Le numéro d’automne de Commentaire vient de paraître.

Couverture Commentaire n°195 - Automne 2026

Histoire et liberté, le 11 septembre 2026

11 Sep 2026


Conférence-débat : « Surveiller et punir en Chine »

Conférence surveiller et punier en Chine - Mardi 22 septembre
Jean-Philippe Béja - Surveiller et punir en Chine

Nous ouvrons notre cycle de conférences-débats 2026-2027 en accueillant Jean-Philippe Béja, mardi 22 septembre à 18h au Café du Pont-Neuf (14 quai du Louvre Paris 1er).

Sinologue et politologue, Jean-Philippe Béja vient de publier Surveiller et Punir en Chine aux éditions La Découverte.

Le sujet est important : la Chine se prétend un modèle social et politique pour le monde entier, un modèle économique aussi. L’ouvrage de Béja rappelle que son système concentrationnaire se porte cependant toujours bien et que ses efforts pour contrôler l’ensemble de sa population se poursuivent et se perfectionnent.

Histoire & Liberté, le 11 septembre 2026

11 Sep 2026


C’est la rentrée.

C'est la rentrée !

C’est la rentrée. Les deux mois qui l’ont précédée ne sont pourtant pas restés vides. La guerre entre l’Ukraine et la Russie a pris un tour grave et Trump n’a rien réglé au Moyen-Orient face à l’Iran. La plupart des hommes politiques français évitent d’aborder ces sujets qui touchent pourtant, dans les deux cas, à l’avenir du monde libre – une expression que d’aucuns parmi nos amis trouveront passéiste, cette réaction jetant une ombre grise sur la puissance de conviction démocratique des démocrates eux-mêmes, mais passons. La majorité des hommes politiques, de gauche comme de droite, condamnent l’agression russe mais ne s’y attardent guère alors que j’en ferais volontiers un critère légitime de choix de notre candidat aux élections présidentielles françaises. Le Rassemblement national et la droite souverainiste, ainsi que LFI, ne s’y attardent pas non plus et l’on attendra en vain une claire condamnation de leur part de l’agression russe. Emmanuel Macron me semble bien seul dans ses déclarations de solidarité avec Kiev et dans ses promesses d’aide.

C’est un « front » plus large qui condamne l’action de Donald Trump au Moyen-Orient. Sans aucun doute, ce dernier prête le flanc à toutes les réserves et à toutes les critiques. Mais qu’ont donc fait ses prédécesseurs pour empêcher l’Iran d’être plus que jamais en mesure d’acquérir l’armement atomique? Qu’ont-ils fait qui puisse être avantageusement opposé à la conduite brouillonne du président républicain? Avant toute réflexion, on condamne Trump sans se demander si la nature de ce à quoi il s’oppose, l’islamisme, n’oblige pas à participer à son combat. Tactiquement, il ne serait pourtant pas difficile de se démarquer de l’agité du bocal de Washington. Stratégiquement, l’islamisme, le nazisme de notre temps, l’emporte en dangerosité et en malignité, sur l’Amérique de Donald Trump, ennemie du totalitarisme iranien et alliée d’Israël. Il faut donc le combattre.

Même parmi nos amis, tout le monde ne partage pas ce point de vue. Et il conviendra en effet d’affiner et de confronter nos analyses. La question de la solidarité avec Israël, liée à celle de l’islamisme, est brouillée : beaucoup trop, dans le public, parlent de défendre la Palestine alors qu’ils défendent en fait le Hamas, qu’on peut voir comme l’ennemi conjoint des Palestiniens et des Israéliens. Pire, peut-être : ils parlent de « génocide » israélien alors qu’il s’agit d’une guerre, certes affreuse, où les forces islamistes ont décidé de s’abriter au sein d’une population pas toujours solidaire des terroristes.

Pour ajouter à la complexité, dans le cadre de la campagne pour la présidentielle qui commence, de trop nombreux citoyens critiquent rituellement LFI pour son seul antisémitisme. En réalité, LFI n’est pas seulement antisémite, elle et dangereuse sur le plan économique (absurdité de sa « suppression » de la dette), naïve (elle veut faire « payer les riches »), menaçante (pour nos institutions qui ne comptent pour rien face à la « légitimité populaire » dont elle se prévaut), enfin complaisante envers la Russie et la Chine (engagées dans une lutte à mort contre les démocraties libérales). Ce pourquoi nous nous y opposons radicalement.

On s’étonnera peut-être que soit ici visé, non pas les « extrêmes » en général, mais le parti révolutionnaire en particulier. Ce que nous défendons en effet, ce n’est pas le centrisme ou le juste milieu. C’est la démocratie libérale, l’Europe et le monde libre. Il faut à mon avis, tout faire pour aider ceux qui les défendent et éviter en France la venue au pouvoir de ceux qui veulent leur nuire : le RN et LFI.

Reste une question qu’on ne peut dire subsidiaire parce que nous souhaitons éviter le duel Mélenchon/Le Pen au deuxième tour : si par malheur ce duel s’imposait, que faudra-il faire ?

Pierre Rigoulot, le 2 septembre 2026

*

On ne rend pas les armes avant la bataille.

Pour ce qui concerne directement le cercle auquel s’adresse Pierre Rigoulot et dont je fais partie, je crois pertinent de s’en tenir aux deux derniers paragraphes de son tour d’horizon

« On s’étonnera peut-être que soit ici visé, non pas les « extrêmes » en général, mais le parti révolutionnaire en particulier. Ce que nous défendons en effet, ce n’est pas le centrisme ou le juste milieu. C’est la démocratie libérale, l’Europe et le monde libre. Il faut à mon avis, tout faire pour aider ceux qui les défendent et éviter en France la venue au pouvoir de ceux qui veulent leur nuire : le RN et LFI.

Reste une question qu’on ne peut dire subsidiaire parce que nous souhaitons éviter le duel Mélenchon/Le Pen au deuxième tour : si par malheur ce duel s’imposait, que faudra-il faire ? »

1° la « défense de la démocratie libérale de l’Europe et du monde libre » qui sera ma boussole ne me fera voter au premier tour ni pour le RN ni pour LFI.

Que je ne ne revoie cependant pas dos à dos.

L’élection de l’un des deux serait un mauvais coup pour l’EUROPE mais pas au même degré. Le national-populisme de Marine Le Pen est moins hostile et est plus susceptible d’évoluer (vers la position de Meloni par exemple)

2° comme l’a dit Jean-François Copé à la télévision, on répondra à cette question en temps voulu et seulement si elle s’impose. 

Pour l’heure – c’est moi qui parle – on se bat sur deux fronts sans les confondre ni dans leurs idées ni dans leur dangerosité

On ne rend pas les armes avant la bataille.

André Senik, le 11 septembre 2026

2 Sep 2026


Exposition « Derniers regards, communisme par balles » – Madeleine MELOT

Exposition « Derniers regards,
le communisme par balles »
– Madeleine MELOT


25 tirages photographiques sur papier d’art grand format sont exposés dans son atelier de Cluny.

Visite sur rendez-vous – 06 76 99 73 20 -ou, plus aléatoire, en sonnant au 16bis, rue Saint-Odile.

Rappelons que les peintures originales ont été léguées au Mémorial du communisme de Sighet en Roumanie, le plus important d’Europe à ce jour, et pourtant étrangement inconnu en France.

Ivan Iegorovitch Akimov


Ivan Iegorovitch Akimov
Russe, né en 1888 dans le village d’Aleksandrovka,district Kourkinski, région de Moscou.
Études élémentaires, sans-parti, gardien dans un combinat de pelleterie à Rostokino près de Moscou.
Domicilié à Moscou, rue Bolchaïa Rostokinskaïa 93a.
Arrêté le 19 janvier 1938
Condamné à mort le 19 février 1938
Photographié le 23 février 1938
Exécuté le 26 février 1938
Réhabilité en 1957
Texte extraits de
Tomasz Kizny & Dominique Roynette
« La Grande Terreur en URSS – 1937/1938 »
© Les Éditions Noir sur Blanc (Lausanne)
Photos : Pietro Baguzzi (Milan)

19 Août 2026


Les lectures de Xi Jinping

La méfiance du monde occidental à l’égard de la Chine est associée à l’extraordinaire développement économique et militaire de la Chine, en passe, et avec une rapidité stupéfiante, de rattraper, et même de dépasser dans certains domaines les Etats-Unis.

Cette perception inquiète de la Chine ouvre une conjoncture particulièrement dangereuse sur le plan géopolitique selon Graham Allison, professeur émérite à Harvard et conseiller de plusieurs présidents américains, qui la désigne sous le nom de « piège de Thucydide », ainsi que l’a rappelé le n°1 chinois Xi Jinping lors de la récente visite de Donald Trump en Chine1.

Le développement très rapide de la puissance chinoise et les sentiments d’inquiétude qu’il suscite sont les deux mâchoires, de ce redoutable « piège » qui associe d’une part des données objectives facilement mesurables en termes de PIB, de production d’acier ou d’ordinateurs, et d’autre part des réactions affectives. Ce piège fonctionnait déjà il y a 1500 ans puisqu’il se referma sur Sparte et Athènes. Sparte, puissance dominante, finit par déclencher la guerre lorsqu’elle elle se sentit trop menacée par Athènes, puissance montante. Telle fut l’origine de la guerre du Péloponnèse.

Allison revient souvent sur cette guerre fameuse de l’Antiquité. Mais il examine aussi bien d’autres cas – seize exactement – de fonctionnement et parfois de dysfonctionnement du « piège ». Tout au long de l’histoire, des puissances montantes provoquant l’inquiétude des puissances dominantes de l’époque, la guerre s’est profilée à l’horizon. Et a même souvent éclaté : sur les 16 cas examinés, 12 se sont terminés par une guerre.

Aux yeux d’Allison, il n’est pas nécessaire d’entrer dans l’analyse du régime politique chinois. C’est son développement global qui importe et le type d’impact qu’il peut avoir sur l’opinion publique et les « décideurs » des Etats-Unis. Une sorte d’effet mécanique se produit, comme si, au-delà d’un certain seuil d’angoisse – et de rationalisations de cette angoisse sous la forme de préjugés hostiles, de critiques, de menaces – la guerre se déclenchait.

Le facteur déterminant du surgissement du « piège de Thucydide », c’est la modification du rapport de puissance entre deux pays concurrents, quelle que soit leur nature politique. Dans l’exemple que Thucydide commente, l’Etat dominant qui craint pour sa domination, c’est Sparte, une machine guerrière de premier ordre qu’affole la montée en puissance de la démocratique Athènes, protectrice des arts et des lettres. Sans doute, sa démocratie est élitiste, mais elle est bien réelle alors que l’Etat qui se sent menacé, c’est Sparte la militariste. C’est ce sentiment de menace qui explique que Sparte ait opté pour la guerre, une guerre poussée par l’intérêt national, la peur et le sens de l’honneur amenés à leur paroxysme.

Peut-on procéder à une analyse du même type des rapports entre la Chine et les Etats-Unis ?

Ceux-ci doivent tenir compte du fait que la Chine dirigée par Xi Jinping veut, fondamentalement, retrouver sa grandeur passée, un rêve de prospérité et de puissance. Pour y parvenir, le président chinois veut revitaliser le PCC, restaurer le nationalisme, maintenir une croissance rapide, réorganiser l’armée. Cette montée en puissance programmée concerne tous les domaines en même temps.  Le projet fameux des nouvelles routes de la soie est à la fois d’ordre économique et géopolitique, civil et militaire

Mais le choc majeur, l’opposition la plus flagrante, le terrain le plus propice à des incompréhensions, des désaccords, et donc des affrontements entre la Chine et les Etats-Unis, est d’ordre culturel. A l’individualisme américain, à son attachement à la liberté et à l’égalité de droits s’oppose l’ethos confucéen valorisant l’autorité, la hiérarchie, la subordination des droits et des intérêts individuels.

Aux références propres à la Chine, les Américains opposent une référence universelle. Ils ne défendent pas leurs valeurs, disent-ils, mais des valeurs universelles.

Le danger engendré par de telles différences est bien réel : ce qui est en cause, c’est la légitimité du pouvoir adverse.

Certes, « la guerre entre les Etats-Unis et la Chine n’est pas inévitable », dit Allison. Elle est seulement possible. Mais un événement fortuit, inoffensif dans un contexte autre que la tension sous-jacente induite par l’essor incontrôlable de la Chine, peut déclencher un conflit à grande échelle.

Que faire ? Le problème est incontournable : « il n’y a pas de solution à la résurgence spectaculaire d’une civilisation vieille de 5000 ans forte d’une population d’un milliard quatre cent millions individus, dont le développement économique est sans commune mesure avec celui des Etats-Unis ».

Cette progression de la Chine, fait en tout cas, « qu’il devient de plus en plus difficile d’assurer la pérennité d’un monde dirigé par les Etats-Unis ».

Pierre Rigoulot, le 27 mai 2026

  1. Graham Allison : Vers la guerre, L’Amérique et la Chine dans le piège de Thucydide ? Odile Jacob éd., Paris 2019, 29,90 euros. Un compte-rendu en fut donné en 2020 dans l’excellente revue en ligne Telos. ↩︎

27 Mai 2026


Les hackers nord-coréens : d’inquiétants pirates

Cyberattaque Corée du nord

Le 14 mai dernier, le JongAng Ilbo, un des grands quotidiens de Corée du Sud, a publié un article signé Seo Ji-Won et Lee Soo-Jung, soulignant le danger représenté par les hackers nord-coréens. Ce danger s’accroît du fait de l’utilisation possible de l’intelligence artificielle « pour identifier automatiquement des failles de sécurité et pour mener des cyber-attaques des plus sophistiquées contre les systèmes gouvernementaux sud-coréens ». Le risque est grand d’une difficulté accrue à résoudre les problèmes de sécurité posés aux autorités de Seoul face à une Corée du Nord « en pointe » dans le développement de l’intelligence artificielle.

Une société de cybersécurité basée à Moscou, il est vrai, dit avoir découvert que le groupe de hackers nord-coréen appelé hors Corée du Nord) « Kimsuky » a utilisé « un grand modèle de langage (LLM) lors de ses dernières recherches pour créer de nouveaux logiciels malveillants ».

Également désigné comme « APT43 » ou « Thallium », « Kimsuky » est l’un des groupes de cyber-espionnage les plus connus au service de l’appareil d’État nord-coréen. Il serait lié au « Bureau Général de Reconnaissance », c’est-à-dire au principal service de renseignement extérieur de Pyongyang. Sa spécialité n’est pas tant le sabotage spectaculaire que l’espionnage ciblé : ministères sud-coréens, diplomates, chercheurs spécialisés sur la Corée du Nord, journalistes, think tanks et entreprises sensibles (défense, nucléaire, télécommunications).

La même société russe juge que « les hackers nord-coréens exploitent désormais l’IA à grande échelle dans leurs cyberattaques. Si leur technologie peut renforcer la sécurité des communications nord-coréennes, elle peut aussi être utilisée à des fins offensives. Cette possibilité oblige désormais les gouvernements démocratiques du monde entier à trouver rapidement des contre-mesures. »

« Kimsuky améliore la précision de ses attaques sur deux fronts : l’utilisation d’outils de génération de code alimentés par l’IA et l’effraction de logiciels légitimes », a déclaré un spécialiste. « Les outils largement utilisés dans les entreprises sont de plus en plus réutilisés comme canaux d’attaque ».

« Kimsuky » semble avoir pris pour cible l’organisme de certification gouvernementale sud-coréen et aurait les moyens de collecter des informations sur les répertoires de la GPKI (Government Public Key Infrastructure), le système de certification utilisé par les agences gouvernementales et les fonctionnaires sud-coréens.

« Cela signifie que les hackers visent des responsables de l’État », a déclaré un représentant d’une autre société de sécurité. « Si ces réseaux de certification étaient infiltrés, les pirates pourraient usurper l’identité de fonctionnaires et accéder aux réseaux internes de l’État. »

Le Google Threat Intelligence Group semble en être arrivé aux mêmes conclusions, indiquant dans un rapport publié récemment que « des acteurs liés à la République populaire de Chine et à la République populaire démocratique de Corée ont également montré un « intérêt marqué » pour l’utilisation de l’IA dans la mise à jour de vulnérabilités.

[…] Nous avons observé le groupe de hackers nord-coréen APT45 envoyer des milliers de requêtes répétitives afin d’analyser différentes vulnérabilités déjà connues », précise ce rapport. Ce qui suggère une tentative d’automatiser l’analyse des failles et des tests de code d’attaque. L’utilisation de l’IA permettrait dans ce domaine d’accroître la fréquence et l’efficacité d’attaques contre lesquelles il n’existe ni remède ni défense, puisqu’elles exploitent des vulnérabilités logicielles jusque-là inconnues ».

Le gouvernement sud-coréen doit donc mettre en place des protections nationales de cybersécurité avant que ces menaces ne s’aggravent en utilisant lui-même l’IA dans son propre système de défense.

Lee Klarich, directeur produits et technologie de Palo Alto Networks, assure, après avoir testé les derniers modèles d’IA de pointe, ne pas exagérer en alertant sur les capacités de ces modèles à détecter des vulnérabilités.

Le cyber-espace est un des domaines où Pyongyang peut rivaliser avec des pays beaucoup plus riches et en tout premier lieu la République de Corée – la Corée du Sud. Piratage, vol de cryptomonnaies, espionnage, sabotage informatique sont parties intégrantes de ce qu’on appelle la « guerre hybride » menée quotidiennement par les Etats totalitaires contre les démocraties. L’IA pourra multiplier leur capacité à détecter automatiquement des failles logicielles, et à produire plus rapidement des codes malveillants.

Le domaine cybernétique est, pour la Corée du Nord, une arme asymétrique idéale. Former une élite de quelques milliers d’informaticiens très qualifiés coûte relativement peu comparé à un programme d’armement conventionnel. Le régime de Pyongyang considère donc le domaine cybernétique comme une arme permettant de frapper des adversaires plus puissants qu’elle sur d’autres plans.

La Corée du Nord a un système très sélectif : les élèves brillants en mathématiques et en informatique sont repérés jeunes, parfois dès le collège, puis orientés vers des institutions d’élite comme l’Université de technologie Kim Chaek ou des écoles militaires spécialisées.

Une petite minorité reçoit alors une formation intensive en programmation, en cryptographie, en réseaux, en langues étrangères (anglais, chinois). Nombre de ces hackers nord-coréens ne travailleront pas nécessairement depuis Pyongyang, mais depuis la Chine, la Russie ou d’autres pays.

L’aviation et les chars nord-coréens sont donc peut-être obsolètes. Mais la Corée du Nord a privilégié (outre le nucléaire qu’on mettra ici à part) deux secteurs majeurs : la balistique et la cybernétique. Certains s’étonnent parfois :  comment la Corée du Nord, si pauvre que la disette menace ses campagnes, peut-elle être si performante en capacités de cyber-attaque ? Sa pauvreté subsiste aujourd’hui, même si l’envoi de milliers de soldats sur le front ukrainien et la vente à la Russie de munitions et de missiles a récemment amélioré sa situation financière. Et elle a développé ses capacités de cyber-attaque justement parce que c’est un domaine dont le développement est relativement peu coûteux.

Elle est ainsi à un coût relativement modéré en mesure de mener une guerre d’aujourd’hui. Marc Bloch faisait remarquer que l’Armée française avait malheureusement en 1939 gardé le modèle de la première guerre mondiale. Les Nord-Coréens ne veulent pas avoir une guerre de retard et ont abandonné l’idée que la guerre du XXIe siècle reproduirait les schémas des guerres du siècle précédent.

Benoît Villiers, le 20 mai 2026

20 Mai 2026


Surveiller et punir en Chine – Jean-Philippe Béja (La découverte 2026. 320 pages. 23 euros)

Comparées à celles que nous avons sur les camps soviétiques, les données sur le laogai chinois (l’équivalent du goulag soviétique) manquent. Les témoignages sont rares et il fallait jusqu’ici se contenter du remarquable Prisonnier de Mao, de Jean Pasqualini, publié par Gallimard en 1975, du livre de Harry Wu, Laogai, le goulag chinois, aux éditions Dagorno, qui date de 1997, et de l’étude de Jean-Luc Domenach, décédé il y a quelques mois : Chine : L’archipel oublié (Fayard, 1992). Le titre renvoyait clairement au peu d’état qu’on en faisait…

Dans un livre tout récent, Surveiller et punir en Chine, Jean-Philippe Béja apporte des précisions importantes, notamment sur l’origine du système concentrationnaire chinois (à vrai dire dès que les communistes chinois imposent une forme étatique à la portion de la population qu’ils contrôlent), sur son importance dans le cadre de la répression frappant les adversaires ou supposés tels du régime, sur son actualité enfin, grâce aux bons soins de Xi Jinping.

Béja indique les formes voisines du laogai auxquelles on peut être confronté : le lao giao, l’éducation par le travail et le juiyé (l’affectation professionnelle obligatoire), mais aussi les autres formes de punitions ou de contrôle auxquelles la population chinoise est soumise. La panoplie du PCC est bien fournie, depuis le « contrôle social » jusqu’aux exécutions en passant par le contrôle des déplacements de la population via le hukou, passeport intérieur et permis de résidence à la fois, faisant notamment de 200 millions de citoyens venus des campagnes pour travailler en ville, des « immigrés de l’intérieur » sans papiers : les mingongs.

L’ouvrage, clair et pédagogique, suit les différents soubresauts de la période maoïste : la campagne contre les « droitiers » après la période des « Cent fleurs », le « Grand bond en avant » puis la « révolution culturelle », mettant ainsi en évidence le recours aux « masses » ou plutôt le détour récurrent de Mao par les « masses » pour éliminer ses adversaires politiques au sein du Parti.

Le bilan est accablant pour Mao comme pour le système communiste. Mais les critiques, les réserves, les protestations de la population chinoise montrent que la société civile n’est pas morte. L’occupation de la place Tienanmen, les manifestations en faveur des dirigeants les moins brutaux, les conflits en jeux du chat et de la souris avec la censure d’internet, le succès puis la longue résistance du mouvement falungong (une sorte de gymnastique mystique), les oppositions ouvertes au pouvoir lors de la crise du covid, les luttes menées par les Tibétains et les Ouigours montrent que le PCC ne peut imposer tout à fait son ordre totalitaire et que la population chinoise, dans sa diversité, est loin d’être soumise.

Pierre Rigoulot, le 17 mai 2026

17 Mai 2026


RUSSIE : dernière étape de la lobotomisation par le Kremlin de la mémoire du peuple russe

L’association de défense des droits de l’homme HWRF (Human Rights Without Frontiers) vient de publier ce 4 mai 2026 un article important, suite à la qualification d’« extrémiste » par la Cour suprême de Russie de l’association Mémorial, et donc à son interdiction. Nous en publions la traduction française ci-dessous :

Lors d’une audience à huis clos tenue le 9 avril 2026, la Cour suprême de Russie a qualifié le Mouvement public international Memorial d’« extrémiste » – une appellation fourre-tout utilisée par le gouvernement pour interdire toutes les organisations liées à Memorial – et a interdit ses activités dans le pays. Il s’agit de l’étape finale de la lobotomisation de la mémoire du peuple russe par le Kremlin.

Cette décision couronne une campagne menée pendant des années contre Memorial, fondée à la fin de la période soviétique et devenue depuis une communauté de dizaines d’organisations sœurs opérant en Russie et à l’étranger.

« Plus jamais de régime totalitaire en Russie » était l’objectif de Memorial, lauréat du prix Nobel de la paix 2022.

De « lagent étranger » à « lextrémisme » (2014-2026)

En mai 2014, une des associations, le « Centre des droits de l’homme Memorial » basé en Russie, avait été désignée comme « agent étranger » en raison de financements étrangers et d’activités politiques présumées. Elle était ainsi contrainte d’étiqueter tous ses supports d’information comme tels et faisait l’objet d’audits intensifs.

Par la suite, les autorités russes ont également qualifié plusieurs autres organisations composant Memorial ainsi qu’une vingtaine de leurs collaborateurs d’« agents étrangers ».

En décembre 2021, la Cour suprême a dissous Memorial International et le Centre des droits de lhomme Memorial.

Les motifs invoqués étaient des violations répétées de la loi sur les agents étrangers, notamment ce qui concerne l’étiquetage des documents. Le parquet a accusé l’organisation de « spéculer » sur le thème des répressions politiques et de créer « une fausse image de l’URSS comme État terroriste ». Ces décisions ont suscité une réaction internationale de grande ampleur.

De nombreuses personnalités publiques en Russie et à l’étranger ont alors exprimé leur soutien à Memorial et à ses structures. Parmi elles figuraient les lauréats du prix Nobel Mikhail Gorbachev et Dmitry Muratov, l’écrivain et acteur Stephen Fry, le dramaturge Tom Stoppard, le journaliste Vladimir Pozner, ainsi que plusieurs dizaines d’académiciens et de membres correspondants de l’Académie des sciences de Russie.

L’Union européenne et les États-Unis ont condamné également le démantèlement de Memorial.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a regretté la décision de dissoudre Memorial, qui « jouait un rôle important dans la préservation de la mémoire de la répression politique et des violations des droits humains ». Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a déclaré que cette dissolution reflétait « une réduction rapide de l’espace accordé à la société civile indépendante, aux médias et aux activistes défenseurs de la démocratie en Russie ». Il a appelé les autorités russes à cesser de harceler les défenseurs des droits humains.

De 2021 à 2026, les différentes structures de Memorial ont continué à fonctionner sans enregistrement officiel.

En février 2026, le ministère russe de la Justice a ajouté l’Association internationale Memorial (basée en Suisse) et la fondation allemande Zukunft Memorial à la liste des « organisations indésirables ».

Répression contre les gardiens du temple de la mémoire

Un hommage particulier doit être rendu aux nombreux gardiens du temple de la mémoire, connus ou anonymes, qui ont œuvré à collecter et à préserver les preuves des atrocités perpétrées sous le régime communiste totalitaire.

Mentionnons quelques victimes emblématiques parmi tant d’autres…

En 2009, Natalia Estemirova, chercheuse au bureau de Memorial à Grozny (Caucase du Nord), qui enquêtait sur des enlèvements et des meurtres en Tchétchénie, a été kidnappée et retrouvée assassinée en Ingouchie. Sa mort bouleversa la Russie, mais les commanditaires n’ont jamais été identifiés. Selon le président du conseil du Centre des droits de lhomme Memorial, Oleg Orlov, les autorités de la République tchétchène seraient derrière ce meurtre. Il a également déclaré que Ramzan Kadyrov avait personnellement menacé la militante.

Le cas de l’historien Youri Dmitriev, chef de la branche carélienne de Memorial et chercheur sur les fosses communes de Sandarmokh et Krasny Bor, a suscité aussi une vive émotion. Âgé aujourd’hui de 70 ans, Youri Dmitriev est jugé depuis 2018. À l’issue de multiples procédures, il a été condamné à 15 ans de prison et, si les décisions sont maintenues, il ne sera libéré qu’en 2032. Ses soutiens affirment que ces poursuites sont liées à son activité en faveur des droits humains et à son travail de mémoire sur les victimes de la répression URSS.

L’Union européenne, ainsi que des scientifiques et artistes de divers pays, ont demandé sa libération. Le 31 mars 2026, la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg a ordonné à la Russie de lui verser une indemnisation pour le préjudice moral causé par une détention provisoire excessivement longue et pour l’absence de procès équitable. Youri Dmitriev a reçu de nombreuses distinctions internationales.

Le 18 mars 2019, Oyub Titiev, responsable du bureau tchétchène de Memorial, a été condamné à quatre ans de colonie pénitentiaire pour possession présumée de drogue.

Le 23 mai 2023, le défenseur des droits humains Bakhrom Khamroev, collaborateur de Memorial, a été condamné à 13 ans et 9 mois de prison pour des accusations à motivation politique, notamment « appels publics au terrorisme » et « participation à une organisation terroriste ».

Le 27 février 2024, le coprésident de Memorial, Oleg Orlov, a été condamné à 2 ans et demi de colonie pénitentiaire pour « discrédit répété de l’armée ». Il a été libéré le 1er août 2024 dans le cadre d’un échange de prisonniers entre la Russie, la Biélorussie et cinq pays occidentaux.

Le 4 avril 2024, Alexander Chernyshov, ancien président du « Centre de la mémoire historique » de Perm, a été condamné pour « tentative de contrebande de biens culturels ». Les archives de Memorial de Perm ont dû être transférées aux archives d’État russes.

Le 19 août 2025, Sergei Davidis, membre du conseil d’administration de Memorial, a été condamné par contumace à six ans de prison pour « justification du terrorisme » sur Internet. Il vit aujourd’hui en Lituanie.

Destruction en Russie des monuments à la mémoire des victimes des répressions soviétiques

On peut espérer qu’un jour de tels monuments seront érigés dans toutes les régions de Russie où Memorial était présent. Pour l’instant, Moscou continue au contraire de détruire les monuments dédiés aux victimes des répressions soviétiques.

En avril 2026, lors de la « Journée de commémoration des victimes du génocide du peuple soviétique », la « Pierre du Chagrin » (une arche en marbre et un bloc de granit gris), monument dédié aux victimes des répressions soviétiques, a été subrepticement rasée en une nuit.

D’autres pierres commémoratives, érigées à la mémoire des Polonais, Estoniens, Lettons, Lituaniens et Kalmouks déportés en Sibérie pendant l’occupation soviétique ont également été détruites à Tomsk.

PS : Au lendemain de cette interdiction de Mémorial, HWRF demande la libération des membres de l’association, tous défenseurs des droits humains. Cette libération pourrait éventuellement s’effectuer dans le cadre d’un échange international de prisonniers comme cela s’était fait pour Oleg Orlov en 2024. H&L s’associe évidemment à cette proposition.

Histoire & Liberté, le 4 mai 2026

4 Mai 2026


Conférence débat : Galia Ackerman – Le KGB à Tchernobyl

Nous allons clore le cycle 2025/2026 de nos conférences-débats par une rencontre avec Galia Ackerman, l’infatigable animatrice de Desk Russie et l’une des figures majeures de la dénonciation en France du régime criminel de Vladimir Poutine.

Galia nous présentera son dernier ouvrage, Le KGB à Tchernobyl, qui s’appuie sur des rapports de cette institution publiés en Ukraine.

Nous comprendrons mieux ainsi comment s’est produite et comment a été gérée la catastrophe nucléaire dont nous commémorions il y a quelques jours le 40e anniversaire. Mieux : nous trouverons, dans les analyses de Galia Ackerman des éléments importants pour mieux comprendre la Russie actuelle dont le Chef vient de décider (comme au bon vieux temps ?) la réhabilitation de Felix Dzerjinski, fondateur de la Tchéka, l’ancêtre du KGB.

Rendez-vous donc le lundi 18 mai au Café du Pont-Neuf, 14 quai du Louvre, de 18 à 20h.

Histoire & Liberté, le 4 mai 2026

4 Mai 2026


Sombres lumières…

Les lumières sombres - Miranda

        Difficile d’avoir ignoré la récente parution des Lumières sombresComprendre la pensée néoréactionnaire d’Arnaud Miranda (*) tant nombre d’influents médias l’ont encensé – sans recul critique excessif, alors qu’il y a de quoi s’inquiéter comme on va le voir plus loin ! Proposant une inédite et factuellement bienvenue « cartographie de la galaxie néoréactionnaire », l’auteur de ce bref opus passe en revue les principales figures  intellectuelles américaines diffusant des « lumières sombres » menaçant de plonger le monde occidental dans une apocalypse « illibérale » sans précédent. A un Curtis Yarvin puis un Nick Land (un « philosophe » créateur de l’expression « Dark Enlightment » dès juillet 1992) qui sont les principaux inspirateurs  de ce nouveau courant idéologique succèdent ainsi les improbables Bronze Age Prevert et Zero HP Lovecraft sévissant avant tout sur le Net, puis l’entrepreneur, milliardaire et trumpiste Peter Thiel. Lequel n’est pas désormais le moins illuminé de la secte : n’est-il pas venu en février dernier donner à Cambridge (UK) une conférence sur l’avènement prochain de … l’Antéchrist ? Mais tous ces personnages sont en effet les promoteurs d’un incroyable corpus de fantasmagories fumeuses toutes plus irrationnelles et délétères les unes que les autres, textes à l’appui. Tout en redonnant vie à une eschatologie millénariste où s’entremêlent bondieuseries théocratiques et transhumanisme à grands renforts d’une « tech » déifiée, ils prônent le retour au patriarcat, aux « hiérarchies naturelles », à la monarchie héréditaire ou à l’eugénisme. Mais se pose la question : comment accorder le moindre crédit aux élucubrations de ces individus paraissant comme échappés d’un asile psychiatrique dirigé par des complotistes d’extrême droite ?

        Nulle part dans son livre et bien qu’il parle d’un « succès idéologique  , l’auteur ne répond précisément à la question qui importe le plus: les néoréactionnaires, combien de divisions ? Ni n’établit que la « lumière sombre » qu’ils diffusent exerce une réelle et objectivement mesurable influence dans la société américaine en général et les milieux politiques ou économiques en particulier. Aussi bien peut-on se demander s’il faut vraiment prendre au sérieux le danger allégué comme le fait A. Miranda. Et si l’activisme et entrisme des ultras nationaux-populistes (de plus ouvertement poutiniens et antisémites) Steve Bannon, Tucker Carlson et Nick Fuentes n’en incarne pas un, autrement plus grave et imminent, bénéficiant de la complaisance de l’idéologue forcené J.D. Vance ?

        Mais cela ne pourrait-il pas s’expliquer par les biais cognitifs préoccupants qui entachent le propos de l’auteur lorsqu’il incrimine l’« illibéralisme » de la néo-réaction américaine ? Non que cette imputation soit erronée, mais parce que ce faisant, il se fourvoie sur deux plans. Tout d’abord, et comme le souligne à juste titre Olivier Babeau sur son compte X, en accusant implicitement les libéraux classiques (Hayek, Mises…) ou prétendument « libertariens » (ainsi quand il fait état d’une prétendue « origine libertarienne de la pensée néoréactionnaire », p.145 : cela n’a aucun sens !) d’avoir constitué le terreau intellectuel sur lequel aurait prospéré les « lumières sombres », A. Miradeau commet une stupéfiante erreur : n’y a-t-il pas contradiction à mettre en cause l’illibéralisme d’esprits d’abord nourris de libéralisme ? Lorsque O. Babeau en conclut que « ce défaut d’analyse…affaiblit la portée critique du livre », il ne croit peut-être pas si bien dire car cette imputation d’illibéralisme renvoie dans la perspective de l’ouvrage à une conception fort discutable du libéralisme qui en serait victime ? Celle-ci est explicitée dans ses dernières pages (147) où il est indiqué que l’illibéralisme a entre autres pour piliers « la défense d’une homogénéité culturelle face au multiculturalisme » et « l’exigence de préservation des hiérarchies et valeurs traditionnelles face au progressisme »1. Ce qui revient à faire arbitrairement du libéralisme un promoteur du multiculturalisme, et un suppôt du progressisme. Pour se convaincre qu’il n’en est rien, que c’est là une imposture (le terme « libéralisme » est visiblement pris dans son sens américain, voisin de sociale-démocratie gauchisante!) et témoigner d’un peu plus de rigueur conceptuelle à propos du label « libéralisme » et par suite de l’« illibéralisme », rien de mieux que se reporter par exemple à La Grande parade de Jean-François Revel, L’Appel de la tribu de Mario Vargas Llosa ou, tout récemment, au Manifeste libéral de David Lisnard.

        Comme si ces errements ne suffisaient pas, il faut en outre déplorer un certain nombre d’inexactitudes ponctuelles dans les références à des auteurs cités ou d’appréciations infondées. Ainsi en est-il quand A. Miranda signale que la philosophe et écrivaine Ayn Rand était  « très populaire aux États-Unis dans les années 1980 » (p. 122) (non, c’était entre 1960 et le début des années 1980) et qu’il la présente comme typiquement « libertarienne » au même titre que l’économiste Mises (Rand détestait les libertarians, pour elle des « zombies irrationnels » – et Mises n’était certainement pas la « principale source du développement du libertarianisme » (p. 59)  mais l’une des figures centrales du classical liberalism  hostile à l’anarchisme et attaché à un État minimal fort (cf son magistral Liberalism!). De même ne voit-on pas ce qui autorise cet auteur à parler de « paléo-libertatiens »(cf. pp. 143, 145 ou 151 : « paléo » par rapport à quoi : des…néo-libertariens?) ou d’une actuelle ère « post-libertarienne » (jamais il n’y a eu aux USA de période dite « libertarienne », les libertariens n’ayant jamais été qu’un courant intellectuel fort minoritaire). Sur tous ces sujets où règnent ici une franche confusion sinon un « n’importe quoi » débridé, des lectures de première main auraient été nécessaires afin de savoir ce que parler de libéralisme et de libertarianisme veut vraiment dire…

        Une autre question, et de taille,  se trouve occultée par cette … assombrissante lumière projetée sur le paysage idéologique américain : pourquoi ce prurit extrémiste et délirant  se déclare-t-il maintenant, comme en contrepoint de l’effarante « trumpisation » encore en cours ? Et si c’était justement en réaction aux préalables outrances dévastatrices d’un « wokisme » fanatique passé à l’acte dans les médias, les universités et même les entreprises (ce dont les partisans fanatisés vont jusqu’à nier l’existence!) ? Une remarque similaire vaut pour notre pays, où ni les belles âmes mollassonnes  et incohérentes du « bloc central » et encore moins la gauche complice des islamo-staliniens de LFI ne conviennent qu’ils sont les premiers responsables de l’irrésistible ascension du RN – mais ceci est une autre histoire…

Alain Laurent, le 22 avril 2026

* Gallimard – Le Grand continent, 2026.

  1. L’universitaire Martine Laruelle  que cite A. Miranda pour avancer ces assertions fantaisistes est une habituelle contributrice du Monde diplomatique – peu réputé comme publication de référence sur le libéralisme. Il fallait oser ! ↩︎

22 Avr 2026