Je ne veux pas reprendre les interrogations que nous portons tous en nous : comment cela a été seulement possible? Comment la police et l’armée d’Israël ont pu être à ce point débordées ou même absentes et les services de renseignement aussi aveugles ?

Je ne le sais pas.

Et ce que je sais tient en peu de mots.

Une telle sauvagerie et un tel acharnement dans la haine supposent une vision de l’ennemi juif comme une incarnation du Mal. Ces assaillants étaient habités par une sorte d’hyper-phobie. Ils avaient conscience d’être en face non pas d’êtres humains mais de rejetons du diable. 

Du haut de leurs certitudes, les assassins ou les kidnappeurs pouvaient jouir de les éliminer.

Indéniablement nous avons assisté au plein exercice d’une pensée totalitaire laquelle déshumanise toujours une partie de l’humanité. Comme le Traître et l’Ennemi, dans l’URSS de Staline ou la Chine de Mao le gamin ou la grand-mère d’Ashkelon n’étaient pas de simples adversaires mais des infra humains qu’on balaye comme des insectes et, le plus souvent, des sur-humains maléfiques dont l’élimination hisse leurs bourreaux au rang d’exécuteurs des Grandes Oeuvres de l’Histoire ou de la Parole de Dieu.

Cette journée du 7 octobre 2023 sera pour toujours celle d’une victoire, partielle sans doute, et momentanée, mais d’une victoire quand même de la pensée totalitaire que nous combattons au nom de la démocratie et de la dignité de l’être humain.

Pierre Rigoulot

9 Oct 2023

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