Droit – paravent et diplomatie-complaisance
L’attaque des forces américaines et israéliennes contre la République islamique d‘Iran donne lieu à un certain nombre de commentaires qui méritent d’être eux-mêmes commentés.
– On s’inquiète des conséquences d’une entreprise guerrière. Mais s’inquiétait-on de la guerre menée dans l’ombre par la République islamique contre les démocraties européennes ou amicales et contre la démocratie israélienne ? La théocratie totalitaire chiite souhaitait et souhaite encore ni plus ni moins que la destruction d’Israël, à ce point diabolisé que les dirigeants iraniens n’utilisent jamais son nom et lui substituent celui d’« entité sioniste ».
– On entend aussi regretter l’abandon de la voie de la négociation. Mais depuis combien de temps négocie-t-on en vain avec l’Iran ? Depuis des décennies, pendant lesquelles ce régime totalitaire avance dans la mise au point de son armement nucléaire. La Corée du Nord, autre Etat totalitaire, alliée de l’Iran, a réussi de cette manière, à se doter de l’arme atomique. Le monde libre pouvait-il répéter la même approche erronée ?
– On agite la cause du droit international que ne respecterait pas la présidence américaine. C’est seulement, ajoute-t-on, avec l’aval de l’ONU que cette guerre aurait dû être conduite. Argument hypocrite : Poutine – qui se dit choqué par les coups portés à son allié – n’aurait-il pas opposé son veto à l’opération à laquelle nous assistons ? Il ne s’agit pas d’opposer le droit et la force mais d’approuver (ou non) l’usage de la force par les démocraties contre des Etats totalitaires qui cherchent à les détruire.
Les événements actuels montrent une fois de plus que l‘Europe doit être forte, c’est à dire suffisamment armée, pour briser les entreprises menées contre elle.
On notera que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé dans l’opération la « négation du droit international » et une « escalade impérialiste ».
On notera aussi – ce qui est plus acceptable, mais plus « petit bras » aussi, que Jordan Bardella a demandé un débat à l’Assemblée nationale et des mesures pour éviter l’escalade…des prix de l’énergie !
On passera sur les habituelles diatribes anti-américaines ou anti-israéliennes et l’on retiendra que parmi les défenseurs de la démocratie libérale, Gabriel Attal est un des rares à avoir affirmé qu’il fallait « assumer le langage de la force » quand elle était nécessaire à la protection de la démocratie. Boualem Sansal, Manuel Valls, François-Xavier Bellamy, Jean-Michel Blanquer, Raphaël Enthoven, David Lisnard, ont aussi affirmé que « le droit international ne saurait continuer à servir de bouclier aux tyrannies islamistes qui le violent et le contournent chaque jour davantage ».
Nous, qui sommes d’abord attentifs aux prises de position en faveur d’une Europe démocratique dotée des meilleurs moyens de défense, espérons que d’autres voix se feront entendre en ce sens. Ce sera une condition sine qua non pour que nous les soutenions lors de la campagne précédant l’élection présidentielle.
Pierre Rigoulot, le 7 mars 2026
