6 juin 2024 : regard sur deux élections, aux résultats encourageants
Avant les européennes du 9 juin, que nous commenterons prochainement, L’actualité récente a été marquée par plusieurs élections importantes. Deux d’entre elles ont retenu notre attention.
Après des années de conflits autour de la question de l’indépendance, les tenants du maintien de la Catalogne dans le giron espagnol l’emportent mais insuffisamment pour former facilement un gouvernement.
La Catalogne a voté le 12 mai, en donnant l’avantage au PSC, le parti socialiste catalan, que dirige Salvador Illa. Le PSC a obtenu 42 sièges, soit 9 de plus que lors du précédent scrutin .Junts per Catalunya ( Ensemble pour la Catalogne), un parti indépendantiste de centre-droit, arrive en deuxième position avec 35 sièges, les indépendantistes de gauche de l’ERC ( Esquerra Republicana de Catalunya, la Gauche républicaine de Catalogne), reculent de 33 sièges à 20. Ils sont en troisième position, suivi par le PP ( le Parti populaire, conservateur et hostile au mouvement indépendantiste) qui obtient 15 sièges contre 3 précédemment. Vox, représentant le courant d’extrême droite, obtient 11 sièges (un autre parti d’extrême droite mais indépendantiste, en obtient deux. L’extrême gauche recule et ses deux partis (la CUP et Sumar-Comunes) occupent les 10 sièges restant….
Après des années de conflits autour de la question de l’indépendance, les tenants du maintien de la Catalogne dans le giron espagnol l’emportent mais insuffisamment pour former facilement un gouvernement. Les différents partis ont jusqu’au 15 août pour parvenir. Faute de quoi, les Catalans revoteront. Mais l’évolution que nous avons relevée est plutôt une bonne nouvelle pour les partisans de la démocratie libérale au sein desquels le courant social-démocrate ( dominant au PSC et présent de manière minoritaire au sein de Junts, surclasse nettement la droite classique du P.P.


Verrons nous un autre Modi, comme l’affirment certains observateurs, obligé de prendre des gants dans ses rapports avec l’opposition qu’il traitait de haut jusqu’à ces derniers temps ?
Bien plus loin, en Inde, et à une tout autre échelle puisqu’on peut compter environ 620 millions de votants, le parti nationaliste hindou de Narendra. Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), le « Parti indien du peuple », a perdu la majorité absolue au Parlement avec 240 sièges (- 63 par rapport à 2019). Le Congrès, principal parti d’opposition, a obtenu 99 siège (+ 47) et le Premier ministre, désormais moins incité au triomphalisme, va devoir mettre de l’eau douce dans son vin nationaliste et religieux pour former avec un certain nombre de petits partis, une coalition gouvernementale ».
Verrons nous un autre Modi, comme l’affirment certains observateurs, obligé de prendre des gants dans ses rapports avec l’opposition qu’il traitait de haut jusqu’à ces derniers temps ? On peut espérer que les arrestations d’opposants et les mauvais traitements imposés aux minorités religieuses, dont plus de 200 millions d’Indiens musulmans, seront enfin moins nombreuses.
Le danger d’une « démocratie illibérale » indienne s’estompe, semble-t-il. Et l’on peut même rêver d’un rapprochement plus marqué qu’aujourd’hui avec les démocraties occidentales…
A venir, après les élections du 9 juin au sein de l’Union européenne, celles du Royaume-Uni le 4 juillet. Les bookmakers parient à une très large majorité pour une victoire du Parti travailliste.
Benoît Villiers, le 6 juin 2024
