Lettre de Galia Ackerman

Chers amis,

Le 22 septembre, à 18 h, à la Mairie du Centre (2 rue Eugène Spuller, 75003 Paris), Desk Russie et son association A l’Est de Brest-Litovsk (AEBL) organisent un événement important. Le philosophe Philippe de Lara parlera de l’œuvre du philosophe et historien Alain Besançon (1932-2023) dont notre université libre, nouvellement créée, porte le nom.

Alain Besançon fut un académicien français, mais son analyse du communisme et de la Russie a été largement contestée par des chercheurs, victimes du tropisme russe ou de l’idéalisme communiste. Le cercle de ses disciples était assez restreint. Il disait souvent que son école rentrerait dans un minibus.

Et pourtant, l’histoire de la Russie post-communiste et en particulier la guerre d’agression contre l’Ukraine et la croisade contre l’Occident, conjuguées à la répression de plus en plus féroce à l’intérieur du pays, ont montré à quel point Alain Besançon a été lucide et prophétique, à quel point il a su décrire la matrice de l’Etat russe depuis plusieurs siècles. Sa compréhension originale de l’histoire russe est la clé d’une analyse tout aussi originale du totalitarisme soviétique, fondée sur le concept de mensonge. Cela lui a permis de clarifier le débat sur la comparaison entre communisme et nazisme. 

Tel est le principal sujet de la conférence de Philippe de Lara, qui a été très proche d’Alain Besançon, tout comme moi ou Françoise Thom. Aujourd’hui, il est urgent de découvrir la pensée de Besançon ! Je vais animer la conférence, et Philippe et moi pourrons également répondre à vos questions sur l’université libre dont le premier cours commence le 16 septembre.  

Je serai ravie de vous voir nombreux à cette occasion !

En toute amitié,

Galia Ackerman, le 19 septembre 2025

19 Sep 2025


Registre mensuel des condamnations prononcées en Russie (3)

Toujours par le truchement de Human Rights Without Frontiers qui recueille ses informations auprès de l’association russe, nous faisons part à nos lecteurs des condamnations  prononcées contre des militants ou des opposants au pouvoir poutinien . Durant ce mois d’août, ont été relevés 21 cas  de citoyens russes condamnés pour motifs politiques à des peines de prison (d’un à 18 ans). Nous rappelons que ces statistiques ne prétendent pas à l’exhaustivité. Nous ne donnons en général les références détaillées des articles du code pénal que lors de leur première occurrence.

26 juillet 2025

Une habitante de Saint-Petersburg âgée de 19 ans, Daria Kizyreva, a été condamnée à deux ans et huit mois de prison pour une citation de Chevchenko (le grand poète romantique ukrainien, 1814-1861, ndlr) et une interview le concernant, en application de l’article 280.3 du code pénal (actions publiques visant au discrédit des forces armées de la Fédération de Russie).

27 juillet 2025

Un habitant de la région de Kherson a été condamné à 7 ans de prison pour « informations mensongères » en application de l’article 207. 3 du code pénal (diffusion d’informations connues pour fausses sur l’Armée russe par entente préalable d’un groupe de personnes motivées par la haine, politique et nationale).

1er août 2025

Un habitant d’Itkoutsk a été condamné à 5 ans et demi de prison pour commentaires anti-guerre en application de l’article 205.2 du code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification du terrorisme).

3 août 2025

Un ukrainien de la liste Sentsov »[1] déjà condamné à 8 ans d’emprisonnement a été frappé d’une peine additionnelle de 2 ans pour « appels à une activité extrémiste » (article 280 du code pénal).

5 août 2025

Un citoyen azerbaïdjanais a été condamné à un an de prison pour  profanation de la « flamme éternelle » (équivalent symbolique du soldat inconnu ndlr) en application de l’article 354.1 du code pénal (Réhabilitation du nazisme  via la profanation de symboles de la gloire militaire russe  et de la mémoire des défenseurs de la patrie).

Un habitant de Balakhna[2] a été condamné à 18 ans d’emprisonnement pour publications anti-guerre et participation à la Légion « Liberté de la Russie » [3] en application de l’article 207.3,  de l’article 205.2 et de l’article 205.5 du code pénal.

6 août 2025

Zarema Musayeva a été condamnée à trois ans et 11 mois d’emprisonnement supplémentaires en application de l’article 321 du code pénal (désorganisation du travail au sein d’une « colonie »).

7 août 2025

Un habitant de Ninni-Novgorod condamné à quatre ans de prison pour lien avec l’« Aropodgotovka »[4] et des commentaires sur Télégram en application de l’article 282 du code pénal (incitation à la haine ou à l’inimitié avec circonstances aggravantes) et de l’article 205.2.

12 août 2025

Un enseignant d’une école de commerce a été condamné à 16 ans de prison à la suite d’une affaire touchant des frappes de drones à Koursk, en application de l’article 205 du code pénal, deuxième partie (action terroriste commise par un groupe de personnes et provoquant des dommages significatifs).

Un artisan de Tchélyabinsk condamné à six ans de prison pour deux commentaires dans Télégram  en application de l’article 205.2 du code pénal.

14 août 2025

Un habitant de la région d’Orval a été condamné à 8 ans de prison pour avoir diffusé sur internet des textes hostiles à la guerre et aux autorités en application de l’article 207.3 et de l’article 205.2 du code pénal.

Le blogger Ilya Varlamov a été condamné à 8 ans de prison in absentia en application de l’article 207.3, de l’article 330.1 (manquement aux obligations d’un citoyen déclaré comme « agent de l’étranger ») et de l’article 205.2 du code pénal.

15 août 2025

Un activiste de Crimée a été condamné à 15 ans de prison pour « trahison » et « préparation d’une attaque terroriste » en application de l’article 275 (haute trahison), de  l’article 205.3 et de  l’article 30 du code pénal (sur la réalisation recherchée d’une attaque terroriste).

18 août 2025

Une internaute de la région de Kaliningrad a été condamnée à 3 ans et 2 mois de prison pour avoir lancé par écrit : « Envoyez les usines au diable !  » en application de l’article 280.4 du code pénal (appels publics à des activités dirigées contre la sécurité de l’Etat).

19 août 2025

Activiste en faveur des droits de l’homme, Serguei Davidis a été condamné in absentia à 6 ans de prison. en application de l’article 205.2 du code pénal. (pas de localisation ndlr)

 21 août 2025

Une infirmière de Chita[5] a été condamnée à cinq ans de prison pour des commentaires hostiles à la guerre en application de l’article 205.2 du code pénal.

Un habitant de Barnaul[6] a été condamné à 9 ans et demi d’emprisonnement à la suite d’un deuxième procès pour des commentaires sur internet en application de l’article 282 et de l’article 205.2 du code pénal.

22 août 2025

Un habitant de Roubtsovsk[7] a été condamné à 18 ans de prison pour incendie volontaire du bureau d’enregistrement et d’engagement militaire en application de l’article 205 (acte terroriste), 205.1 (incitation, recrutement ou implication d’autres personnes dans des activités terroristes), 205.3 (entrainement clandestin dans le but de mener des activités terroristes) et de l’article 205.2 du code pénal.

28 août 2025

Un habitant de Saint-Petersbourg, handicapé, a été condamné à trois ans de prison pour un commentaire sur Télégram. en application de l’article 205.2 du code pénal.

Un habitant de Novokouznetsk[8] a été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour fausses nouvelles militaires en application de l’article 207.3 du code pénal.

29 août 2025

Un Ukrainien a été condamné à trois ans de prison pour appels à l’exécution d’officiels russes en application de l’article 205.2 du code pénal.


[1] Un « groupe terroriste » qu’aurait constitué Oleh Sentsov, cinéaste condamné à 20 ans de prison en 2015. Il  fut échangé contre des prisonniers russes à la suite d’une intense campagne internationale, notamment dans les milieux cinématographiques.

[2] Une ville de près de 50 000 habitants proche de Nijni-Novgorod

[3] Unité militaire ukrainienne formée de transfuges des Forces armées russes.

[4] Organisation inter-régionale russe. Elle est interdite sur le territoire de la Fédératon de Russie

[5] Ville sibérienne

[6] Une ville de l’Altaï (au sud-ouest de la Sibérie) d’environ 600 000 habitants

[7] Ville de l’Atlas d’environ 120 000 habitants

[8] Ville de Sibérie occidentale d’environ 530 000 habitants

16 Sep 2025


Parution le 11 septembre : Encyclopédie des euphémismes contemporains – SAMI BIASONI

Encyclopédie des euphémismes contemporains - Biasoni

Rencontre avec l’auteur le jeudi 6 novembre à 18h au Café du Pont-Neuf, 14 quai du Louvre 75001-Paris

14 Sep 2025


Libération, 5 septembre 2025 : une tribune de Sylvain Boulouque sur l’érection du monument aux victimes du communisme

L’inauguration du premier monument français en hommage aux victimes du communisme par Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël, a-t-elle relancé le débat sur la nature, l’histoire et la mémoire du communisme? On a pu lire ici et là les naïves indignations du sénateur communiste Ian Brossat qui a cru trouver dans le communisme inspiré de Marx et Lénine un « idéal » – qui n’y est pas, comme le montre toute lecture sérieuse du Manifeste communiste, lequel affirme que va s’imposer, par la violence s’il le faut, la domination d’un seul parti, d’une seule idéologie, scientifique bien sûr, et par là impossible à remettre en cause. Brossat a aussi rappelé sans originalité qu’on avait au PC rejeté depuis longtemps les dérapages en dehors de la voie menant à l’avenir radieux promis par les communistes. Le Monde a repris ces propos. Et même Le Canard enchaîné qui en oubliait son humour habituel.

D’autres réactions se sont manifestées dans nos colonnes ou dans Desk Russie mais aussi dans Le Point du 4 septembre sous l’excellente plume de Sophia Aram. Mais Sylvain Boulouque est le seul à avoir pu prendre ses distances dans un quotidien avec la sempiternelle réponse communiste : on sait tout cela…Il s’agit d’erreur, de déviation, et on ne peut juger sur les victimes d’une erreur ni la validité d’une théorie dont on s’est écarté ni la grandeur de ses perspectives.

On trouvera ci-dessous des extraits de la tribune que lui a ouverte Libération le 5 septembre dernier.

H&L

*

« Frédéric Masquelier a structuré son allocution en trois temps. Il reprend d’abord l’analyse du totalitarisme effectuée par Hannah Arendt et par Raymond Aron. Il dénonce ensuite l’hypo-mnésie de la société française sur les crimes communistes. Enfin, il s’en prend au PCF et aux traditions révolutionnaires porteuses des menaces totalitaires.

Cette analyse repose sur la culture politique classique des droites faite d’anticommunisme, d’attachement à l’ordre social existant et de dénonciation de l’adversaire «progressiste».

Pour défendre le PCF, Fabien Roussel, son secrétaire général, et Ian Brossat, porte-parole, utilisent un double argument rhétorique. Selon eux, rappeler la nature criminogène du communisme revient à s’en prendre à la Résistance et aux victimes communistes de la répression nazie et à refuser les conquêtes sociales auxquelles les communistes sont associés.

Cette initiative viserait à faire oublier la collaboration pour ensuite permettre à la droite de faire alliance avec l’extrême droite. Les dirigeants du PCF caractérisent l’initiative de «révisionniste» la renvoyant à l’extrême droite et oblitérant ainsi par un retournement le bilan du communisme au nom de l’anti-fascisme.

Ainsi, Ian Brossat explique que les seules victimes du communisme en France sont les nazis et les collaborateurs. Argument étonnant de la part du sénateur communiste normalien, agrégé de lettres, issu d’une famille de militants trotskistes qui connaît l’histoire de son parti et omet de dire que le PCF est directement responsable de la mort de deux anarchistes tués par balles en 1924, de plusieurs socialistes tués en 1930 à Paris et à Lille, de l’assassinat de trotskistes dans les maquis du Puy-de-Dôme et d’anarchistes espagnols dans ceux de l’Aude, voire d’exécutions par erreur de Résistants membres… du PCF1, réalité infime par rapport à la tragédie mondiale, mais qui traduit un projet reposant systématiquement sur la terreur.

Amplement relayée par les réseaux sociaux, la polémique interpelle, le communisme semblant être «un passé qui ne passe pas» dont l’analyse critique reste perçue comme l’apanage de la droite. Plusieurs raisons l’expliquent.

D’abord, pour des raisons aussi tactiques que stratégiques, le PCF s’est fondu dans le système démocratique et a soutenu les mouvements de progrès sociaux, tout en conservant l’objectif final de prendre – et non d’exercer – le pouvoir. (…)

Lorsque les communistes ont participé à des gouvernements, ils ont été au mieux une composante minoritaire de gouvernement d’union nationale ou de gauche (entre 1944 et 1947, entre 1981 et 1984, voire entre 1997 et 2002). Ils sont donc associés aux grandes heures de l’histoire nationale ou de l’histoire de la gauche.

Cette part «glorieuse» permet d’oublier le reste. En effet, le PCF a été adossé à un système mondial, dont il a été dépendant sur un plan financier comme politique. Depuis son adhésion à l’Internationale communiste en 1920, il a soutenu les bolcheviques dès les premières vagues de répression.

La droite semble vouloir s’appuyer sur cette dernière dimension, à la fois en raison de sa culture politique, de la distorsion existante entre l’image du communisme et sa réalité, et d’une prétendue méconnaissance de l’histoire du communisme en France. (…)

Malgré cela, sauf exception marginale, la gauche semble muette laissant l’analyse critique du communisme à la droite, voire à l’extrême droite, alors qu’elle est constitutive de son histoire. Dès 1920, Alphonse Merrheim (1871-1925), dirigeant de la CGT, dénonce «la dictature sur la classe ouvrière» et Léon Blum prédit «le terrorisme comme moyen de gouvernement». Mais, la gauche est systématiquement obligée de taire cette matrice pour s’allier au PCF lors des élections.

Enfin, il reste la question du mot même de «communisme» et de sa perception française. Idéologie internationaliste par essence, il est réduit à une histoire purement nationale. Le communisme n’est plus un spectre qui hante l’Europe, en revanche, sa mémoire continue de perturber une lecture sereine du passé, en France du moins.

Sylvain Boulouque, le 14 septembre 2025

  1. Voir par exemple Pierre Broué et Raymond Vacheron, Meurtres au maquis, Paris, Grasset (1997) ; Christophe Castellano et Henri Melich, Guérilleros. France 1944. Une contre-enquête, Spartacus (2020) ; Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Liquider les traîtres, Robert Laffont (2007) et Sylvain Boulouque, Meurtres à la Grange-aux-Belles. Quand les communistes flinguaient les anarchistes, Cerf (2024). ↩︎

14 Sep 2025


Un monument aux victimes du communisme

Le 23 août dernier, date anniversaire de la signature du pacte germano-soviétique de 1939, Frédéric Mercadier, maire de Saint-Raphaël, a présidé une cérémonie accompagnant l’inauguration d’un monument aux victimes du communisme. Son discours fut remarquable de nuances et de contextualisations, mais aussi de distinctions entre militants communistes, persuadés de s’engager pour un monde plus humain et fraternel et une doctrine marxiste-léniniste – et pas seulement stalinienne – engendrant inexorablement des régimes totalitaires.

Quelques réactions venimeuses sont venues du Parti communiste et notamment du sénateur Ian Brossat qui conduisit une manifestation de protestation et trouva ensuite dans Le Monde du 25 août une oreille pour le moins attentive.

On lira dans Figarovox du 27 août une tribune signée Pierre Rigoulot apportant son appui à l’initiative de Frédéric Mercadier et, ci-après, une lettre d’André Senik, qui appuie, lui aussi, l’initiative du maire de Saint-Raphaël en remontant aux racines de la pensée communiste moderne et notamment à deux textes de Karl Marx : Sur la Question juive, de 1843 et Le Manifeste du Parti communiste, de 1848.

On trouvera enfin quelques mots saluant la publication (il y a 9 ans, déjà) de l’ouvrage d’André Senik consacré à l’étude du dit Manifeste.

H&L

En tant qu’ex-stalinien ayant viré sa cuti et prof de philo sachant lire le jargon marxiste, j’ai décidé un jour de remonter ma relecture jusqu’à Marx, alors qu’il reste massivement hors de cause chez les critiques du communisme

Le hasard a voulu que je commence à relire Marx par son commencement, l’article « Sur la question juive » paru en 1843

J’y ai découvert qu’au-delà de la judéophobie pathologique de Marx (« Marx était un Juif pur sang » écrira Engels seulement en 1890, après la mort de Marx) sa cible était la Déclaration des droits de l’homme, et plus précisément l’individu humain.

Le noyau dur initial de la pensée de Marx est l’hostilité à la démocratie libérale, c’est-à-dire au socle actuel du monde libre. Et cela en l’absence de la moindre allusion à la lutte des classes, au prolétariat et au capitalisme.

J’ai ensuite compris son refus de l’humanité de tout homme dans les Thèses sur Feuerbach, (1845). L’anti-humanisme fait partie du noyau dur initial de la pensée de Marx.

Quand je me suis mis à relire le Manifeste, j’y ai découvert que Marx avait recouvert (et maintenu au niveau de son soubassement) son hostilité à la démocratie libérale fondée sur les droits de l’homme au moyen d’un grand récit mythologique conduisant à la dictature du prolétariat, présenté comme réduit par le capitalisme à une forme moderne d’esclavage.

Cette réécriture opportuniste et ce déguisement expliquent que le communisme de Marx ait été reçu comme porteur des idéaux humanistes (voir par exemple la préface d’Humanisme et Terreur de Merleau-Ponty, paru en 1947).

Ma conclusion est que le communisme de Marx doit être combattu comme idéologie totalitaire et terroriste.

André Senik, le 29 août 2025

*

A lire ou à relire : Le Manifeste du Parti communiste aux yeux de l’histoire

Responsables de millions de morts, Staline, Mao et Lénine ont fini par être discrédités. Pour autant, une question reste posée: Staline, Mao et Lénine ont-ils trahi la pensée de Karl Marx ou bien les catastrophes qu’ont engendrées tous les régimes communistes sont-elles en germe dès le Manifeste du Parti communiste pourtant souvent qualifié d’œuvre «visionnaire», d’« appel à la justice sociale » ou d’ « hymne à l’humanité».

Divers auteurs avaient déjà démontré que la prophétie marxiste sur l’écroulement de la société capitaliste avait été démentie ; que la théorie marxiste de l’appauvrissement continu de la classe ouvrière, qui finirait par absorber les classes moyennes et lutterait finalement avec elle contre un seul adversaire (la bourgeoisie), était un conte à dormir debout ; et que la promesse d’une société communiste permettant le plein développement de chacun et de tous représentait une sinistre plaisanterie.

Senik, lui, dans son étude critique du Manifeste Communiste parue en 2015, reconnaît que si l’on a pu lutter sous la bannière du marxisme pour une société idéale, juste et fraternelle, ce n’est pas dans le Manifeste qu’on en trouvera la promesse. L’ouvrage de Marx préconise au contraire d’accorder le monopole du pouvoir politique au Parti communiste, détenteur d’un savoir absolu sur l’histoire, et de conférer à l’État tous les moyens coercitifs nécessaires pour faire triompher ses vues et contrôler toutes les activités économiques. Il n’y a là rien de sublime: juste les éléments nécessaires à l’établissement d’un État totalitaire.

Certes, on n’y trouve «l’annonce d’aucun des crimes commis en son nom» et seulement «les prémisses de ces crimes et leur justification». Aussi se trouve-t-on plus à l’aise chez un certain nombre d’intellectuels de gauche pour continuer d’opposer systématiquement un pôle négatif (patronal, exploiteur, dominant) et un pôle positif (travailleur, exploité, dominé). Pour eux, ces oppositions sociales et économiques expliquent tout, «comme si la culture, la religion et les passions n’étaient pas, elles aussi, des facteurs déterminants des conflits qui déchirent la société et le monde» Incapables de mettre à distance le matérialisme historique du Manifeste, nombre de nos experts en sociologie sont ainsi persuadés que les difficiles conditions matérielles d’existence des jeunes issus de l’immigration constituent le facteur primordial de leur hostilité à notre société et de l’attirance de certains pour le djihadisme.

Les communiste n’avaient pas revu leur copie après cette remise en cause radicale et pertinente du «logiciel» de Marx. Neuf ans plus tard, Ian Brossat, ne fait que répéter les mêmes arguments que ses coreligionnaires ( j’emploie le mot à dessein) d’hier, quand parut le Livre Noir du Communisme, et d’avant-hier quand fut publié le premier tome de L’Archipel du Goulag. Il est vrai que les communistes sont de moins en moins nombreux. Le religion se fait secte peu à peu.

PS : Ce texte reprend quelques lignes d’un article que j’avais publié dans Le Figaro le 14 janvier 2016 pour souligner l’importance de l’ouvrage d’André Senik : Le Manifeste du Parti communiste aux yeux de l’histoire, Éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2015

Pierre Rigoulot, le 27 août 2025

29 Août 2025


Combattre les dictateurs

Jacobo dans un abri a- Lviv- un jour de juillet

Ces mots ont été prononcés (en anglais) à Lviv, en Ukraine, le 5 juillet dernier, dans le cadre d’ « Ukrainian Renaissance »,une conférence organisée par l’association Students for liberty.

Je suis né dans un pays, Cuba, où la dictature communiste, dirigée par les frères Castro, Fidel et Raúl, est vieille de soixante-six ans déjà.

Malgré ça, il y a encore de nombreux penseurs, hommes et femmes politiques (et pas seulement de gauche), qui considèrent qu’il s’agit d’un régime « cool ».

C’est pourquoi l’un de mes livres s’intitule Cuba, totalitarisme tropical.

« Salsa », rhum, cigares, « mulatas », « revolución » et… le Che !

Che Guevara… C’est l’icône de tous les révolutionnaires à travers le monde, avec son regard tourné vers le futur (une image réaliste socialiste ?), son béret noir frappé d’une étoile. Personnellement, je ne pense pas qu’il était vraiment beau.

J’ai essayé de démonter le mythe du guérillero argentin dans mon livre La face cachée du Che, publié d’abord en 2007, réédité et traduit en plusieurs langues.

Je l’ai écrit en mémoire de ses innombrables victimes.

Car Che Guevara n’était pas un brave gars romantique. C’était un tueur. Littéralement, comme il l’a lui-même écrit, en affirmant que le véritable révolutionnaire devait devenir « une machine à tuer » (« una máquina de matar »). Il a mis en pratique ses paroles, massivement, à travers des pelotons d’exécution qu’il avait justifiés au cours d’une intervention devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

J’ai recueilli durant de longues années des témoignages de survivants de ses crimes, ainsi que ceux d’anciens prisonniers politiques qui ont passé vingt ou trente ans dans les geôles des frères Castro.

L’un des frères, Raúl, dirige toujours mon pays, derrière un président officiel désigné : Miguel Díaz-Canel.

Dire la vérité sur ce régime est ma manière de le combattre. Au passé et au présent.

« Il n’y a pas de futur sans mémoire », comme le dit mon ami Jean-Pierre Pasternak, président de l’Union des Ukrainiens de France, avec lequel je participe à des marches avec des membres de Students for liberty, Clément et Ahmad, présents ici, à Lviv.

Vous, les jeunes et moins jeunes Ukrainiens, vous êtes notre lumière et notre espoir.

Un espoir pour les Cubains libres, qu’ils se trouvent dans l’île ou en exil. Et dans les prisons où se trouvent actuellement plus de mille détenus politiques, oubliés par le monde qui préfère le maintien de cette dictature, héritière de la Guerre froide. Pour le gouvernement castriste, nous sommes des « vers de terre » qu’il faut écraser, ou bien des « mercenaires ».

Ce n’est pas vrai. Les « mercenaires », ce sont les Cubains qui combattent aux côtés des Russes de Poutine, qui a trouvé dans le régime castro-communiste un allié important et digne de confiance, un complice.

En novembre 2022, le président-fantoche Miguel Díaz-Canel est allé à Moscou inaugurer avec Vladimir Poutine lui-même une statue ridicule de… Fidel Castro.

Je suis certain que mes paroles parviendront jusqu’à mes compatriotes qui souffrent et que vous leur transmettrez votre solidarité avec les révoltes qui, tôt ou tard, se produiront de nouveau. De même je vous exprime notre solidarité avec les braves Ukrainiens que vous êtes…

En tant qu’écrivain (à la fois en espagnol et en français), je voudrais rendre hommage à Victoria Amelina, une jeune écrivaine et journaliste ukrainienne, tuée au cours d’un bombardement russe en juillet 2023. Elle écrivait des livres pour enfants, ainsi que le récit de cette guerre. Je le fais au nom du Comité directeur du PEN Club français, une association internationale de défense de la liberté d’expression.

Et j’entends aussi réclamer la libération de mon ami algérien, le grand écrivain Boualem Sansal, emprisonné à Alger pour avoir combattu, par ses livres et ses déclarations, à la fois l’islamisme et le régime socialiste de son pays natal, qui est aussi un allié de la Russie.

Je ne suis plus étudiant mais, en tant qu’enseignant à l’Université (mon dernier poste était à Avignon), je partage vos souhaits de paix et de liberté. Je suis sûr que de nombreux étudiants, tels mes jeunes amis d’ici, préfèrent arborer des tee-shirts proclamant leur admiration pour le penseur libéral originaire de Lviv Ludwig von Mises avec l’inscription « Less Marx, more Mises» (« Moins de Marx, plus de Mises ») et lire les textes de Mario Vargas Llosa, le prix Nobel de littérature péruvien récemment décédé, qui a été mon ami et l’un de mes maîtres, plutôt que ceux du stalinien Pablo Neruda ou du castriste Gabriel García Márquez.

C’est un grand honneur pour moi d’être ici parmi vous, à Lviv, en Ukraine, d’où provenaient certains de mes ancêtres juifs, qui avaient dû fuir, il y a longtemps, les pogroms effectués en ce lieu, et mes parents ceux de Pologne ainsi que l’Occupation nazie en France, d’où une partie de ma famille a été déportée et exterminée.

Mon père y avait trouvé refuge – ma mère l’a rejoint après la guerre, sur l’île de Cuba, d’où nous avons dû partir, avec mon frère, à cause de la révolution communiste de Castro.

Je tiens à vous remercier tous, et particulièrement Jan Mosovsky, de Students for liberty, de m’avoir donné l’opportunité de raconter cette histoire, avec la conviction que, par nos mots, nous pouvons combattre toutes les dictatures, à Cuba, en Algérie et en Russie, bien sûr.

Je ne suis pas un homme de slogans mais je conclurai néanmoins par ceux que je prononce à la fin de nos marches à Paris, comme un trait d’union indélébile :

Slava Ukrajini !…

Viva Cuba libre !…

Jacobo Machover, le 20 août 2025

20 Août 2025


Bel été en Russie…et ailleurs (2)

Nous poursuivons la diffusion, commencée le mois dernier, des informations recueillies par des opposants russes au régime poutinien. Encore merci à Willy Fautré, inlassable défenseur des droits de l’homme dans le monde, directeur de Human Rights Without Frontiers, qui sert ici d’intermédiaire.

Cette publication confirme notre opposition totale au régime russe actuel et au danger qu’il fait courir à l’Union européenne démocratique; régime fort, aux visées impériales, capable de s’attirer le soutien de théocraties islamistes comme l’Iran et de sectes totalitaires comme la Corée du Nord ou l’approbation plus ou moins discrète de la Chine.

Nous ne dressons pas un tableau d’honneur à rebours des ennemis de la démocratie. Nous n’oublions pas les menaces de l’islamisme en Europe ou en Amérique ni les horreurs dont il est capable. Quiconque a vu les images terrifiantes récemment diffusées par le Hamas des otages israéliens comprend, s’il ne s’aveugle pas, le sens de l’islamisme politique et de quoi il est capable derrière le cache-sexe de la lutte pour la « libération nationale de la Palestine ».

La lutte que nous menons pour défendre l’Europe démocratique est multiforme et chacun, selon sa sensibilité, sa culture, son histoire et son attention portée aux menaces, choisit de porter ses efforts sur un front ou sur l’autre sans oublier qu’en Europe même et en France en particulier, la Russie de Poutine et l’islamisme du Hamas bénéficient de complaisances qui nous font honte et qu’il convient de mettre à nu.

PR

1er juillet 2025

Un citoyen originaire de Tchétchénie a été condamné à trois ans de « colonie » pour avoir apposé la profession de foi musulmane sue une vitre de voiture selon l’article 205.2 (appels publics à des activités terroristes, justification du terrorisme ou propagande en faveur du terrorisme).

2 juillet 2025

Un habitant de Kirov a été condamné à 4 ans de prison pour avoir justifié une explosion en Crimée (article 205.2).

3 juillet 2025

Un ancien conseiller du Bachkortostan1 a été condamné in absentia à 8 ans de prison pour diffusion de nouvelles erronées, en application de l’article 207.3 du code pénal (diffusion d’informations connues pour fausses sur l’armée russe, motivée par la haine politique et nationale) et de l’article 330.1 (manquement aux obligations d’un « agent de l’étranger »)2.

8 juillet 2025

Un habitant de Sotchi a été condamné à 5 ans de prison pour entreprise d’aide aux Forces armées de l’Ukraine et diffusion de messages sur la guerre en application de l’article 205.2 du code pénal, de l’article 280.4 (appels publics en vue d’activités contre la sécurité de l’Etat) et de l’article 228 (acquisition illégale, entrepôt et transport de drogue).

15 juillet 2025

– Quatre homme qui se réchauffaient les pieds à la « flamme éternelle » (l’équivalent de la flamme su tombeau du soldat inconnu ndlr) de Nevinmomynsk ont été condamnés à 2 ans et demi d’emprisonnement en application de l’article 354.1 du code pénal (réhabilitation du nazisme sous la forme du mépris, manifesté en groupe, des symboles de la gloire militaire de la Russie).

– Une Ukrainienne a été condamnée à trois ans de prison pour avoir fait un don à la FBK3 selon l’article 282.3 (sur le « financement d’une activité extrémiste »).

– Un père de cinq enfants de Moscou a été condamné à trois ans de prison pour dons à la FBK conformément à l’article 205.2 (Financement d’activités extrémistes).

– L’écrivain Boris Akounine a été condamné in absentia à 14 ans de prison, conformément à l’article 205.2 du code pénal et à l’article 205.1 (Incitation, recrutement ou engagement de gens dans des activités terroristes).

17 juillet 2025

– Un habitant de la région de Voronèje a été condamné à 8 ans de prison pour certains commentaires au sujet des autorités conformément à l’article 205.2 du code pénal et à l’article 280 (appels publics à une activité extrémiste).

– Un habitant de Brask a été condamné à 12 ans et demi de prison pour des commentaires « extrémistes »  et la vente de cannabis conformément à l’article 205.2,à l’article 280 et 228.1 à l’article 228.1 (production illégale de substances narcotiques.

– Un habitant de Togliattigrad a été condamné à 6 ans de prison pour conversations sur la guerre avec ces compagnons de détention conformément à l’article  321 du code pénal (désorganisation du travail de la colonie).

– Un journaliste et auteur de la chaine youtube Newsader4 a été condamné à 8 ans et un mois de prison in abstentia conformément à l’article 207.3 et à l’article 330.1 du code pénal.

– Un journaliste bouriate a été condamné in abstentia à 7 ans de prison pour fausses nouvelles et manquement aux obligations d’un « agent de l’étranger » conformément aux articles 207.3, 330.1,  205.2 et 205.1 du code pénal.

18 juillet 2025

La journaliste Farida Kourbangaleva a été condamnée in absentia à 8 ans de prison conformément à l’article 205.2 et à l’article 207.3 du code pénal.

21 juillet 2025

Neuf inculpés au « procès des citoyens de l’URSS » en République des Karakais-Tcherkesses5 ont été condamnés à des peines de 5 à 8 ans de prison conformément à l’article 282.1 du code pénal (incitation à participation, recrutement ou autre engagement dans les activités d’une association extrémiste) et à l’article 222.1 (acquisition illégale, transfert et entrepôt d’explosifs).

 23 juillet 2025

– A Moscou, un adepte de l’enseignement des « Falun Gong » chinois a été condamné à 4 ans de prison conformément à l’article 284.1 du code pénal (poursuite d’activités d’une organisation étrangère ou internationale reconnue comme indésirable sur le territoire de la Fédération de Russie).

– Un employé de Kudago6 a été condamné à 3 ans et demi de prison pour commentaires sur la RDK7 conformément à l’article 205.2 du code pénal.

24 juillet 2025

Un citoyen russe a été condamné à 6 ans de prison pour des commentaires favorables aux Forces armées d’Ukraine (articles 205.2 et 280).

25 juillet 2025

Un habitant de la région de Moscou a été condamné à un an et demi de prison pour avoir discrédité l’armée conformément à l’article 280.3 du code pénal (Actions publiques visant à discréditer les forces armées de la Fédération de Russie).

28 juillet 2025

– Un habitant de Chita a été condamné à 14 ans de prison pour participation à l’Artpodgrovka8 conformément à l’article 205.5 du code pénal (sur les activités d’une organisation terroriste et la participation à ses activités).

– Le responsable du de la vidéo « Syndicat de Bouriatie » sur Youtube a été condamné in absentia à six ans de prison conformément à l’article 205.2 du code pénal.

29 juillet 2025

– Un militant de l’opposition tajik a été condamné à 8 ans et six mois de prison pour avoir regardé une vidéo sur Youtube conformément à l’article 207,3 du code pénal ayant trait à la diffusion de nouvelles connues pour être erronées sur l’armée russe, et appartenance à un groupe du fait d’une entente préalable motivée par la haine politique et nationale.

– Cinq habitants de Moscou et des environs ont été condamnés à des peines allant de 4 à 16 ans de prison à la suite d’un procès pour terrorisme après infiltration dans le groupe d’un agent du FSB en raison de l’article 250.4 sur la création d’une association terroriste et participation à ses activités, l’article 150 sur l’engagement d’un mineur dans un groupe criminel et 250.3 pour entraînement clandestin en vue de mener des activités terroristes.

– La journaliste Olga Komleva a été condamnée à 12 ans de prison pour fausses nouvelles militaires et coopération avec la Fondation anti-corruption conformément à l’article 282.1 et à l’article 207.3 du code pénal.

 30 juillet 2025

Un habitant de Kazan qui parlait défavorablement de la guerre a été condamné à 15 ans de prison à l’issue d’un procès pour incendie criminel et commentaires inappropriés conformément à l’article 280 du ode pénal sur les activités extrémistes en usant d’internet et de l’article 205 sur l’incitation à une activité terroriste et justification du terrorisme, acte terroriste.

Histoire et liberté, le 10 août 2025

  1. La République de Bachkirie, partie de la Fédération de Russie, est située entre la Volga et l’ Oural. Sa capitale est Oufa. Elle est peuplée d’un peu plus de 4 millions d’habitants. ↩︎
  2. Un membre d’une association de défense des droits de l’homme ayant son siège à l’étranger doit se reconnaître officiellement comme un « agent de l’étranger » ↩︎
  3. La Fondation anti-corruption, une ONG russe créée par Alexeï Navalny pour enquêter sur la corruption du gouvernement russe ↩︎
  4. Une chaine lithuanienne qui compte environ 800 000 abonnés ↩︎
  5. Dans le Caucase du nord. ↩︎
  6. Portail d’information de divertissement russe créé en 2012. Il annonce les expositions, concerts, pièces de théâtre, festivals, films, principalement à Moscou et Saint-Pétersbourg. ↩︎
  7. Le Corps des volontaires russes. Basé en Ukraine, il lutte contre l’armée poutinienne. ↩︎
  8. « intitulée « Préparation d’artillerie » et plus connue comme « Mouvement social inter-régional, cette organisation politique a été fondée en 2013. De caractère nationaliste, elle a été interdite sur le territoire de la Fédération de Russie. ↩︎

10 Août 2025


Le Hamas veut-il deux Etats?

Le mot d’ordre des deux États repose sur l’idée que le problème entre Israël et ses voisins vient de l’absence d’un État arabe de Palestine

La séduction de ce mot d’ordre vient de ce qu’il prétend réaliser le but souhaité par tous : la coexistence amicale entre des ennemis, comme c’est le cas aujourd’hui entre la France et l’Allemagne ou mieux encore entre l’Allemagne et les Juifs d’Israel. 

Mais qui aurait proposé cette coexistence amicale en 1943 ?

Il fallait d’abord que le nazisme ait été vaincu, que le peuple allemand ait été dénazifié et que l’Allemagne fédérale ait adopté une attitude de coopération. 

La solution à deux États ?…  Mais quel combattant palestinien demande là solution à 2 États ?

Admettre lEtat palestinien sans les conditions qui seules le rendent inoffensif cest l’équivalent dune acceptation de lEtat nazi en 1943.

Tenir la balance égale entre l’Etat d’Israel et le Hamas, c’est oublier que le problème vient en tout premier lieu du refus nationaliste et islamiste d’un État juif sur le sol sacré de l’Islam.

Quand Emmanuel Macron se fait applaudir par le Hamas et Mélenchon, il adopte de facto leur point-de vue.

André Senik, le 27 juillet 2025

27 Juil 2025


Répression quotidienne dans la Russie de Poutine

Du temps de l’URSS, des réseaux clandestins parvenaient, grâce au courage exceptionnel de citoyens soviétiques, à recueillir et à diffuser jusqu’à nous des informations détaillées sur la répression alors en cours.

Ces temps sont revenus et une autre génération de Russes recueille, diffuse et fait connaître au monde libre des informations donnant une idée de ce dont peut être victime quiconque brave la vérité officielle.

Nous publions ci-dessous des données précises récoltées par l’association russe OVD-Info (clandestine évidemment)  puis transmises à l’association de défense des droits de l’homme que dirige en Belgique notre ami Willy Fautré : Human rights Without frontiers. Comme il le souligne lui-même, ces données ne prétendent pas être exhaustives et reflètent seulement une part de la réalité russe actuelle.

*

25 mai 2025

– A Ekaterinburg, un officier qui s’opposait à la guerre en Ukraine a été condamné à 18 ans de prison pour « trahison » selon l’article 275 du code criminel (haute trahison) et selon l’article 283.1, paragraphe f, du code criminel (réception illégale d’information  constituant un secret d’Etat).

– A Saint-Petersbourg, un historien local a été condamné à un an de prison pour son commentaire sur un « sniper » finlandais en application de l’article 354.1 paragraphe c du code criminel (réhabilitation du nazisme en utilisant internet).

– Un témoin de Jéhovah handicapé de la région de Karachai-Cherkessie a été condamné à 4 ans et demi de prison selon l’article 282.2 du code pénal (activités au sein d’une organisation extrémiste et recrutement d’autres personnes).  

– Andrei Zayakin,  le co-fondateur de Dissernet, a été condamné in absentia à 5 ans de prison pour versement financier à la « Fondation Anti-corruption » selon l’article du code pénal 282.3 (financement d’activités extrémistes)

– Le recteur du Centre Zen de Moscou a été condamné à 8 ans de prison pour fausses nouvelles militaires en vertu de l’article  207.3, paragraphe e du code pénal (diffusion d’informations connues pour être fausses sur l’armée russe, motivée par la haine politique et nationale)

26 mai 2025

– Un photographe de Perm a été condamné à 16 ans de prison pour trahison du fait de la publication d’un livre, selon l’article 275 du code pénal (haute trahison)

27 mai 2025

– Un résident de Tomsk a été condamné à trois ans de prison du fait de son engagement dans le mouvement Falun Gong en application de l’article 284.1 du code pénal (activités d’une organisation étrangère ou internationale reconnue comme indésirable sur le territoire de la Fédération de Russie).

2 juin 2025

Quatre résidents du Territoire de Stavropol ont été condamnés à des peines allant d’un an à un an et demi de détention dans une « colonie » pour avoir dansé la lezginka (danse traditionnelle caucasienne) en vertu de l’article 354.1 (réhabilitation du nazisme sous la forme du rejet par un groupe des symboles de la gloire militaire de la Russie).

 – Une Américaine  dans la République autoproclamée du Donbass a été condamnée in absentia à 20 ans  de prison  pour fausses nouvelles et activités mercenaires en vertu de l’article 207.3 du Code pénal (diffusion d’informations sur l’armée russe connues pour être fausses) et de l’article 359 du code pénal (activités mercenaires sous la forme de participation à un conflit armé ou à des hostilités).

4 juin 2025

– Un résident de Smolensk a été condamné à trois ans de prison pour des commentaires sur les forces armées d’Ukraine et pour une vidéo sur l’URSS en vertu de l’article 205.2 du code pénal (appels publics en faveur d’actes terroristes, justification du terrorisme, ou propagande en sa faveur) et de l’article 354.1, paragraphe c du code pénal (réhabilitation du nazisme sur internet).

5 juin 2025

– Un résident de Oufa a été condamné à 16 ans de prison  pour trahison  et incitation à la haine envers le parti Russie Unie en vertu de l’article 282.1 du code pénal (organisation d’une communauté extrémiste), en vertu de l’article 282, paragraphes a et c, et de l’article 205.2 (appels publics à des activités terroristes, justification publique du terrorisme ou propagande en faveur du terrorisme) et en vertu de l’article 205 paragraphe a  (activité terroriste commise avec préméditation par un groupe de personnes).

6 juin 2025

–  Un(e) dactylo de la région de Sverdlovsk a été condamné(e) à 20 ans de prison pour avoir tenté de mettre le feu au bureau d’incorporation et d’enregistrement militaire, en vertu de l’article 205.5, de l’article 30 du code pénal (organisation des activités d’une organisation terroriste et participation à ses activités, tentative de meurtre), de l’article 275 du code pénal (haute trahison) et de l’article 205.3 (formation suivie dans le but de mener des activités terroristes).

10 juin 2025

– Un ex-policier a été condamné à 14 ans de détention pour inscriptions anti-guerre et participation à une organisation terroriste en vertu de l’article 214 du code pénal (vandalisme motivé par la haine politique), l’article 243 (destruction de bombes militaires ou de structures commémoratives perpétuant la gloire militaire de la Russie) et de l’article 205.5 (organisation des activités d’une organisation terroriste et participation à ses activités).

11 juin 2025

– L’homme politique Leonid Volkov a été condamné in absencia à 18 ans de prison en vertu de l’article 159 du code pénal (fraude commise par un groupe de personnes ou à une échelle particulièrement grande, de l’article 214 du code pénal (vandalisme motivé par la haine politique), et de l’article 205.2, du code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification du terrorisme), et de l’article 207.3, paragraphes “a” et “e” (diffusion de nouvelle connue comme fausse sur l’armée russe par un groupe de personnes préalablement associées  dans ce but et motivées par la haine politique et nationale).

–  Un militant écologiste de Samara a été condamné à 20 ans de prison en vertu de différents articles  du code pénal  : l’article  275  (haute trahison), l’article 223.1 (confection illégale d’explosifs et fabrication illégale, modification ou réparation d’équipements  destinés à des explosifs).

14 juin 2025

–  Un résident de Marioupol a été condamné à 6 ans de prison pour des écrits en application de l’article 205.2 du code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification du terrorisme) et de l’article 280.4 (appels publics à mener des activités dirigées contre la sécurité de l’Etat).

15 juin 2025

– Un homme d’affaire de Tchélyabinsk a été condamné à 5 ans et demi de prison pour un commentaire sur la guerre; d’après l’article 205.2 du code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification du terrorisme).          

16 juin 2025

– Trois accusés du « procès Baymak » (une ville de Bachkirie qui a connu en décembre 2024 des manifestations importantes en soutien à Fayil Alsynov, un défenseur des droits de l’homme condamné à 4 ans de « colonie » ndlr) ont été frappés  de peines allant jusqu’à 4 ans et demi de prison, en vertu de l’article 212, du code pénal (incitation d’autres personnes à participer à des émeutes de masse) et de l’article 318, première partie, du code pénal (usage de violence contre des représentants de l’autorité).

17 juin 2025

– Un résident du territoire Trans-Baïkal a été condamné à 11 ans pour « préparation d’artillerie » en s’appuyant sur l’article 205.2, du code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification du terrorisme) ainsi que l’article 205.5, du code pénal (organisation des activités d’une organisation terroriste et participation à ses activités).

18 juin 2025

– Un Moscovite a été frappé d’une condamnation à 3 ans et demi de prison pour 7 versements à la Fondation anti-corruption (article 282.3 du code pénal : financement d’une activité extrémiste).

19 juin 2025

– Un oppositionnel géorgien a été condamné à deux ans de prison pour écrits sur les Géorgiens combattant dans les Forces armées de l’Ukraine en vertu de l’article 205.2 du code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification du terrorisme).

20 juin 2025

Une volontaire de l’«Armée des beautés » qui aidait les réfugiés ukrainiens a été condamnée à 22 ans de prison en vertu de l’article 275 du code pénal (haute trahison), de l’article 280.4 (appels publics à mener des activités dirigées contre la sécurité de l’Etat) et de l’article 205.(assistance à des activités terroristes et à l’organisation de crimes).

23 juin 2025

– Un étudiant de Tchouvachie a été condamné à un an et demi de prison pour graffiti anti-guerre selon l’article 214, 2ème partie, du code pénal (vandalisme motivé par la haine politique). Un troisième procès a  été mis en place contre lui.

24 juin 2025

– Un ingénieur du Tatarstan a vu sa peine accrue d’un an à l’issue d’un procès pour extrémisme, en vertu de l’article 282.2 (participation aux activités d’une organisation extrémiste).

– Un résident de la région d’Irkoutsk a été condamné à 6 ans de prison pour ses commentaires sur les forces de sécurité, selon l’article 205.2 du Code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification du terrorisme) et l’article 280, 2 ème partie (appels publics à des activités extrémistes).

28 juin 2025

– Un militaire en retraite de la région de Nijni Novgorod a été condamné à 18 ans de prison pour distribution de tracts hostiles à la guerre selon l’article 275 du code pénal (haute trahison), l’article 205.2 du code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification publique ou propagande en faveur du terrorisme) et l’article 222.1 du code pénal (possession illégale d‘explosifs).

30 juin 2025

– Sur le territoire de Stavropol, deux hommes ont été  condamnés à deux ans et demi de prison pour s’être réchauffés les pieds à la Flamme éternelle (article 354.1 du Code pénal (réhabilitation du nazisme sous la forme de désertion des symboles de la gloire militaire de la Russie, commis en groupe).

– Un enseignant de la région de Moscou a été condamné in absentia à 7 ans de prison pour cause de conversation avec des écoliers sur la guerre selon l’article 207.3, paragraphes a du code pénal (diffusion d’information connue pour fausse sur la position officielle de l’armée russe, motivée par la haine politique et nationale).

– Un résident d’Arkhangelsk âgé de 18 ans a été condamné à 5 ans de prison du fait d’appels en faveur du terrorisme selon l’article 205.2 du code pénal (incitation publique à une activité terroriste et justification du terrorisme), l’article 280 du code pénal (appels publics à des activités extrémistes par le biais d’internet), l’article 284.4 paragraphes c et e (appels publics à mener des activités dirigées contre la sécurité de l’Etat par le biais d’internet sur la base de la haine, politique, nationale et sociale).

Histoire et liberté, le 9 juillet 2025

9 Juil 2025


La Lituanie dans le viseur depuis quelques semaines

La Lituanie dans le viseur depuis quelques semaines

Pays baltes

Quand le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov évoque une « manipulation » et une « instrumentalisation » de l’histoire, il sait de quoi il parle. Le plus simple étant d’accuser autrui de ses propres turpitudes, il confirme qu’il est maitre en la matière.

C’est ainsi qu’en préface d’un livre consacré à l’histoire de la Lituanie qui conteste la légitimité même de l’existence du pays, il écrit « Aujourd’hui les Etats baltes y compris la république moderne de Lituanie ont fait de l’utilisation de l’histoire falsifiée une politique d’Etat visant à stimuler les sentiments anti-russes et anti-russophones dans le contexte d’une tentative de révision de l’histoire en cours. L’approche objective du passé dans son intégralité et ses interrelations acquiert alors une importance particulière ».

Ce livre, publié en mars 2025 par l’institut d’Etat des Relations internationales de Moscou et disponible en ligne est un modèle du genre.

Pour le Kremlin, la Lituanie nexiste pas

Ce livre explique que l’Etat lituanien a été créé par les Slaves et la Russie. Il affirme que la nation et la langue lituanienne n’existent pas. Il remet en cause l’histoire de la Lituanie, ses valeurs, ses symboles. Il considère la Lituanie contemporaine comme le successeur de la Lituanie de la dictature d’Antanas Smetona et l’accuse d’embrasser une idéologie pro-nazie ! ….

Chacun aura fait le parallèle avec le narratif destiné à justifier la tentative d’invasion de l’Ukraine :  Moscou nie l’existence de l’Ukraine en tant que nation et accuse le pouvoir du pire.

Ce livre est une expression claire de l’impérialisme russe et de son besoin consubstantiel d’agresser ses voisins. Il représente la logique classique du narratif poutinien : « Les Baltes sont russes. Ils ont donc vocation à réintégrer l’orbite russe ». Il s’inscrit dans la si généreuse politique russe qui s’engage à « venir en aide » à tous les Russes et russophones où qu’ils soient dans le monde[1].

Les frontières de la Russie ne sarrêtent nulle part

La menace concerne l’ensemble des pays du glacis (« les frontières de la Russie sont celles de l’Union Soviétique »), mais donc aussi tout territoire qui « accueille » des russophones. Les frontières de la Russie ne s’arrêtent donc nulle part.

C’est pas ainsi que les Russes viennent de mettre la main sur la deuxième église orthodoxe de Nice – sans parler du centre culturel russe et de la cathédrale orthodoxe russe de la Sainte Trinité du quai Branly à Paris qui constitue une enclave extraterritoriale au cœur de la capitale, une fabrique du nationalisme identitaire un relais de la politique et des narratifs du Kremlin.

Le premier ministre géorgien en écho

Dans la foulée des attaques perpétrées par Lavrov, le Premier ministre géorgien, Irakli Kobakhidze affirme que le ministère lituanien des affaires étrangères n’existe simplement pas, qu’il ne détient aucune autorité indépendante ni valeur diplomatique, qu’il est une « simple extension » d’un « Etat profond ».

Les Lituaniens ont choisi de ne pas polémiquer considérant ces propos comme le révélateurs et illustrations du recul démocratique de la Géorgie et de son alignement sur Moscou. La Lituanie exhorte, néanmoins le gouvernement géorgien à mettre fin aux répressions incessantes contre son peuple et à revenir sur leurs politiques antidémocratiques et anti-UE. Elle dénonce l’arrestation de dirigeants politiques en Géorgie exige la libération immédiate de tous les civils détenus pour des motifs politiques. Elle exprime sa solidarité avec le peuple géorgien et de sa lutte pour un avenir démocratique et européen en Géorgie.

Un besoin dEurope

Au-delà, ces attaques claires confirment la volonté toujours vive de Poutine et son ambition non seulement de reconstruire l’empire mais sans doute aussi de l’élargir. Depuis 2002 il le dit mais nous ne voulons ni l’entendre ni le croire. Pour lui, tous les moyens sont bons, de la force à la guerre hybride.

Dans un contexte géopolitique plus incertain que jamais, marqué par une curieuse évolution des jeux d’alliance, l’Europe peut et doit prendre toute sa place et toutes ses responsabilités.

La guerre en Ukraine ne prendra pas fin tant que l’OTAN n’aura pas retiré ses troupes des pays baltes, a averti Sergueï Ryabkov, vice-ministre des Affaire étrangères, on l’a dit, mais chargé plus spécialement des relations avec les États-Unis, de la non-prolifération et du contrôle des armements, a fait ces remarques au cours d’une interview accordée à l’agence de presse officielle Tass.

Newsweek a contacté le Kremlin et l’OTAN pour obtenir des commentaires par e-mail.Les commentaires de Ryabkov marquent un changement dans la position du Kremlin. Il a suggéré que les racines du conflit ne se trouvaient pas seulement en Ukraine elle-même, mais aussi dans l’expansion de l’OTAN vers l’est. Selon Ryabkov, le retrait des forces de l’OTAN des pays baltes contribuerait à mettre fin à la guerre.

L’OTAN maintient cependant une forte présence militaire dans les États baltes, avec des groupements tactiques et des brigades multinationales stationnés en Bulgarie, en Estonie, en Hongrie, en Lettonie, en Lituanie, en Pologne, en Roumanie et en Slovaquie.

L’alliance militaire a renforcé sa présence dans la région à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Dans une mise à jour publiée le 6 juin, elle déclarait même  que les huit groupements tactiques « démontrent la force du lien transatlantique et la solidarité, la détermination et la capacité de l’Alliance à répondre à toute agression ».

De plus, on le sait, la Suède et la Finlande sont passées de la neutralité à l’adhésion à l’OTAN depuis l’invasion de l’Ukraine.

 Le Kremlin et  l’OTAN

Le Kremlin avait déjà déclaré que l’Ukraine devait abandonner sa volonté d’adhésion à l’OTAN comme condition pour mettre fin à la guerre, mais Ryabkov a semblé signaler à Tass que l’alliance devait également se retirer complètement des pays baltes. Selon lui,il est « impossible de résoudre le conflit tant que l’OTAN ne se retirera pas » et il a fait valoir que la résolution du conflit en Ukraine nécessitait de s’attaquer à ce qu’il a décrivait comme ses causes profondes.

« Compte tenu de la nature et de la genèse de la crise ukrainienne, provoquée par les autorités américaines précédentes et l’Occident dans son ensemble, a prétendu Ryabkov, ce conflit agit naturellement (…) comme un test, un essai, qui vérifie le sérieux des intentions de Washington de redresser nos relations ».

Le mois dernier, trois sources russes au courant des négociations menées par Washington ont déclaré à Reuters, dans les mêmes perspectives, que les conditions de Poutine pour mettre fin à la guerre en Ukraine comprenaient un engagement écrit des dirigeants occidentaux à mettre fin à l’expansion de l’OTAN vers l’est.

Demandes à Trump

Sergueï Ryabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré à Tass :que    « Le retour de Trump à la Maison Blanche, s’engageant en faveur d’un règlement politique et diplomatique de la crise ukrainienne, est devenu un motif d’optimisme prudent en termes de normalisation potentielle des relations avec les États-Unis, mais aussi dans un sens plus large. C’est dans cette veine que les présidents de la Russie et des États-Unis ont eu quatre conversations téléphoniques. Notre partie a exprimé sa gratitude pour le soutien des États-Unis à la reprise des négociations directes entre la Russie et l’Ukraine, interrompues par la partie ukrainienne en 2022.

Mais Vladimir Vladimirovitch Poutine a également confirmé le principe fondamental de la nécessité d’éliminer les causes profondes du conflit dans le cadre des efforts politiques et diplomatiques. Sinon, la paix à long terme ne peut être assurée, et concrètement, il est nécessaire d’exclure toute possibilité pour les forces armées ukrainiennes de profiter de la pause pour se reposer et de regrouper leurs forces.

Telle est la position russe. Quelle sera, face à elle, la réponse de Donald Trump ?

Anne-Marie Goussard, le 23 juin 2025


[1] L’un des co-auteurs, Giedrius Grabauskas est l’ex-associé de Algirdas Paleckis condamné en juillet 2021 pour espionnage au profit de la Russie

23 Juin 2025