C’est la rentrée.

C’est la rentrée. Les deux mois qui l’ont précédée ne sont pourtant pas restés vides. La guerre entre l’Ukraine et la Russie a pris un tour grave et Trump n’a rien réglé au Moyen-Orient face à l’Iran. La plupart des hommes politiques français évitent d’aborder ces sujets qui touchent pourtant, dans les deux cas, à l’avenir du monde libre – une expression que d’aucuns parmi nos amis trouveront passéiste, cette réaction jetant une ombre grise sur la puissance de conviction démocratique des démocrates eux-mêmes, mais passons. La majorité des hommes politiques, de gauche comme de droite, condamnent l’agression russe mais ne s’y attardent guère alors que j’en ferais volontiers un critère légitime de choix de notre candidat aux élections présidentielles françaises. Le Rassemblement national et la droite souverainiste, ainsi que LFI, ne s’y attardent pas non plus et l’on attendra en vain une claire condamnation de leur part de l’agression russe. Emmanuel Macron me semble bien seul dans ses déclarations de solidarité avec Kiev et dans ses promesses d’aide.
C’est un « front » plus large qui condamne l’action de Donald Trump au Moyen-Orient. Sans aucun doute, ce dernier prête le flanc à toutes les réserves et à toutes les critiques. Mais qu’ont donc fait ses prédécesseurs pour empêcher l’Iran d’être plus que jamais en mesure d’acquérir l’armement atomique? Qu’ont-ils fait qui puisse être avantageusement opposé à la conduite brouillonne du président républicain? Avant toute réflexion, on condamne Trump sans se demander si la nature de ce à quoi il s’oppose, l’islamisme, n’oblige pas à participer à son combat. Tactiquement, il ne serait pourtant pas difficile de se démarquer de l’agité du bocal de Washington. Stratégiquement, l’islamisme, le nazisme de notre temps, l’emporte en dangerosité et en malignité, sur l’Amérique de Donald Trump, ennemie du totalitarisme iranien et alliée d’Israël. Il faut donc le combattre.
Même parmi nos amis, tout le monde ne partage pas ce point de vue. Et il conviendra en effet d’affiner et de confronter nos analyses. La question de la solidarité avec Israël, liée à celle de l’islamisme, est brouillée : beaucoup trop, dans le public, parlent de défendre la Palestine alors qu’ils défendent en fait le Hamas, qu’on peut voir comme l’ennemi conjoint des Palestiniens et des Israéliens. Pire, peut-être : ils parlent de « génocide » israélien alors qu’il s’agit d’une guerre, certes affreuse, où les forces islamistes ont décidé de s’abriter au sein d’une population pas toujours solidaire des terroristes.
Pour ajouter à la complexité, dans le cadre de la campagne pour la présidentielle qui commence, de trop nombreux citoyens critiquent rituellement LFI pour son seul antisémitisme. En réalité, LFI n’est pas seulement antisémite, elle et dangereuse sur le plan économique (absurdité de sa « suppression » de la dette), naïve (elle veut faire « payer les riches »), menaçante (pour nos institutions qui ne comptent pour rien face à la « légitimité populaire » dont elle se prévaut), enfin complaisante envers la Russie et la Chine (engagées dans une lutte à mort contre les démocraties libérales). Ce pourquoi nous nous y opposons radicalement.
On s’étonnera peut-être que soit ici visé, non pas les « extrêmes » en général, mais le parti révolutionnaire en particulier. Ce que nous défendons en effet, ce n’est pas le centrisme ou le juste milieu. C’est la démocratie libérale, l’Europe et le monde libre. Il faut à mon avis, tout faire pour aider ceux qui les défendent et éviter en France la venue au pouvoir de ceux qui veulent leur nuire : le RN et LFI.
Reste une question qu’on ne peut dire subsidiaire parce que nous souhaitons éviter le duel Mélenchon/Le Pen au deuxième tour : si par malheur ce duel s’imposait, que faudra-il faire ?
Pierre Rigoulot, le 2 septembre 2026
