Nous y voici; et la démocratie représentative fonctionne comme elle le doit. doit. Le gagnant a été préféré avec 72 millions de voix contre 67 millions à la perdante. Deux candidats dits indépendants prennent environ 600 mille voix. 

Dans le collège électoral – qui légalement désigne le président – le vainqueur devrait obtenir 312 voix contre 226 à la perdante.  Il faut toutefois dire et répéter que ce College Electoral est une très bonne chose qui sert de barrière à toute tyrannie majoritaire.  Il me semble qu’en effet, Donald Trump n’avait pas la majorité des voix ni en 2016 ni en 2020, mais qu’il avait gagné dans le premier cas au College.  

Ce qui nous oblige à revenir encore une fois sur la mésaventure de l’après-élection de 2020, finissant dans le désordre du 6 janvier quand une manifestation de soutien à Trump (lequel avait eu la mauvaise idée d’assurer qu’on lui avait volé des voix, avec comme résultat de perdre dans le Collège) dérapa et provoqua une émeute débordant dans les locaux du Congres dont la tâche du jour était de certifier les comptes du College et de mettre ainsi fin officiellement et légalement à la campagne.

Basse besogne, condamnée dans les pages du prestigieux journal conservateur-liberal, le Wall Sreet Journal ainsi que dans les revues de la droite raisonnable, modérée et satirique comme l’American Spectator. Mais tout le monde sait que Trump ne lit pas les journaux sauf s’ils chantent ses louanges.  Ce fut effectivement un choc brutal, mais il ne faut pas oublier que Trump avait proposé d’utiliser la Garde Nationale (qui à Washington est sous les ordres du Président alors que dans les Etats elle obéit aux gouverneurs) pour renforcer la police municipale. Il ne faut pas oublier non plus qu’il le fit non sans ambiguïté puisqu’il suggéra que le maire de Washington (Mme Muriel Bowser, Démocrate) lui demande de le faire, sachant qu’elle ne l’aimait pas et qu’elle avait déjà exprimé sa confiance dans la police de la ville pour le maintien de l’ordre. En passant et pour mémoire, elle avait donné l’ordre à la police de faire dans la dentelle avec les émeutiers organisés par le mouvement Black Lives Matter qui la remercièrent en faisant des dégâts dans la ville estimés à 24 millions de dollars.


C’est dire qu’il y avait une atmosphère de guerre civile dans la ville et dans le pays, sans doute plus dans les têtes que dans les préparatifs et intentions sérieuses, mais il n’empêche : il valait mieux être prudent. Il ne faut pas oublier du reste que Trump a subi des attaques incessantes de la part de l’opposition dès son premier jour à la tête de l’exécutif. Certes il a le profil pour les provoquer, mais une attitude discutable n’est pas illégale.  Et puis, le président est le chef et le père de la nation. Comme le disait George Washington – qui subit de la part des ses opposants des violences verbales non moins choquantes que celles de nos jours – un président, un chef, doit toujours garder son calme et s’exprimer avec courtoisie.. Cela dit, c’est la réalité de notre temps : les gens sont mal élevés en général, et en plus, des marxistes et autres fascistes veulent « faire table rase », une opération à grand risque et invariablement à mauvais résultats.

La page étant quand même tournée, non sans de terribles drames, des vies détruites et des centaines de manifestants arrêtés et jetés en prison, la majorité d’entre eux n’étant pas entrés dans le Capitole, Trump, légalement encore président, fut donc jugé par le Sénat (c’était la procédure d’ impeachment) pour incitation et à rébellion et manque de respect à la Constitution. Mais le vote du jury l’a absout. Mauvais quart d’heure. Mais les Démocrates, au lieu de tourner la page et de combattre Trump politiquement s’il venait à se présenter de nouveau à l’élection présidentielle – comme bien sûr il en avait l’intention – lancèrent contre lui plusieurs inculpations et procès sur des bases juridiques discutables pour essayer de l’arrêter.

Les procès intentés contre l’ex et futur président sont sans fondements sérieux.  Et même s’ils eussent été fondés, comme l’affirma à plusieurs reprises le Wall Street Journal, les tribunaux auraient mieux fait d’écarter les inculpations car il était trop évident que ces procès étaient voulus pour des raisons politiques, comme dans une république bananière, communiste ou fasciste. Trump restait en effet le chef de l’opposition et sans doute aucun son candidat à la prochaine élection présidentielle. 

Lors de la campagne, il est clair que Trump avait le vent en poupe contre le président sortant J. R Biden, qui apparut diminué et faible au cours de leurs premier et unique débat, et incapable de réponses cohérentes tant pour ses bavures en politique étrangère que pour les défauts de sa politique intérieure qui est de suivre le programme de l’extrême gauche qui s’est emparée du parti démocrate.  Les Démocrates ont donc opéré un « coup » au sein du parti pour se débarrasser du vieillard et installer sa vice-présidente Kamala Harris sans primaires et même sans débats dans leurs assemblées de nomination, ce qui avait tout d’une mise en scène. 

Harris n’a elle-même aucune personnalité ni principes et elle n’a rien fait pour endiguer l’invasion migratoire alors que le vieux Joe lui avait confié le dossier de l’immigration.  Il est évident que Trump sera président; il est sûr que certains observateurs (dont, je plaide coupable, moi-même) auraient préféré qu’il y ai eu une sorte de paix civile après le drame du 6 janvier et que les deux grands partis se mettent d’accord pour cesser les hostilités en mettant en avant des hommes nouveaux ou des femmes nouvelles, mais c’était surestimer les capacités de miséricorde et de conciliation d’une société qui (nous ne voulons pas l’admettre) est dangereusement divisée et où les deux camps refusent les compromis.  Il me semble toutefois que ceci a beaucoup plus à voir avec la défaillance des élites (y compris dans les médias) que dans la peuple. Trump, malgré tous ses défauts, le reconnut : il fit campagne en parlant au peuple et en l’écoutant. Harris fit campagne en comparant Trump à Hitler. 

Comme disait Lincoln: « You can’t fool all the people all the time, »  on ne trompe pas le peuple entier tout le temps…

Roger Kaplan

13 Nov 2024


LE CHANT DU GENEVRIER, REGINA SCHEER, ACTES SUD, 2024, 400 p. 23,90 €

Ce n’est pas une étude, un essai que je vous encourage à lire c’est un roman. Mais il m’a beaucoup plu et traite à sa façon les thèmes qui nous sont chers. Il s’agit de Le chant du genévrier, premier roman écrit par Regina Scheer, publié en 2014 en Allemagne, et en 2024 chez Acte Sud en France.

Genévrier, c’est Machandel en allemand, et c’est le nom d’un village situé dans le Mecklenbourg, dans l’ancienne RDA, à 200 km au nord de Berlin. L’auteur, née elle même en RDA en 1950, met en scène l’histoire de ce village – imaginaire -, entre 1940 et 1989, à travers celle de plusieurs familles, qui servent de prétexte à ce retour sur l’histoire tourmentée de la RDA. Le roman est centré sur deux moments forts, les années de guerre, et celles qui aboutirent à la chute du Mur.


La famille centrale est celle des Langner, qui a réellement existé et existe toujours. Le père, Hans Langner, communiste convaincu jusqu’à la fin de sa vie, fut arrêté en 1940 par les nazis, déporté au camp de Schasenhausen. Il participa à la marche de la mort mais s’enfuit et se réfugia dans ce petit village qui avait accueilli un certain nombre de « réfugiés », regroupés dans un vieux château au cœur du village. Hans Langner y assista à l’avancée de l’Armée rouge et à son arrivée en 1944. S’y installèrent ensuite des « personnes déplacées » venus de Pologne.

Hans Langner retrouva une place de choix au parti communiste puisqu’il devint ministre, et ne dévia pas de la ligne officielle, même lorsque, lors du procès Slanski, le communiste tchèque qui lui avait sauvé la vie au camp, fut mis en accusation. Les enfants Langner, Jan et Clara, sont aussi symboliques de l’histoire de la RDA : Jan, le photographe qui, persécuté par la Stasi, se réfugia à l’Ouest, et Clara qui participa aux mouvements d’opposition à la fin des années 80.

Autre personnage significatif du roman : Natalia, originaire de Biélorussie, qui fut déportée dans le village avec un certain nombre de travailleurs de l’Est, devint domestique au château, et finalement resta en RDA et y fit sa vie car personne ne l’attendait à l’Est, ses parents ayant été déportés au Goulag.

Une autre histoire émouvante, celle de la famille Peters et ses 8 enfants, dont une femme réfugiée de Hambourg prit soin du fait de la mort de leur mère, du départ au front du père, et de l’envoi dans un asile de la fille ainée, Marlène, dont se débarrassa ainsi le régisseur du domaine après l’avoir violée et mise enceinte. La stérilisation puis l’assassinat des soi-disant fous par les infirmiers du centre fait aussi partie de l’histoire tragique allemande. – l’opération T4.

Toutes ces histoires individuelles, symboliques des différentes facettes de l’histoire de l’Allemagne de l’Est – nazisme, communisme…s’entrecroisent dans le roman car chacun s’exprime tour à tour. Elles donnent ainsi une image poignante de la réalité historique au jour le jour. Un livre magnifique.

Florence Grandsenne le 3 novembre 3024

8 Nov 2024


« Quelles politiques mémorielles en Europe pour le jour d’après ? »

Le communiqué de presse qui suit ( que nous publions dans sa totalité, titre compris) nous a été transmis par notre ami Stéphane Courtois. Il a été rédigé à l’issue d’un Huis Clos organisé par le Collège des Bernardins et le Forum Normandie pour la Paix entre le 24 et le 26 septembre 2024.
Nous nous excusons du retard avec lequel nous le publions. Il peut cependant susciter aujourd’hui encore un débat enrichissant parmi nous sur l’importance de la dimension religieuse du conflit russo-ukrainien ou sur le lien entre la victoire de l’Ukraine et la tenue d’un procès des crimes du communisme et du post-communisme par une commission internationale.


H&L

Introduction

1.Nous, experts ukrainiens et russes, membres de l’opposition russe en exil et experts internationaux, avons décidé de nous réunir afin d’émettre des propositions pour agir et avancer sur le chemin de la paix.
2.Convaincus que le régime de Vladimir Poutine s’effondrera, que l’Ukraine gagnera la guerre avec le soutien des forces démocratiques, nous pensons qu’il est de notre devoir de préparer, dès maintenant, l’avenir de la Russie pour une Europe en paix.

Nous reconnaissons que les régimes communistes ont commis des crimes, non pas simplement en Union soviétique, mais également en Europe centrale et au-delà.

Plusieurs diagnostics ont été posés

Outre leur caractère punitif, les procès ont une vertu symbolique et éducative : ils permettent de stopper l’impunité et de rétablir une forme de confiance civique. Nous sommes convaincus que c’est l’absence de jugement des crimes du communisme qui a permis à Poutine de lancer la guerre en Ukraine et qui empêche la Russie d’évoluer. Il n’y a pas eu de mise en place des outils de justice transitionnelle en Russie : pas de droit à la justice, ni à la vérité, ni aux réparations, ni de garantie de non-répétition, qui sont les 4 piliers de la justice transitionnelle.

Vladimir Poutine a organisé une amnésie collective de certains faits, tout autant qu’une hypermnésie pour d’autres faits sur le même schéma que Lénine et Staline avant lui : avec des victimes, des héros et des salauds. C’est cet écueil sur lequel il faudra penser les choses autrement quand la guerre sera finie.

Nos Propositions

  1. Nous, experts russes, experts internationaux et membres de l’opposition russe en exil, reconnaissons la responsabilité de l’Etat soviétique dans l’organisation du Holodomor (1932- 1933), qui a fait plus de 4 millions de morts de faim en Ukraine, que l’on doit qualifier comme un génocide contre la nation ukrainienne. Nous demandons que ce génocide, aujourd’hui fortement documenté, soit enfin reconnu par la Fédération de Russie, et internationalement. Nous attendons que la Fédération de Russie reconnaisse de nouveau la supériorité du droit international sur le droit national, comme c’est le cas dans tout Etat démocratique.
  2. Nous pensons qu’il faut prendre conscience de la réalité impériale de la culture russe et de ses effets, dont elle doit sortir, en travaillant notamment à des formations auprès des jeunes.
  3. Nous constatons que le patriarcat de Moscou est devenu une organisation d’Etat qui promeut une religion civile apocalyptique et violente.
    Pour aider cette Eglise à se réformer, nous devons nous inspirer des exemples qui ont fonctionné au 20e siècle, en Allemagne ou en Pologne.

Par exemple, la Plateforme « Paix à tous » aide les prêtres pour leur position anti-guerre, plateforme russe, devrait faire l’objet d’un soutien européen. Il est fondamental de raconter l’histoire authentique de l’Eglise russe et de ses compromissions avec l’Etat soviétique depuis 1927 et 1943. Il faut condamner la destruction de tous les mouvements en faveur de l’identité nationale et les Eglises nationales en URSS et qui continue aujourd’hui dans les territoires occupés en Ukraine.

  1. Nous souhaitons la création d’une commission internationale qui permette la mise en place d’un tribunal pour juger les crimes du communisme commis au XXe siècle, en Europe et dans le bloc soviétique. A cet égard, nous avons apprécié l’idée émise par la plateforme de la mémoire et de la conscience européenne, de créer un tribunal symbolique pour juger des crimes commis par le régime communiste. Nous pensons qu’il faut l’étudier plus en profondeur, notamment pour en définir plus précisément les limites géographiques et juridiques.
  2. Nous avons trouvé un consensus sur la nécessité pour l’Etat Russe de réparer tous les crimes commis par le régime soviétique : réparation financière et morale, de façon proportionnelle selon les niveaux de responsabilité (individuelle, étatique et collective).
  3. Nous sommes convaincus que l’archive est la preuve documentaire par excellence.
    Aussi, il faut dès maintenant travailler, dans chaque pays qui a été concerné, à la publication des documents d’archives. Il faudra créer des comités nationaux qui pourront faire des recherches dans les archives, en lien des commissions internationales qui travailleront ensemble à un document général sur les crimes commis.
  4. Il convient de développer des formations, dès maintenant, pour former les jeunes, mais aussi éveiller et alerter les consciences de la population russe sur les événements et des crimes de l’Histoire.

Pour permettre la décontamination idéologique de la population, il faudra former les jeunes générations européennes, par un immense travail de pédagogie démocratique. On pourra prendre comme exemple l’expérience mise en place à Sighet, en Roumanie, avec des stages, des cycles de conférence, des prisons transformées en musées des dictatures communistes (une expérience soutenue par le Conseil de l’Europe).

  1. Il est nécessaire de travailler, pour éviter la concurrence des mémoires, à l’élaboration de manuels scolaires européens établis par des historiens de tous ces pays, par un travail collectif en utilisant la méthode des regards croisés. Et en même temps, enseigner les valeurs de la démocratie, de la liberté et une culture mémorielle.

Nos propositions pour l’avenir

  1. Pour ne pas répéter les erreurs du passé, il est indispensable, dès maintenant, de constituer les bases de données les plus fiables sur tous les crimes et les exactions commis par la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine.
  2. Simultanément avec un travail de vérité et de justice, quand le temps sera venu, il faudra favoriser les échanges entre jeunes ukrainiens et russes, permettant, en partageant les souffrances, de ne pas être dans le ressentiment et la revanche, mais dans la projection d’un avenir de paix pour les jeunes générations.
  3. Pour permettre ce travail de vérité et de réconciliation, il faudra l’engagement de toutes les parties prenantes : Etats, Régions, Communes, Associations civiles, mais aussi réseaux d’élus, d’anciens combattants, etc.

Personnes à contacter :
Antoine Arjakovsky & Valentine Tessier +33 618600289

6 Nov 2024


COMMUNIQUE DE PRESSE

Quelles politiques mémorielles en Europe pour le jour d’après Huis Clos organisé par le Collège des Bernardins et le Forum Normandie pour la Paix Entre le 24 et le 26 septembre 2024


Caen, le 26 septembre 2024


Introduction

1. Nous, experts ukrainiens et russes, membres de l’opposition russe en exil et experts internationaux, avons décidé de nous réunir afin d’émettre des propositions pour agir et avancer sur le chemin de la paix.

2. Convaincus que le régime de Vladimir Poutine s’effondrera, que l’Ukraine gagnera la guerre avec le soutien des forces démocratiques, nous pensons qu’il est de notre devoir de préparer, dès maintenant, l’avenir de la Russie pour une Europe en paix.

3. Nous reconnaissons que les régimes communistes ont commis des crimes, non pas simplement en Union soviétique, mais également en Europe centrale et au-delà.

Plusieurs diagnostics ont été posés

1. Outre leur caractère punitif, les procès ont une vertu symbolique et éducative : ils permettent de stopper l’impunité et de rétablir une forme de confiance civique. Nous sommes convaincus que c’est l’absence de jugement des crimes du communisme qui a permis à Poutine de lancer la guerre en Ukraine et qui empêche la Russie d’évoluer. Il n’y a pas eu de mise en place des outils de justice transitionnelle en Russie : pas de droit à la justice, ni à la vérité, ni aux réparations, ni de garantie de non-répétition, qui sont les 4 piliers de la justice transitionnelle.

2.Vladimir Poutine a organisé une amnésie collective de certains faits, tout autant qu’une hypermnésie pour d’autres faits sur le même schéma que Lénine et Staline avant lui : avec des victimes, des héros et des salauds.

C’est cet écueil sur lequel il faudra penser les choses autrement quand la guerre sera finie.

Nos Propositions

1. Nous, experts russes, experts internationaux et membres de l’opposition russe en exil, reconnaissons la responsabilité de l’Etat soviétique dans l’organisation du Holodomor (1932- 1933), qui a fait plus de 4 millions de morts de faim en Ukraine, que l’on doit qualifier comme un génocide contre la nation ukrainienne.

Nous demandons que ce génocide, aujourd’hui fortement documenté, soit enfin reconnu par la Fédération de Russie, et internationalement.

Nous attendons que la Fédération de Russie reconnaisse de nouveau la supériorité du droit international sur le droit national, comme c’est le cas dans tout Etat démocratique.

2.Nous pensons qu’il faut prendre conscience de la réalité impériale de la culture russe et de ses effets, dont elle doit sortir, en travaillant notamment à des formations auprès des jeunes.

3.Nous constatons que le patriarcat de Moscou est devenu une organisation d’Etat qui promeut une religion civile apocalyptique et violente.


Pour aider cette Eglise à se réformer, nous devons nous inspirer des exemples qui ont fonctionné au 20e siècle, en Allemagne ou en Pologne.


Par exemple, la Plateforme « Paix à tous » aide les prêtres pour leur position anti-guerre, plateforme russe, devrait faire l’objet d’un soutien européen.


Il est fondamental de raconter l’histoire authentique de l’Eglise russe et de ses compromissions avec l’Etat soviétique depuis 1927 et 1943.


Il faut condamner la destruction de tous les mouvements en faveur de l’identité nationale et les Eglises nationales en URSS et qui continue aujourd’hui dans les territoires occupés en Ukraine.

4.Nous souhaitons la création d’une commission internationale qui permette la mise en place d’un tribunal pour juger les crimes du communisme commis au XXe siècle, en Europe et dans le bloc soviétique.


A cet égard, nous avons apprécié l’idée émise par la plateforme de la mémoire et de la conscience européenne, de créer un tribunal symbolique pour juger des crimes commis par le régime communiste. Nous pensons qu’il faut l’étudier plus en profondeur, notamment pour en définir plus précisément les limites géographiques et juridiques.

5. Nous avons trouvé un consensus sur la nécessité pour l’Etat Russe de réparer tous les crimes commis par le régime soviétique : réparation financière et morale, de façon proportionnelle selon les niveaux de responsabilité (individuelle, étatique et collective).

6.Nous sommes convaincus que l’archive est la preuve documentaire par excellence.
Aussi, il faut dès maintenant travailler, dans chaque pays qui a été concerné, à la publication des documents d’archives. Il faudra créer des comités nationaux qui pourront faire des recherches dans les archives, en lien des commissions internationales qui travailleront ensemble à un document général sur les crimes commis.

7. Il convient de développer des formations, dès maintenant, pour former les jeunes, mais aussi éveiller et alerter les consciences de la population russe sur les événements et des crimes de l’Histoire.

Pour permettre la décontamination idéologique de la population, il faudra former les jeunes générations européennes, par un immense travail de pédagogie démocratique. On pourra prendre comme exemple l’expérience mise en place à Sighet, en Roumanie, avec des stages, des cycles de conférence, des prisons transformées en musées des dictatures communistes (une expérience soutenue par le Conseil de l’Europe).

8.Il est nécessaire de travailler, pour éviter la concurrence des mémoires, à l’élaboration de manuels scolaires européens établis par des historiens de tous ces pays, par un travail collectif en utilisant la méthode des regards croisés. Et en même temps, enseigner les valeurs de la démocratie, de la liberté et une culture mémorielle.


Nos propositions pour l’avenir

9.Pour ne pas répéter les erreurs du passé, il est indispensable, dès maintenant, de constituer les bases de données les plus fiables sur tous les crimes et les exactions commis par la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine.

10. Simultanément avec un travail de vérité et de justice, quand le temps sera venu, il faudra favoriser les échanges entre jeunes ukrainiens et russes, permettant, en partageant les souffrances, de ne pas être dans le ressentiment et la revanche, mais dans la projection d’un avenir de paix pour les jeunes générations.

11. Pour permettre ce travail de vérité et de réconciliation, il faudra l’engagement de toutes les parties prenantes : Etats, Régions, Communes, Associations civiles, mais aussi réseaux d’élus, d’anciens combattants, etc.


Personnes à contacter :
Antoine Arjakovsky & Valentine Tessier +33 618600289

30 Oct 2024


Le Conseil de l’Europe attribue le prix Vaclav Havel à Maria Corina Machado

Maria Corina Machado, grande figure de l’opposition aurégime vénézuélien, vit aujourd’hui dans la clandestinité. Son long combat en faveur de la démocratie et des droits del’homme a été très officiellement salué il y a quelques semaines par le Conseil de l’Europe qui lui a attribué le prix Vaclav Havel.

Il lui avait été interdit de se présenter au mois de juillet dernier à l’élection présidentielle de son pays contre  Nicolas Maduro – comme l’avait été ensuite la candidate qui l’avait remplacée ! Le candidat « bolivarien » a été – évidemment, a-t-on envie de dire – proclamé vainqueur de cette élection avec 52% des voix par le Conseil national électoral, qui n’a pourtant jamais rendu publics les procès-verbaux des différents bureaux de vote. Selon l’ opposition, qui a publié le décompte des voix fourni par ses scrutateurs, son candidat,  Edmundo Gonzalez Urrutia , a obtenu plus de 60% des voix. Menacé de prison dans son pays,  il a trouvé refuge en Espagne.

Après l’annonce de la réélection de Nicolás Maduro, des manifestants étaient descendus dans la rue pour dire leur colère. La répression avait provoqué la mort de 27 personnes et l’arrestation de 2400 autres. Le Venezuela, que défend Jean-Luc Mélenchon pour ses vertus révolutionnaires et son opposition à l’impérialisme américain, est installé dans une sorte de crise politique et économique chronique. Au moins 7 millions de ses 30 millions d’habitants ont fui le pays depuis 2014.

H&L, 20 octobre 2024

23 Oct 2024


« Jean-Paul Sartre et l’URSS » : un éclairage pour comprendre le rapport des Français à Vladimir Poutine

L’institut d’histoire sociale et les Amis d’Histoire & Liberté sont heureux de vous inviter vendredi 18 octobre de 18h à 20h au Café du Pont-Neuf, 14 quai du Louvre (Paris 1er) à une rencontre avec Cécile Vaissié, professeur à l’Université Rennes 2, auteur notamment des Réseaux du Kremlin en France (éd. des Petits matins) et de Sartre et l’URSS (Presses universitaires de Rennes).


Elle nous expliquera en quoi le rapport de Sartre à l’URSS aide à éclairer et comprendre, aujourd’hui encore, le rapport de nos compatriotes à la Russie, et à repérer les motivations des soutiens et des adversaires de Poutine, dans la guerre que mène le Kremlin contre l’Ukraine.

8 Oct 2024


Après le retrait de Jo Biden

Nous sommes tous des spectateurs, engagés ou non, dans les affaires courantes, nous le sommes, même si nous essayons d’y échapper, obligés que nous sommes  de voir, d’entendre, et donc de  réagir, à des coups de théâtre politiques qu’honnêtement, nous ne comprenons qu’à peine.  C’est sûrement le cas en cet été américain caniculaire (au propre comme au figuré).

Les endroits les plus « chauds » du globe- Israel-Gaza et l’Ukraine – sont fortement attentifs à l’évolution politique chez nous.  Les Israéliens et les Ukrainiens sont en première ligne dans le combat entre Civilisation et Barbarie. En un certain sens, ils sont les uns et les autres dans la plaine devant Poitiers, en 732, brandissant leurs armes contre l’envahisseur, à l’instar de leur chef.

Qui, en ce siècle, tient le rôle de Charles Martel ? La civilisation occidentale ayant évolué vers la démocratie depuis quelques temps, il faut dire que ni Zelenski ni Nétanyahou ne peuvent compter sur l’adhésion totale et automatique de tous leurs guerriers ni même de tous leurs ministres. C’est ainsi et c’est peut être à porter au crédit de l’idée de démocratie, justement. Liberté, dignité et valeur de l’individu : il faut écouter tout le monde et respecter toutes les opinions.  Et dans ce sens, les Charles Martel de notre époque, les Roland, les Publius Horatius, sont des combattants ordinaires, des types sans prétentions, des types bien, pères de famille, sous-officiers, flics en uniforme, sapeurs-pompiers, comme les instituteurs, les professeurs, les hommes de science et de pensée…  C’est ainsi, je crois, que nous pouvons nous mettre d’accord et c’est mieux ainsi. 

Cette idée et cette perception de la dignité, de la valeur et du respect dus à chacun, évolue depuis longtemps.  Ce n’est pas le moment de disserter sur l’invention de l’individu, face à son Créateur, dans le judaïsme puis dans le christianisme, mais admettons que la chrétienté et ce que nous appelons la « civilisation judéo-chrétienne » sont aujourd’hui triomphantes, désormais sans impérialisme territorial, mais aussi vulnérables car leurs alternatives sont, au contraire, par leur nature, en quête des terres à conquérir.

Ce que l’on a vu cet été chez nous est l’éclatante confirmation que la droite saisit le moment beaucoup plus clairement que la gauche. 

Sans doute, comme c’est l’habitude en démocratie, la droite (comme la gauche d’ailleurs) connait des désaccords internes. L’isolationnisme dans les affaires concernant la sécurité internationale ou le protectionnisme pour ce qui est du commerce avec les Européens, positions défendues par J.D. Vance, suscitent d’âpres iscussions. Mais le parti républicain  approuve le principe de balayer devant sa porte plutôt que devant celle des étrangers , d’autant qu’on y court des dangers qu’on ne doit pas sous-estimer. Ce n’est pas de la xénophobie ( d’ailleurs Vance a épousé une fille de l’immigration asiatique) mais plutôt une manière de défendre les moeurs et la culture américaines que la Droite accuse les Démocrates de mépriser..

Les Européens peuvent raisonnablement craindre que la tendance isolationniste des Etats Unis, amorcée sous le premier gouvernement Trump, soit renforcée si l’ancien président revient aux affaires à l’issue du vote de novembre.  Le choix, pour la vice-présidence,  de James David Vance, jeune (40 ans dans quelques jours) sénateur sans grande expérience d’homme d’Etat (seulement deux années au Sénat ( comme représentant de l’Ohio) semble le confirmer : au contraire de Nikki Haley, de Marco Rubio ou même de Ron de Santis, adversaires de Donald Trump pendant les primaires mais tous plus ou moins dans la mouvance « atlantiste » de la politique étrangère américaine, J. D. Vance, représente à sa façon le rêve américain ou en tout cas la possible ascension sociale : enfant de la pauvreté qui s’en est tiré par son mérite, volontaire en Iraq, il a retenu de son expérience sous l’ uniforme qu’il ne pouvait y avoir trop de prudence en politique étrangère, et il affirme en particulier que les guerres « préventives » de G. W. Bush furent des catastrophes (ce que personne ne nie, la question étant de savoir si la faute incombe aux stratégies adoptées ou à l’idée même d’intervenir ). Il pense aussi que si le régime de Poutine est hors-la-loi, il est juste d’affirmer que son agressivité aurait dû être mieux « traitée » par les alliés, et que même si son sort nous concerne tout particulièrement, l’Ukraine n’est pas notre problème majeur.`

Il faut toutefois nuancer.  Ni Trump ni Vance ne sont poutinophiles; ils savent très bien que le régime en Russie est tyrannique, voire maléfique.  Je crois pour ma part, sans en avoir la preuve, qu’une administration Trump chercherait un cessez-le-feu à la coréenne, sur la base d’une pensée à la George Kennan, le (très) grand diplomate, historien et soviétologue, qui jusqu’a la fin de sa longue vie conseillait l’endiguement (containment) de la puissance russe, mais avec prudence. C’est pourquoi il était contre l’élargissement de l’Otan.  

On peut penser qu’il avait tort; ce qui est sûr, c’est que ni les Américains ni les Européens ne sont enclins à donner le feu vert (et les moyens en armements) aux Ukrainiens pour attaquer la Russie et de vouloir mettre ainsi fin à la guerre.

Le « néo-isolationisme » ou le « national-conservatisme » que Vance exprime dans un langage de penseur, tandis que Trump reste sur sa rhétorique « populiste » (et parfois outrancière), font penser  à l’attitude des Francs du VIII ème siècle, sans doute en position de supprimer la menace sarrasine, mais préférant attendre quelques siècles pour libérer (si c’est le mot…) la péninsule ibérique.  

En échappant de justesse au tir d’un assassin – un Français ne manquera pas de penser au roman de J.-P. Manchette, La Position du Tireur Couché -, Donald Trump non seulement donne de l’Amérique une image qui restera pour toujours – comme celle de Bonaparte au pont d’ Arcole, de la Garde à Waterloo, de la Légion à Camerone, de Davy Crockett à Fort-Alamo, des Marines à Iwo Jima, de Custer à Little Big Horn – et quand, touché à l’oreille, il tombe, se relève, serre le poing et crie : « En avant! » ( fight !), donnant ainsi un exemple de courage, de chef au combat, de chef tout court, bref d’homme fort et courageux, il donne une preuve de plus que l’un des thèmes de son premier gouvernement et de la droite américaine depuis longtemps, est juste: à savoir que le gouvernement permanent (fédéral) est d’une incompétence quasiment dangereuse pour les citoyens.  Il n’a pas manqué, bien sûr, de parler avec émotion du pompier tombé sous un des coups de feu de l’assassin; lui-même n’a condamné personne, mais immédiates furent les réactions dans la presse qui demandaient comment le Secret Service, garde rapprochée des présidents (et d’autres, y compris les candidats) avait pu permettre une telle bavure, le tireur ayant été repéré sur un toit une demi-heure avant l’arrivée de Trump sur l’estrade.  

Nombreux sont les analystes qui disent que l’élection de 2024 s’est jouée en ces quelques minutes; en fait, si les derniers années en Occident ( et pas seulement en Amérique) nous ont appris quelque chose, c’est qu’on ne peut rien prévoir en politique. Toutefois il est vrai que si Biden reste le candidat des Démocrates, ou même s’il est remplacé, et si la campagne de Trump et des Républicains ne sombre pas dans la surenchère provocatrice, la droite aura effectivement du vent dans ses voiles.  

Post-scriptum.  Ma lettre fut, bien sûr, rédigée avant le plus récent des coups de théâtre (ceux-ci, je crois, ne font que commencer), et avant le retrait de Biden qui montre que les Démocrates ouvrent enfin les yeux.  

Il n’est aucunement certain cependant qu’ils les aient grands ouverts. Et peut être sont-ils même surpris par l’air frais, voire froid, qu’ils perçoivent hors de la bulle dans laquelle ils vivaient.  

En premier lieu, si J. Biden admet qu’il n’est pas en situation (physique, mentale. politique) de briguer un second mandat, pourquoi ne pas admettre qu’il n’est pas non plus en état de conduire aujourd’hui la politique des USA ?  N’oublions pas qu’il détient les codes nucléaires…N’oublions pas non plus que les Républicains savent pertinemment que Biden est l’adversaire contre lequel leurs chances étaient les plus grandes. Ils vont donc préparer une offensive contre Kamala Harris, la vice présidente présentée (de façon très maladroite d’ailleurs) par Biden lui-même comme son dauphin (ou sa dauphine) légitime, une offensive qui risque de faire remonter le côté désagréable de D. Trump, alors qu’il venait  juste de montrer un côte presque sage ces jours derniers. Si les Démocrates persistent dans leur fronde contre leur chef officiel pour investir – par exemple – Michelle Obama, qu’arrivera-t-il? C’est sans doute le moment d’utiliser la vielle formule : à  suivre.

Roger Kaplan, 18 juillet 2024

24 Juil 2024


Les libéraux face aux élections législatives

Le 21 juin dernier, l’ancien ministre Alain Madelin a donné une interview à l’excellente revue en ligne Atlantico. Nous en publions ci-dessous un extrait  qui intéressera, nous n’en doutons pas, nos lecteurs, souvent bien décidés à défendre la démocratie libérale mais divergeant parfois sur le meilleur moyen d’y parvenir, comme le montrent les différents points de vue exprimés dans Histoire & Liberté à l’approche des élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024. Pour l’ensemble de l’interview, nous renvoyons à Atlantico.

Extrait d’un entretien d’Alain Madelin  avec Jean-Sébastien Ferjou pour Atlantico

Atlantico : Pour qui voter aux élections législatives, quand on est un électeur libéral, au regard de ce que sont les programmes proposés ?

Alain Madelin : Il n’y a pas de partis libéraux mais il existe pour peu que l’on regarde à la loupe et qu’on soit indulgent des candidats libéraux. Chez les Républicains, au Modem, à Horizon ou à Renaissance et même du côté d’une certaine gauche, chez les non-mélenchonistes. Donc la réponse est claire, voter pour ces candidats au premier tour et même au deuxième tour pour ceux qui réussiront à franchir la barre qui leur donne des chances d’y figurer à savoir 12,5% des inscrits. C’est souvent difficile, mais beaucoup moins avec une forte participation électorale.

La situation eut été bien entendue très différente si Emmanuel Macron avait tenu sa promesse de scrutin proportionnel qui aurait permis la représentation de chaque famille politique qui n’auraient pas été obligées de s’assujettir à d’autres pour faire figurer ses candidats au deuxième tour. J’ajoute aussi que si un scrutin proportionnel avait effectivement été mis en place, nous aurions surement vu la renaissance d’une famille politique libérale, ce qui aurait simplifié le choix des libéraux.

Reste la question du deuxième tour. Bien sûr, d’abord, battre Mélenchon. Je dis Mélenchon, non pas le Front Populaire qui n’est qu’une étiquette trompeuse qui n’a rien à voir avec notre historique Front Populaire. Ce front là, c’est le Front Mélenchon. Et je regrette souvent que par nécessité électorale les écologistes et les socialistes aient accepté d’y figurer tout en acceptant le risque d’y être minoritaires.

Il est indispensable de combattre le front Mélenchon car sa victoire conduirait notre pays au chaos. Son programme fait penser à des gamins rassis par la haine sociale et ignares des lois de l’économie, qui pensent qu’elles se votent au parlement.

En quelques mots, ce programme c’est dépenser, dépenser beaucoup, dépenser plus, un argent que l’on a pas. En faisant croire que l’on fera payer les nouvelles dettes par la Banque de France, ce qui est impossible. Une situation qui nous enfoncera dans une crise qui conduira aussi à la crise de l’euro et de l’Europe. Une crise qui sera plus rapide qu’on le croit car le rôle des marchés financiers n’est pas d’attendre au pied du mur mais bien d’anticiper.

Ce programme c’est aussi taxer, taxer, taxer. On fera payer les riches, mais deux millions de contribuables sont  visés. Beaucoup plus si l’on ajoute la CSG progressive. Résultat on va détendre le ressort de la croissance et provoquer la grande migration des talents. Mais ils ont pensé à tout : il y aura une taxe sur l’émigration française. On replie l’économie sur elle-même en instaurant par exemple une taxe kilométrique sur les produits importés. Qui peut croire que nos exportations ne seront pas menacées elles-mêmes. D’ailleurs si vous taxez les smartphones, vous les rendrez plus cher en France. Encore un impôt payé par le consommateur.

Au chaos économique, Mélenchon ajoute un chaos social sous la forme d’une haine qui réveille les démons de l’antisémitisme dans une triste tentative de conquérir l’électorat islamiste en France.

Dans la plus grande inconscience, il se propose de favoriser l’immigration et même, grande nouveauté, d’ajouter à l’asile politique l’accueil des réfugiés climatiques. Comme s’il fallait les accueillir en France et non les installer à proximité. Merveilleux prétexte pour un nouveau statut qui comme le détournement du droit d’asile entraînera d’autres détournements à prétexte écologique, simplement dans des proportions beaucoup plus considérables.

En matière de sécurité, on sait qu’il veut désarmer la police mais il veut tout autant désarmer la justice lorsqu’il propose de “lutter contre la surpopulation carcérale”. Qui ne le souhaiterait pas. Mais il ne s’agit pas de place de prison en plus mais d’incarcérer encore moins, de rendre encore moins les peines de prison effectives, c’est-à-dire de renoncer à la dissuasion que représente l’exécution d’une peine. 

Bien sûr, combattre Mélenchon, mais faut-il voter pour Bardella ?

Je n’ai jamais, pour ma part, participé à la diabolisation du Rassemblement national. Je me contente d’examiner de près ses propositions.

Sur le plan économique, longtemps, le RN est apparu comme étatiste et populiste avec un programme dangereux pour l’économie française. Aujourd’hui les choses sont différentes. De jour en jour, le RN édulcore ses promesses. Et nombreux sont ceux qui de Gabriel Attal à Bruno Le Maire, en passant par nombre de journalistes soulignaient cet écart entre les programmes d’hier et d’avant-hier et les positions d’ajd. Ils pensent ainsi saper la confiance dans le RN. C’est exactement l’inverse qui se produit. C’est dire que voter pour Bardella ne peut pas conduire à une catastrophe économique et en plus  qu’au contact de la réalité on peut penser que le RN sera forcé de se « méloniser ». 

En ce qui concerne les questions de la sécurité et de l’immigration pour lesquelles beaucoup de Français ont une attente forte après des années d’inaction des gouvernements précédents toutes tendances confondues, j’ai tendance à penser que le RN a fait naître une attente supérieure à ce qu’il pourra délivrer. Néanmoins, en s’alignant sur un contrôle plus strict de l’immigration que pratiquent déjà de nombreux pays européens, notamment sur le regroupement familial, l’exigence d’un logement ou d’un travail et bien d’autres mesures qui peuvent être prises sans rupture majeure avec l’Europe et avec le droit international il lui est possible – s’il fait preuve de souplesse et non de rigidité – de donner le sentiment d’un coup d’arrêt à l’installation en France d’immigrés qui n’ont guère l’intention d’y travailler mais d’y vivre en y faisant France à part.

Reste une question extrêmement importante. Une question que Bardella devrait mieux clarifier dans cette dernière semaine de campagne : la question de l’Ukraine et du soutien déterminé qu’il faut lui apporter. C’est un enjeu existentiel pour la France. De l’issue de l’agression de Poutine contre l’Ukraine va dépendre le futur des démocraties – et donc de la France – pour les décennies à venir. Ne nous trompons pas : Poutine mène une guerre aux démocraties, avec l’appui de la Chine, de l’Iran et de nombreux autres gouvernements totalitaires. L’enjeu des législatives dépasse celui de la réforme de l’assurance chômage.

A cet égard, la politique du Rassemblement national interroge. Une forme de poutinisme est restée très vivante dans ses rangs et il devient urgent de tourner cette page de leur histoire, dans l’intérêt de la démocratie française. 

Nul doute que Poutine ne se réjouisse d’une possible victoire du Rassemblement national. Car pour lui, c’est un mouvement ami. C’est une longue histoire. MLP qui disait “admirer Vladimir Poutine”, que “la démocratie de Poutine était plus libre que la démocratie en France”, qui défendait l’agression et l’annexion de la Crimée par la Russie, qui après l’annexion de celle-ci défendait la livraison du porte hélicoptère mistral à la Russie. D’un RN dont nombre de ses candidats se sont fait les faux témoins de référendums honnêtes en Crimée ou dans les républiques séparatistes du Donbass. On dira, tout ceci c’était hier. Soit. Aujourd’hui les dirigeants du RN condamnent l’agression russe et affiche une position de soutien à l’Ukraine. Ceci s’est beaucoup moins vu dans les votes du RN au Parlement européen. Le risque n’est pas de voir la France  renoncer au soutien à l’Ukraine – cohabitation oblige – mais parler de paix, de cessez-le-feu ce que Poutine agite mais ne veut pas pour donner le sentiment d’une hésitation française. Compte tenu du leadership qu’a pris la France, ceci peut entraîner le délitement du soutien européen. S’ajoutant aux possibles hésitations de l’Amérique après une éventuelle élection de Donald Trump. Il est facile de dire “nous ne voulons pas être entraînés dans une guerre nucléaire”, “pas d’escalade”… donc par exemple, “gelons l’envoie de nos Mirages”. L’opinion pourrait suivre en partie mais en réalité l’arme nucléaire qu’agite Poutine est justement une arme destinée à faire peur aux opinions. L’escalade c’est celle que pratique Poutine et nous ne faisons que la suivre… avec retard.

Le RN doit prendre conscience qu’on ne peut se dire patriote en France sans résister vraiment à Poutine, sans affirmer la souveraineté de l’Ukraine et sans prendre toute sa place dans le combat des démocraties (…)

25 Juin 2024


Sur l’essence du poutinisme

Ce 14 mai à Paris Jean-François Bouthors nous donnait une stimulante conférence, destinée à « Comprendre ce que veut Poutine ».

Certes au cours des deux heures de son intervention, des questions et du débat avec l’auditoire, furent évoqués ou mentionnés : le narratif pseudo-historique cher au pouvoir moscovite, ses inquiétantes invocations du prétendu monde russe ou les divagations pseudo-religieuses qui tissent l’idéologie obscure du régime poutinien.

La dérive autocratique du personnage lui-même fut également soulignée, sans surprise, et le conférencier évita de s’attarder et d’y voir une sorte de fatalité russe.

La date cruciale de la fin de l’Union soviétique ne fut pas sa dissolution en 1991, mais bien l’arrivée au pouvoir de Youri Andropov en 1982

En effet il mit surtout en lumière l’un des points clefs de la genèse du poutinisme. Selon lui, la date cruciale de la fin de l’Union soviétique ne fut pas sa dissolution en 1991, mais bien l’arrivée au pouvoir de Youri Andropov en 1982. Celui-ci certes avait exercé certaines responsabilités au sein du PCUS, mais il était apparu surtout en tant que chef du KGB.

Pendant 60 ans, depuis la dictature de Staline, établie en 1922,  la Russie avait été gouvernée par le secrétariat général du Parti. Depuis 1982, si nous suivons l’éclairage proposé, aux apparatchiks et aux idéologues du marxisme-léninisme, a succédé la toute puissance de ceux qu’on appelle à Moscou les siloviki, les maîtres des organes dits de sécurité.

Ainsi sommes-nous invités à comprendre le régime poutinien, installé depuis bientôt un quart de siècle. Il est en ligne directe, le KGB ayant été rebaptisé FSB, le successeur d’Andropov. Ceci m’a donc conduit à ressortir de ma bibliothèque un petit livre oublié, quoique fort documenté, vieux de plus de 40 ans. Il avait été écrit par un des plus pertinents auteurs de la dissidence, Jaurès Medvedev. Celui-ci décrivait en 1983 « Andropov au pouvoir » [tr. Anne Beaupré in coll. Champs Flammarion, 254 pages].

Dès l’époque dite de la stagnation, sous Brejnev, l’État moscovite ne s’assignait plus comme tâche essentielle la collectivisation de la terre ou la priorité à l’industrie lourde mais la répression de la dissidence.

Cette lutte est définie de la manière suivante [chapitre VIII, page 87] :

« Depuis Lénine, la dissidence politique n’a pas été tolérée en Union soviétique. Ceci est caractéristique d’un Etat à parti unique, et même plus caractéristique encore d’un Etat communiste à parti unique. »

Le contexte est éclairé par le principe suivant :

« Selon la doctrine régnante, la société communiste constitue la forme la plus accomplie de développement social et la seule société juste possible ; aussi toute expression d’antisocialisme et d’anticommunisme est-elle considérée comme un délit. »

En vertu de cette doctrine implacablement logique :

« Le Code pénal de Staline, […] comporte plusieurs définitions complexes relatives aux crimes politiques, aux activités antisoviétiques et aux opinions antisocialistes ; toute personne peut ainsi être arrêtée et emprisonnée pour opinions antisocialistes ou critiques sans les avoir jamais exprimées en public : en privé, cela suffit. »

C’est ainsi que, dans les années 1930, « la chasse aux ennemis du socialisme atteignit un niveau de paranoïa général. » La Grande Terreur fut déclenchée en août 1936, avec le premier procès de Moscou à l’encontre de dirigeants historiques du parti bolchevik. Elle culmine entre août 1937 et novembre 1938, période qui vit la liquidation létale de 750 000 personnes, et la déportation de millions d’êtres humains.

Or, à partir de son discours secret prononcé en février 1956, lors du XX ème Congrès, « on doit à Khrouchtchev d’avoir mis fin à cette attitude paranoïaque vis-à-vis de la critique. En dénonçant les crimes de Staline, en réhabilitant ses nombreuses victimes et en adoptant d’autres mesures pratiques, il provoqua un changement d’interprétation du terme crime politique. »

Mais bien entendu ni Khrouchtchev ni, de 1964 à 1982, son successeur Brejnev n’ont renoncé à réprimer les oppositions. Elles deviennent « dissidence ». Les dissidents trouvent de nouveaux moyens de s’exprimer. Ils utilisant les failles de la légalité. Au goulag et aux internements psychiatriques, répond à cette époque le samizdat, etc.

À la même époque apparaît l’arme dont les dirigeants occidentaux croient pouvoir se contenter pour vaincre le totalitarisme : la scission entre les deux partis et les deux régimes, russe et chinois.

La reconstitution, de plus en plus évidente, d’un axe Moscou-Pékin, amène aujourd’hui à se départir d’une erreur couramment commise alors dans les milieux du courant occidental dominant. Elle attribue à Mao le mérite d’une imaginaire distance avec le stalinisme, sous prétexte qu’à partir de 1960 le fossé n’a cessé de s’élargir, pendant plus de 20 ans, entre Moscou et Pékin, au point que Nixon et Kissinger allèrent conclure en 1973 une belle et bonne alliance antisoviétique avec la Chine rouge.

Or, la dernière année du règne de Brejnev, avec l’arrivée d’Andropov au pouvoir, coïncida précisément avec les premières ouvertures de réconciliation que l’on peut dater du discours lu par un Brejnev déclinant à Tachkent, certainement rédigé par les services du KGB sinon par Andropov lui-même, en mars 1982.

On doit rappeler à ce sujet que les affrontements militaires de 1969 sur l’Oussouri avaient conduit les deux pays au bord de la guerre. L’un des premiers actes d’Andropov et du KGB au pouvoir fut en mars 1983 de négocier la révision des frontières sino-soviétiques héritées de la période dite des traités inégaux.

L’erreur de parallaxe la plus répandue en Occident consiste, cependant, à n’observer les relations entre Moscou et Pékin que sous le seul angle de la géopolitique

L’erreur de parallaxe la plus répandue en Occident consiste, cependant, à n’observer les relations entre Moscou et Pékin que sous le seul angle de la géopolitique. Malgré la sempiternelle référence aux valeurs démocratiques, le sort des dissidents n’est envisagé que de manière anecdotique comme si les deux États représentaient respectivement « les Russes » et « les Chinois », supposés unanimes et voués en tant que tels à une hostilité permanente. A un demi-siècle de distance, cette vision des choses était encore réaffirmée mécaniquement ce 19 mai sur LCI par Alain Bauer. Toujours brillant et éloquent, notre professeur de criminologie croyait pouvoir aller jusqu’à dire : « Mao haïssait Staline ». Contre-vérité absolue. En réalité, le Grand Timonier de la révolution chinoise nourrissait la plus grande admiration pour le Petit Père des Peuples et copiait assez fidèlement ses méthodes, dans tous les domaines.

Ce que Mao reprochait, au contraire, à Khrouchtchev, qu’il méprisait, c’était précisément sa rupture avec le stalinisme. Le poids de la rivalité entre les deux pays-empires n’est rien en comparaison de la lutte entre deux factions communistes.

L’injure suprême, adressée à partir de 1966 à l’encontre de Liu Shaoqi, numéro 2 du régime et président nominal de la république le qualifiait de « Khrouchtchev chinois ». Arrêté en 1967, molesté par les gardes rouges, il fut destitué en octobre 1968, et mourut en prison en 1969. Il ne fut réhabilité qu’en 1980 sous le règne de Deng Xiaoping, autre « Khrouchtchev chinois »…

Et ce à quoi nous assistons ressemble fort à un rétablissement, à Pékin comme à Moscou, d’un véritable stalinisme d’atmosphère dans le contexte d’une nouvelle guerre froide. Des anciens du KGB, on entend dire par les Moscovites : « c’était notre ENA ». Espérons seulement que la réciproque ne se révèle pas exactement symétrique…

Il devient donc urgent que, dans les pays libres de l’Europe, un courant d’opinion se solidarise plus activement avec les dissidents, en Russie comme en Chine.

JG Malliarakis, le 28 mai 2023

2 Juin 2024


L’article que nous  adressé Jean Francart sera diffusé en trois parties, au rythme d’une par jour 

H&L

Entre 2016 et 2020 (les quatre années où Donald Trump présidait les Etats-Unis), les géopolitilogues partageaient une grande perplexité devant trois réalités distinctes qui s’imposaient à leur observation mais qui soulevaient la question de leur compatibilité :

** Trump cultivait une grande proximité avec Poutine.

Mentionnons ici deux éléments de preuves qui étaient alors disponibles à ces géopolitologues.

Premier élément : Le 7 octobre 2016, le cabinet du directeur du renseignement national (DNI) (qui représentait dix-sept services de renseignement) déclara dans une lettre commune avec le département de la Sécurité intérieure (DHS), que la Russie était en train d’interférer en faveur de Trump dans l’élection présidentielle américaine de début novembre 2016.

Deuxième élément : le comportement très surprenant de Trump lors de la conférence de presse qui suivit sa première rencontre de chefs d’Etat avec Poutine lors du G20 de Helsinki en 2017, comportement qui l’amena à répondre aux journalistes internationaux qu’il faisait plus confiance à ce que disait Poutine qu’à ce que lui disaient ses services de renseignement. Ce comportement provoqua d’ailleurs de tels remous politiques à Washington que Trump fut très vite contraint à revenir publiquement sur sa réponse initiale.

** Trump s’opposait à Xi Jinping.

Il mobilisait à partir de 2017 les Etats-Unis contre la Chine sur la nécessité de rééquilibrer le commerce extérieur des Etats-Unis à l’égard de la Chine.

** L’alliance entre Poutine et Xi devenait toujours plus manifeste.

Cela était particulièrement le cas depuis 2012 comme en témoignaient les manœuvres militaires conjointes toujours plus significatives entre Chine et Russie ou encore le livre publié en 2018 par Alexander Lukin, un des bras droits de Lavrov, « China and Russia : the New Rapprochment » (le livre exprimait que c’était « une même détestation de la démocratie » à Pékin e à Moscou qui avait conduit à ce rapprochement). Ultérieurement, ce rapprochement fut plus que confirmé : « le communiqué sino-russe du 4 février 2022 » signé par Poutine et par Xi manifestait pour la première fois publiquement qu’une étroite alliance multidimensionnelle était désormais en place entre la Chine et la Russie.

Ces trois observations présentaient la particularité d’être complètement discordantes et faisaient ainsi ressortir une formidable énigme :

Comment, entre 2016 et 2020, TRUMP, qui amorçait une confrontation des Etats-Unis avec la Chine de Xi Jinping, pouvait-il réussir à maintenir une forte proximité avec Poutine alors que celui-ci affichait une alliance toujours plus intense avec la Chine de Xi ?

Autre formulation de la même énigme :

Comment, entre 2016 et 2020, POUTINE pouvait-il faire admettre à Xi Jinping la relation privilégiée qu’il avait instaurée avec Trump alors que le même Trump paraissait amorcer une offensive commerciale et géopolitique de grande ampleur à l’encontre de Pékin ?

Quatre ans plus tard, la réponse que nous proposons à cette énigme des années 2016-2020, repose sur deux points que nous nous proposons de développer successivement :

1 – Face à Pékin, Trump ne fut pas le combattant qu’initialement, il affirmait être face à la Chine. Il fut en réalité très velléitaire dans son offensive contre Pékin.

2 – Trump projette, depuis longtemps, d’instaurer une dictature totalitaire aux Etats-Unis, ce qu’il avait maintenu caché entre 2016 et 2020 mais ce que les évènements postérieurs à l’élection de novembre 2020 ont révélé.

I – Trump ne fut pas le combattant qu’il affirmait être face à Pékin

Citons ici quelques points saillants qui attestent de ce que sa mobilisation contre Pékin était très limitée :

Trump n’a trouvé aucune réponse valable aux provocations répétées de la Corée du nord de Kim, ridiculisant la réputation géopolitique des Etats-Unis et surtout laissant vulnérables et désarmés les grands alliés asiatiques des Etats-Unis, le Japon et la Corée du sud.

Dans sa confrontation avec Pékin, qui se plaçait principalement sur le plan commercial, Trump s’est limité à rechercher un rééquilibrage global du commerce Chine/USA, en se résignant à l’avance à ce que le rééquilibrage, plutôt que de porter sur les produits industriels, consiste en achats massifs de pétrole, de soja, de porcs et autres matières premières que la Chine aurait concentrés sur les Etats-Unis (plutôt que sur d’autres fournisseurs extérieurs) ; il laissait ainsi intact l’énorme excédent en produits industriels de la Chine, cet excédent industriel qui est précisément au centre de la stratégie de Pékin et à la base de son surgissement géopolitique.

Dans cette démarche très limitée, il a d’ailleurs été victime d’un formidable marché de dupes. Le 15 janvier 2020, les dirigeants chinois signent avec Trump un document, « The Phase One Trade Agreement », selon lequel, grâce à une augmentation considérable des importations chinoises de produits primaires américains, Pékin s’engageait à réduire de moitié son excédent commercial sur les Etats-Unis. Mais une discrète note de bas de page stipulait que cet engagement de Pékin devenait « caduc en cas de circonstances exceptionnelles ». Le document fut signé le 15 janvier 2020, quand le monde était déjà alerté quant à l’éclosion du Covid à Wuhan mais quelques jours avant que Pékin ne reconnaisse officiellement l’éclosion de l’épidémie de Covid en Chine. Sans ciller, après avoir enfin reconnu que la Chine était touchée par l’épidémie, Pékin proclama unilatéralement que l’accord laborieusement obtenu par les négociateurs de Trump devenait caduc du fait de circonstances exceptionnelles. Trump, qui se flatte d’être « l’homme des excellents deals », a donc bel et bien été roulé dans la farine par les négociateurs chinois…

De la même façon, tous les géopolitologues occidentaux s’interrogent encore aujourd’hui pour quelles raisons Trump a saboté le dispositif, pourtant assez bien inspiré, de Partenariat Trans Pacifique (PTP) qu’Obama avait mis laborieusement en place et qui consistait à instaurer une zone de libre-échange entre les Etats-Unis et les principaux Etats du Pacifique à l’exclusion notable de la Chine, un dispositif qui aurait sérieusement contrecarré la stratégie de Pékin. Après que Trump eut retiré les Etats-Unis de l’accord PTP, l’accord fut maintenu par des pays tels que le Canada, le Japon ou l’Australie. Et récemment, Pékin a entrepris toutes les démarches pour être admis au PTP. Grâce à Trump, le dispositif se retournerait en boomerang contre les Etats-Unis si jamais Pékin était maintenant admis dans cet accord PTP.

Et Trump n’a pas non plus entrepris d’organiser un embargo sur les exportations, américaines et occidentales, de technologies et de produits technologiques vers la Chine. Au point où en était arrivée en 2016 la dégradation du rapport de forces USA/Chine, il était pourtant devenu indispensable de contrer la Chine au niveau de la technologie. Ce que Biden, lui,a assez bien entrepris dès qu’il fut opérationnel, c’est-à-dire à partir de début 2021.

S’agissant du covid, Trump n’a jamais entrepris, comme il aurait dû, d’accuser publiquement la Chine pour ses responsabilités dans le Covid, pour son éclosion en Chine maintenue trop longtemps secrète par Pékin, pour la contagion de la pandémie intervenue à partir de la Chine, pour le refus de la Chine de coopérer à une véritable enquête internationale sur l’origine du covid...

Enfin et surtout, dans sa confrontation avec Pékin, Trump n’a jamais invoqué la défense de la démocratie contre le totalitarisme, ce qui avait pourtant été l’argument central invoqué par les dirigeants américains successifs pendant les 45 années de leur guerre froide avec l’URSS.

Cette absence de toute référence à la défense de la démocratie n’est d’ailleurs pas un hasard ainsi que va le montrer notre deuxième point.

II – Depuis le 3 novembre 2020, tout prouve que Trump est hostile à la démocratie

Reprenons le fil des évènements. Après le scrutin du 3 novembre 2020, Trump fut ulcéré de ce que les règles démocratiques de la constitution américaine amenaient à l’écarter de la Maison-Blanche. Depuis cette date, Trump n’a jamais accepté de reconnaître sa défaite à l’élection de 2020. A l’opposé de tout politicien respectueux de la démocratie, il s’est alors lancé pendant deux mois dans une campagne intense de contestation des résultats électoraux, une campagne accompagnée de multiples tentatives pour inverser arbitrairement le résultat et pour se maintenir au pouvoir en dépit de la volonté exprimée par le peuple américain.

Phase 1. Dès le 7 novembre 2020, il publiait une grande déclaration par laquelle il refusait de reconnaître sa défaite électorale en faisant remarquer les résultats très serrés dans certains Etats-clés et en alléguant le soupçon d’une fraude à grande échelle. Il s’employa ensuite à toutes sortes de recours judiciaires, locaux ou fédéraux, pour contester les résultats électoraux qu’il jugeait en sa défaveur (tous recours qui sans exception furent rejetés comme injustifiés par les instances judiciaires concernées). En cette matière, le comble de la manipulation électorale sera atteint ultérieurement, début janvier 2021, lorsque, au cours d’un entretien téléphonique qui dura une heure, il s’employa (heureusement en vain) à convaincre Mr Raffensperger (Secrétaire d’Etat Républicain de l’Etat de Georgie), d’ajouter « d’un coup de plume » en Géorgie 11.780 voix supplémentaires au nombre des voix qui avaient été décomptées en sa faveur.

Phase 2. Anticipant sans doute que ces recours n’aboutiraient pas, Trump et son équipe s’activèrent ensuite pour que le Congrès invalide l’élection de Biden. La constitution américaine prévoit que, deux mois environ après l’élection, soit le 6 janvier 2021 cette fois, le Congrès se réunisse pour valider, officiellement et définitivement, qui est le nouveau Président élu des Etats-Unis. Par le passé, il s’est toujours agi d’un moment très formel qui se contentait de confirmer les résultats enregistrés par les Etats fédérés. Trump ne l’entendait pas ainsi. Le 26 novembre 2020, il annonça publiquement qu’il « préparait » le rendez-vous du 6 janvier. Il s’agissait pour lui d’invalider les Grands Electeurs de cinq Etats fédérés (Arizona, Nevada, Géorgie, Pennsylvanie, Wisconsin) qui tous s’étaient prononcés pour Biden, le but étant que le score (306 Grands Electeurs en faveur de Biden contre 232 en faveur de Trump) s’en trouve inversé.  Trump s’employa d’abord à démarcher les congressistes du Parti Républicain pour qu’ils se prêtent à son jeu. A l’époque, nombre d’entre eux refusèrent de plier à ses pressions et maintinrent un comportement démocratique ; le leader de la Majorité Républicaine au Sénat, Mitch McConnell, lui-même désavoua publiquement cette démarche de Trump.

Phase 3. Anticipant sans doute que le 6 janvier, les élus républicains ne voteraient pas comme Trump le souhaitait, la campagne post-électorale de Trump change encore de cap. A partir du 28 décembre 2020, on voit les responsables de la campagne de Trump inventer que son vice-président, Mike Pence (Républicain), disposerait d’un pouvoir judiciaire lui permettant d’invalider unilatéralement les Grands Electeurs issus (légitimement) des élections par Etat pour les remplacer par d’autres Grands Electeurs nommés par le Congrès des Etats concernés. Mike Pence se rebiffa et sollicita un juge fédéral qui désavoua cette proposition trumpiste comme clairement anticonstitutionnelle. Pence commença alors à être dénoncé et harcelé publiquement par Trump et ses partisans.

Phase 4. Le 6 janvier 2021. Dans son discours devant la foule de ses partisans qu’il a rassemblés devant la Maison-Blanche, Trump persiste à déclarer à ses partisans : « Si Mike Pence fait ce qu’il faut, nous gagnons l’élection ». Il incite ensuite ses partisans à « marcher sur le Capitole » pendant la réunion du Congrès (présidé par Mike Pence pour le Sénat et par Nancy Pelosi pour la Chambre des Représentants). Mais Pence publie parallèlement un document où il explique qu’il ne fera pas objection à la victoire de Biden puisqu’il n’en a pas les pouvoirs judiciaires.

Avertis de la position du vice-président, une partie des émeutiers qui partent alors à l’assaut du Capitole entrent en force dans le bâtiment en criant « Pendez Mike Pence ! Pendez Mike Pence ! ».  Evacué de la salle du Sénat, Mike Pence échappe de justesse aux émeutiers qui investissent le bâtiment. Durant l’assaut, Mike Pence tweete à 15 h 35 : « Cette attaque contre notre Capitole ne sera pas tolérée et les personnes impliquées seront poursuivies dans toute la mesure de la loi », alors que Trump affiche dans un premier temps son soutien aux émeutiers. Pence condamne fermement l’invasion du Capitole mais ne reçoit aucun coup de fil du président Trump. C’est seulement tard dans la nuit du 6 janvier après que l’ordre eut été difficilement rétabli que Mike Pence put reprendre la séance avec une déclaration solennelle : « À ceux qui ont semé le trouble dans notre capitale, vous n’avez pas gagné, la violence ne gagne jamais, retournons au travail ». Il lit alors les résultats électoraux sans aucune modification, ce qui valait proclamation officielle de Biden comme nouveau Président des Etats-Unis.

Au vu de toutes ces manœuvres successives, il s’avère que Trump mit à profit la période post-électorale pour tenter ce qui fut une véritable tentative de Coup d’Etat. Le but avoué de Trump était bien de faire annuler le résultat des élections pour se maintenir au pouvoir. Et l’opération fut proche de réussir. Il aurait suffi que le vice-président Mike Pence se prête au rôle que Trump voulait lui assigner pour que l’opération réussisse. Il s’agissait donc bel et bien d’une tentative de Coup d’Etat qui n’a échoué que grâce au courage de Mike Pence et de plusieurs congressistes républicains qui refusèrent de s’y prêter.

Son comportement entre le 3 novembre 2020 et le 6 janvier 2021 révèle que Trump ne s’est pas contenté de violer les règles fondamentales de la démocratie ; en agissant sans vergogne et sans se cacher, il a montré au grand public qu’il ne respectait ni les institutions démocratiques ni les partisans de la démocratie.

On aurait pu croire qu’après avoir été désavoué par les électeurs en novembre 2020, après s’être compromis et s’être sali dans sa tentative ratée de Coup d’Etat, Trump prendrait discrètement sa retraite politique. On le sait, cela ne fut pas du tout le cas. Trump a persisté dans son refus obsessionnel d’admettre, même encore aujourd’hui, la victoire électorale de Biden en novembre 2020 et dans sa volonté de faire admettre son mensonge éhonté comme étant la vérité vraie.

On l’a vu annoncer très tôt sa candidature pour s’imposer comme le candidat du Parti Républicain pour novembre 2024. On l’a vu se subordonner totalement, par toutes sortes de manœuvres coercitives, le Parti Républicain, ses élus et son appareil.

En tentant un Coup d’Etat le 6 janvier 2021, Trump a manifesté qu’il était une graine de dictateur. Quatre ans plus tard, il se permet de provoquer la société américaine en se présentant à l’élection présidentielle. Prenons garde : il y a fort à parier que, s’il était élu en 2024, il ne remettrait pas en jeu le pouvoir présidentiel en novembre 2028 ainsi que le prévoit la constitution.

En réalité, Trump a montré qu’il s’opposait à l’idée d’alternance politique qui est le principe central sur lequel repose toute vraie démocratie. Son projet inavoué consiste à reprendre le pouvoir pour le conserver quoiqu’il arrive, pour lui et/ou pour la clique à sa dévotion.

A vrai dire, ce que Trump tente en osant se représenter à la présidentielle en dépit de son comportement clairement antidémocratique et des nombreux délits qu’il a par ailleurs pu commettre, c’est de prouver qu’il y aurait une majorité aux Etats-Unis pour tourner le dos à la démocratie.

Si par malheur, la société américaine lui accordait la victoire électorale en novembre 2024, Trump en déduirait que la société américaine lui donne un blanc-seing pour établir une dictature aux Etats-Unis.

Il y a chez Trump une véritable détestation de la démocratie. Une détestation qui s’exprime en paroles et en actes. Cette détestation est tellement surprenante, tellement viscérale (et tellement inhabituelle aux Etats-Unis) qu’elle nécessite d’ailleurs d’être expliquée.

Quelle explication ? Trump reprend sans doute à son compte l’idée selon laquelle la démocratie affaiblit la puissance géopolitique d’un pays ordinaire (c’est-à-dire capitaliste et non collectiviste) tandis qu’une dictature totalitaire la renforce.

Une idée qui fut émise, en premier lieu dans les années 1930, par Carl Schmitt, le grandjuriste allemand pro-nazi, une idée qui est maintenant reprise par Poutine et ses conseillers après l’avoir été par Xi et par son conseiller idéologique, Wang Huning (qui s’avère être un grand lecteur de Carl Schmitt). Cette conviction ainsi partagée entre Trump et Poutine est sans doute même à la base de la complaisance et de la complicité de Trump à l’égard de Poutine.

Quand il analyse le déclin géopolitique relatif des Etats-Unis (déclin auquel est censé répondre le slogan trumpiste MAGA, Make America Great Again),Trump considère sans doute, à l’instar de Poutine, que c’est la démocratie même qui a nui à l’évolution de la puissance géopolitique relative des Etats-Unis. Il en déduit alors que pour rétablir le rapport de forces en faveur des Etats-Unis face à la Chine et à la Russie, il lui faut faire basculer les Etats-Unis de la démocratie à une dictature, et plus précisément à une dictature totalitaire.

Paradoxalement, il ne faut pas compter sur les milieux d’affaires américains pour s’opposer au projet de Trump. Si ceux-ci, au temps de la guerre froide, s’étaient largement mobilisés aux côtés des gouvernements américains successifs contre la dictature totalitaire de l’URSS, c’était parce que l’URSS avait adopté et maintenu le collectivisme (le modèle économique qui s’opposait mondialement à celui du capitalisme) qu’elle avait conjugué avec le modèle politique de la dictature totalitaire.

Cette fois, ce n’est pas avec le collectivisme mais avec le capitalisme que Moscou et Pékin conjuguent leurs dictatures totalitaires. Et cela représente une différence considérable pour les milieux d’affaires américains : Pékin, une dictature totalitaire à la tête d’un pays capitaliste, présente des attraits indéniables sur les multinationales américaines : Pékin a mis en place depuis les années 1980 un système dual où une forte minorité de la population (les mingongs) subit une sorte d’esclavage économique et constitue pour les entreprises une main d’œuvre ouvrière incroyablement bon marché ; Pékin dispose par ailleurs d’une autre main d’œuvre (prisonniers de droit commun, prisonniers politiques, résistants tibétains ou ouïghours…) à qui elle peut imposer toutes sortes de travaux dangereux tels que ceux qui concourent à la purification du lithium…

On observe en tout cas que beaucoup de chefs d’entreprises américains sont réticents à couper le cordon ombilical avec la Chine en dépit de ce que le gouvernement Biden les y invite. Le plus emblématique d’entre eux est Elon Musk (Propriétaire de Tesla, de SpaceX et de X, ex-Twitter) qui continue à investir physiquement dans sa grande usine de Shanghai et qui s’avère aussi être un soutien notoire de la campagne 2024 de Trump.

Trois raisons viennent à l’esprit pour expliquer cette attitude inattendue de nombreux grands patrons américains :

Les grands patrons américains considèrent que l’Intelligence Artificielle leur ouvre des perspectives financières fabuleuses mais qu’inévitablement, la démocratie américaine leur posera toutes sortes de limites handicapantes tandis qu’une dictature totalitaire qui serait instaurée à Washington y apporterait un soutien massif et inconditionnel comme celui que Pékin et Moscou réservent à leurs grandes entreprises de l’IA.

Ils partagent aussi l’analyse de Poutine (et de Carl Schmitt ci-dessus mentionné) selon laquelle la démocratie libérale handicape la puissance géopolitique tandis que la dictature totalitaire la renforce. Ils en arrivent alors à partager le point de vue de Trump selon lequel mieux vaut que les Etats-Unis renoncent au modèle démocratique et qu’ils adoptent à leur tour le modèle de la dictature totalitaire.

Ils redoutent que la confrontation qui s’est engagée entre les dictatures totalitaires (Chine, Russie…) et les pays démocratiques (les Etats-Unis et leurs alliés) n’aboutisse à une guerre ouverte dont l’issue pour les Etats-Unis resterait incertaine. On observe en tout cas que les milieux d’affaires américains ne se montrent enthousiastes ni à défendre l’Ukraine ni à défendre Taïwan, ni à rompre avec la Chine ni à rompre avec la Russie. A l’opposé, ils semblent envisager favorablement que les Etats-Unis adoptent à leur tour le modèle de la dictature totalitaire : si les très grandes puissances étaient toutes dirigées par des dictatures totalitaires, une négociation pacifique en vue d’instaurer un condominium sur le monde deviendrait beaucoup plus accessible ; il est beaucoup plus facile de pactiser entre camarillas totalitaires qu’entre des régimes totalitaires et des régimes démocratiques.

3-Conclusion

A ce stade, nous avons abouti à deux conclusions partielles : Trump ne fut pas « le combattant anti-Pékin » qu’il affirmait être ; Trump (probablement dès 2016) envisageait sérieusement de faire basculer les Etats-Unis de la démocratie à une dictature totalitaire.

Vient alors la réponse à l’énigme initialement posée :

Trump n’était en réalité pas vraiment motivé à se confronter sérieusement ni avec la dictature totalitaire de Poutine, ni avec celle de Xi Jinping : il considérait sans doute que, le moment venu, quand il aurait imposé, lui, une dictature totalitaire aux Etats-Unis, la Russie et la Chine seraient des partenaires avec qui les Etats-Unis pourraient « traiter valablement ».

Poutine pouvait tolérer les initiatives de Trump contre son allié Xi parce qu’il savait qu’il s’agissait de simples velléités de la part de Trump et surtout parce qu’il devinait que Trump lui-même visait à instaurer une dictature totalitaire aux Etats-Unis et que dès lors un rapprochement deviendrait possible entre les Etats-Unis et la Russie.

Plus généralement, Poutine et Xi ne pouvaient que se réjouirensemblede ce que Trump se proposait de faire basculer les Etats-Unis de la démocratie à la dictature totalitaire. Leur objectif finalconjoint consiste en effet à éliminer de la planète la démocratie et la liberté pour y généraliser leur modèle de dictature totalitaire.Alexander Lukin (ci-dessus mentionné) affirmait même dès 2018 que c’était cette détestation conjointe de la démocratie qui avait cimenté et qui cimenterait toujours plus le lien entre Pékin et Moscou.

En résumé, l’option totalitaire que Poutine et Xi avaient identifiée chez Trump constituait pour eux deux une formidable opportunité à ne pas manquer. Une opportunité tellement inespérée pour ces deux dictateurs totalitaires qu’elle valait bien de tolérer chez Trump son insistance (elle-même largement velléitaire) à rééquilibrer le commerce sino-américain…

Dès lors, on réalise la menace qu’une victoire de Trump à l’élection de novembre 2024 aux Etats-Unis (pour laquelle il est actuellement donné gagnant) ferait peser aux Etats-Unis et dans le monde, sur la survie de la démocratie (et sur la survie des libertés dont elle est la garante).

Il est généralement retenu qu’une élection de Trump en novembre 2024 signifierait le basculement des Etats-Unis dans l’isolationnisme, l’abandon de lUkraine à Poutine et l’abandon de Taïwan à Xi Jinping.

L’enjeu est encore plus important qu’il n’est retenu. Aux Etats-Unis, une élection de Trump signifierait avant tout l’abrogation des institutions démocratiques et le basculement dans une dictature totalitaire. Au niveau mondial, elle signifierait un renforcement jamais vu du camp des dictatures totalitaires et un affaiblissement majeur du camp des pays démocratiques.

Jean Francart, le 22 mars 2024

Pour compléter la documentation nécessaire pour analyser le phénomène Trump :

 1 En 2022, il fut diffusé un excellent documentaire (accessible par Internet) qui est intitulé « Active Measures » et qui fut réalisé par Jack Bryan. Celui-ci répertoriait tous les coups de pouce financiers que le KGB avait accordés à Trump au cours de sa carrière d’homme d’affaires (bien avant qu’il ne s’intéresse à la politique) puis les coups de pouce électoraux une fois que le Parti républicain l’eut promu candidat à la présidentielle de 2016

Un élément supplémentaire de preuve qu’il existe une proximité, intense et significative, de Trump avec le KGB et avec Poutine.

2 le 26 juillet 2022, le New York Times a accordé une interview à Sergueï Karaganov, un conseiller majeur de Poutine ; dans cette interview, celui-ci se permettait d’adresser un reproche (mais un seul) à Poutine, celui de ne pas avoir envahi l’Ukraine plus tôt, avant la pandémie du covid, c’est-à-dire lorsque Trump était encore à la Maison-Blanche.

Karaganov savait sans doute trop bien que, à la différence du Président Biden, le Président Trump serait resté passif face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

(Crédit image: https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Vladimir_Putin_and_Xi_Jinping,_26_july_2018_%281%29.jpg)

30 Avr 2024