idée émise par la plateforme de la mémoire et de la conscience européenne, de créer un tribunal symbolique pour juger des crimes commis par le régime communiste. Nous pensons qu’il faut l’étudier plus en profondeur, notamment pour en définir plus précisément les limites géographiques et juridiques.
  2. Nous avons trouvé un consensus sur la nécessité pour l’Etat Russe de réparer tous les crimes commis par le régime soviétique : réparation financière et morale, de façon proportionnelle selon les niveaux de responsabilité (individuelle, étatique et collective).
  3. Nous sommes convaincus que l’archive est la preuve documentaire par excellence.
    Aussi, il faut dès maintenant travailler, dans chaque pays qui a été concerné, à la publication des documents d’archives. Il faudra créer des comités nationaux qui pourront faire des recherches dans les archives, en lien des commissions internationales qui travailleront ensemble à un document général sur les crimes commis.
  4. Il convient de développer des formations, dès maintenant, pour former les jeunes, mais aussi éveiller et alerter les consciences de la population russe sur les événements et des crimes de l’Histoire.

Pour permettre la décontamination idéologique de la population, il faudra former les jeunes générations européennes, par un immense travail de pédagogie démocratique. On pourra prendre comme exemple l’expérience mise en place à Sighet, en Roumanie, avec des stages, des cycles de conférence, des prisons transformées en musées des dictatures communistes (une expérience soutenue par le Conseil de l’Europe).

  1. Il est nécessaire de travailler, pour éviter la concurrence des mémoires, à l’élaboration de manuels scolaires européens établis par des historiens de tous ces pays, par un travail collectif en utilisant la méthode des regards croisés. Et en même temps, enseigner les valeurs de la démocratie, de la liberté et une culture mémorielle.

Nos propositions pour l’avenir

  1. Pour ne pas répéter les erreurs du passé, il est indispensable, dès maintenant, de constituer les bases de données les plus fiables sur tous les crimes et les exactions commis par la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine.
  2. Simultanément avec un travail de vérité et de justice, quand le temps sera venu, il faudra favoriser les échanges entre jeunes ukrainiens et russes, permettant, en partageant les souffrances, de ne pas être dans le ressentiment et la revanche, mais dans la projection d’un avenir de paix pour les jeunes générations.
  3. Pour permettre ce travail de vérité et de réconciliation, il faudra l’engagement de toutes les parties prenantes : Etats, Régions, Communes, Associations civiles, mais aussi réseaux d’élus, d’anciens combattants, etc.

Personnes à contacter :
Antoine Arjakovsky & Valentine Tessier +33 618600289

6 Nov 2024


COMMUNIQUE DE PRESSE

Quelles politiques mémorielles en Europe pour le jour d’après Huis Clos organisé par le Collège des Bernardins et le Forum Normandie pour la Paix Entre le 24 et le 26 septembre 2024


Caen, le 26 septembre 2024


Introduction

1. Nous, experts ukrainiens et russes, membres de l’opposition russe en exil et experts internationaux, avons décidé de nous réunir afin d’émettre des propositions pour agir et avancer sur le chemin de la paix.

2. Convaincus que le régime de Vladimir Poutine s’effondrera, que l’Ukraine gagnera la guerre avec le soutien des forces démocratiques, nous pensons qu’il est de notre devoir de préparer, dès maintenant, l’avenir de la Russie pour une Europe en paix.

3. Nous reconnaissons que les régimes communistes ont commis des crimes, non pas simplement en Union soviétique, mais également en Europe centrale et au-delà.

Plusieurs diagnostics ont été posés

1. Outre leur caractère punitif, les procès ont une vertu symbolique et éducative : ils permettent de stopper l’impunité et de rétablir une forme de confiance civique. Nous sommes convaincus que c’est l’absence de jugement des crimes du communisme qui a permis à Poutine de lancer la guerre en Ukraine et qui empêche la Russie d’évoluer. Il n’y a pas eu de mise en place des outils de justice transitionnelle en Russie : pas de droit à la justice, ni à la vérité, ni aux réparations, ni de garantie de non-répétition, qui sont les 4 piliers de la justice transitionnelle.

2.Vladimir Poutine a organisé une amnésie collective de certains faits, tout autant qu’une hypermnésie pour d’autres faits sur le même schéma que Lénine et Staline avant lui : avec des victimes, des héros et des salauds.

C’est cet écueil sur lequel il faudra penser les choses autrement quand la guerre sera finie.

Nos Propositions

1. Nous, experts russes, experts internationaux et membres de l’opposition russe en exil, reconnaissons la responsabilité de l’Etat soviétique dans l’organisation du Holodomor (1932- 1933), qui a fait plus de 4 millions de morts de faim en Ukraine, que l’on doit qualifier comme un génocide contre la nation ukrainienne.

Nous demandons que ce génocide, aujourd’hui fortement documenté, soit enfin reconnu par la Fédération de Russie, et internationalement.

Nous attendons que la Fédération de Russie reconnaisse de nouveau la supériorité du droit international sur le droit national, comme c’est le cas dans tout Etat démocratique.

2.Nous pensons qu’il faut prendre conscience de la réalité impériale de la culture russe et de ses effets, dont elle doit sortir, en travaillant notamment à des formations auprès des jeunes.

3.Nous constatons que le patriarcat de Moscou est devenu une organisation d’Etat qui promeut une religion civile apocalyptique et violente.


Pour aider cette Eglise à se réformer, nous devons nous inspirer des exemples qui ont fonctionné au 20e siècle, en Allemagne ou en Pologne.


Par exemple, la Plateforme « Paix à tous » aide les prêtres pour leur position anti-guerre, plateforme russe, devrait faire l’objet d’un soutien européen.


Il est fondamental de raconter l’histoire authentique de l’Eglise russe et de ses compromissions avec l’Etat soviétique depuis 1927 et 1943.


Il faut condamner la destruction de tous les mouvements en faveur de l’identité nationale et les Eglises nationales en URSS et qui continue aujourd’hui dans les territoires occupés en Ukraine.

4.Nous souhaitons la création d’une commission internationale qui permette la mise en place d’un tribunal pour juger les crimes du communisme commis au XXe siècle, en Europe et dans le bloc soviétique.


A cet égard, nous avons apprécié l’idée émise par la plateforme de la mémoire et de la conscience européenne, de créer un tribunal symbolique pour juger des crimes commis par le régime communiste. Nous pensons qu’il faut l’étudier plus en profondeur, notamment pour en définir plus précisément les limites géographiques et juridiques.

5. Nous avons trouvé un consensus sur la nécessité pour l’Etat Russe de réparer tous les crimes commis par le régime soviétique : réparation financière et morale, de façon proportionnelle selon les niveaux de responsabilité (individuelle, étatique et collective).

6.Nous sommes convaincus que l’archive est la preuve documentaire par excellence.
Aussi, il faut dès maintenant travailler, dans chaque pays qui a été concerné, à la publication des documents d’archives. Il faudra créer des comités nationaux qui pourront faire des recherches dans les archives, en lien des commissions internationales qui travailleront ensemble à un document général sur les crimes commis.

7. Il convient de développer des formations, dès maintenant, pour former les jeunes, mais aussi éveiller et alerter les consciences de la population russe sur les événements et des crimes de l’Histoire.

Pour permettre la décontamination idéologique de la population, il faudra former les jeunes générations européennes, par un immense travail de pédagogie démocratique. On pourra prendre comme exemple l’expérience mise en place à Sighet, en Roumanie, avec des stages, des cycles de conférence, des prisons transformées en musées des dictatures communistes (une expérience soutenue par le Conseil de l’Europe).

8.Il est nécessaire de travailler, pour éviter la concurrence des mémoires, à l’élaboration de manuels scolaires européens établis par des historiens de tous ces pays, par un travail collectif en utilisant la méthode des regards croisés. Et en même temps, enseigner les valeurs de la démocratie, de la liberté et une culture mémorielle.


Nos propositions pour l’avenir

9.Pour ne pas répéter les erreurs du passé, il est indispensable, dès maintenant, de constituer les bases de données les plus fiables sur tous les crimes et les exactions commis par la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine.

10. Simultanément avec un travail de vérité et de justice, quand le temps sera venu, il faudra favoriser les échanges entre jeunes ukrainiens et russes, permettant, en partageant les souffrances, de ne pas être dans le ressentiment et la revanche, mais dans la projection d’un avenir de paix pour les jeunes générations.

11. Pour permettre ce travail de vérité et de réconciliation, il faudra l’engagement de toutes les parties prenantes : Etats, Régions, Communes, Associations civiles, mais aussi réseaux d’élus, d’anciens combattants, etc.


Personnes à contacter :
Antoine Arjakovsky & Valentine Tessier +33 618600289

30 Oct 2024


Le Conseil de l’Europe attribue le prix Vaclav Havel à Maria Corina Machado

Maria Corina Machado, grande figure de l’opposition aurégime vénézuélien, vit aujourd’hui dans la clandestinité. Son long combat en faveur de la démocratie et des droits del’homme a été très officiellement salué il y a quelques semaines par le Conseil de l’Europe qui lui a attribué le prix Vaclav Havel.

Il lui avait été interdit de se présenter au mois de juillet dernier à l’élection présidentielle de son pays contre  Nicolas Maduro – comme l’avait été ensuite la candidate qui l’avait remplacée ! Le candidat « bolivarien » a été – évidemment, a-t-on envie de dire – proclamé vainqueur de cette élection avec 52% des voix par le Conseil national électoral, qui n’a pourtant jamais rendu publics les procès-verbaux des différents bureaux de vote. Selon l’ opposition, qui a publié le décompte des voix fourni par ses scrutateurs, son candidat,  Edmundo Gonzalez Urrutia , a obtenu plus de 60% des voix. Menacé de prison dans son pays,  il a trouvé refuge en Espagne.

Après l’annonce de la réélection de Nicolás Maduro, des manifestants étaient descendus dans la rue pour dire leur colère. La répression avait provoqué la mort de 27 personnes et l’arrestation de 2400 autres. Le Venezuela, que défend Jean-Luc Mélenchon pour ses vertus révolutionnaires et son opposition à l’impérialisme américain, est installé dans une sorte de crise politique et économique chronique. Au moins 7 millions de ses 30 millions d’habitants ont fui le pays depuis 2014.

H&L, 20 octobre 2024

23 Oct 2024


« Jean-Paul Sartre et l’URSS » : un éclairage pour comprendre le rapport des Français à Vladimir Poutine

L’institut d’histoire sociale et les Amis d’Histoire & Liberté sont heureux de vous inviter vendredi 18 octobre de 18h à 20h au Café du Pont-Neuf, 14 quai du Louvre (Paris 1er) à une rencontre avec Cécile Vaissié, professeur à l’Université Rennes 2, auteur notamment des Réseaux du Kremlin en France (éd. des Petits matins) et de Sartre et l’URSS (Presses universitaires de Rennes).


Elle nous expliquera en quoi le rapport de Sartre à l’URSS aide à éclairer et comprendre, aujourd’hui encore, le rapport de nos compatriotes à la Russie, et à repérer les motivations des soutiens et des adversaires de Poutine, dans la guerre que mène le Kremlin contre l’Ukraine.

8 Oct 2024